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La famille, foyer d’inégalités?

par 

Marie Lachance a été journaliste indépendante et rédactrice à la pige pendant plus de 20 ans. Historienne de l’art de formation et petite-fille d’une féministe de la première heure, c’est en 1998 qu’elle rédige un premier article pour la Gazette des femmes. En être aujourd’hui la rédactrice en chef lui fournit l’occasion de braquer les projecteurs sur les inégalités de sexes qui persistent toujours ; et d’apporter une modeste pierre à l’édifice du féminisme.

Notre cocon familial est-il un nid de valeurs égalitaires? Comment faire de sa maisonnée un haut lieu d’égalité durable, quand dehors tout contribue à nous faire croire que rien n’est plus confortable que les valeurs dites traditionnelles, que rien n’est plus « naturel » que les stéréotypes de genre?

École, voisins, télé, Web : la société véhicule, entretient, voire valorise les stéréotypes sexistes. Pas facile pour les (rares) familles qui souhaitent transmettre des valeurs égalitaires à leurs enfants. Or, les spécialistes s’entendent pour dire que les stéréotypes de genre ont un effet néfaste sur le développement des enfants, filles et garçons. Hypersexualisation, banalisation de la violence, misogynie font partie des répercussions possibles…

La vraie question, c’est : Donnons-nous à nos filles et à nos garçons les mêmes racines, les mêmes ailes? La réponse : non, dans la grande majorité des cas. Essentiellement parce que nous ne sommes pas toujours conscients de nos comportements et attitudes inégalitaires, comme l’explique l’article Stéréotypes en milieu familial. Un texte de Melina Schoenborn qui ne vise surtout pas à culpabiliser les parents, mais bien à leur donner des outils qui leur permettront de prendre conscience des stéréotypes que nous véhiculons tous et, surtout, d’adopter de bons réflexes en matière d’égalité.

Papas féministes

Comme les femmes ne peuvent pas tenir seules le fort de l’égalité, nous nous sommes aussi questionnées sur le rôle du père au sein de la famille. Le nombre de papas soucieux de transmettre des valeurs égalitaires à leurs enfants est-il en hausse? Difficile à dire. Mais nous en avons trouvé, et il s’est avéré très intéressant de discuter avec eux, de voir quelle approche éducative ils privilégient avec leurs fils, leurs filles. Et de découvrir les aspects bénéfiques d’une éducation donnée par un père présent, impliqué, qui s’oppose ouvertement à toute forme d’inégalité des sexes ou de violence faite aux femmes. À lire sous la plume de Sarah Poulin-Chartrand dans Mon papa est féministe.

Un trou dans l’arbre généalogique

Autre question à laquelle ce dossier a souhaité répondre : Qu’est-ce qui explique qu’aujourd’hui, au moment de choisir le nom de famille de l’enfant chéri qui vient de naître, de nombreux jeunes parents écartent d’emblée celui de la mère? La tendance du double nom, très à la mode dans les années 1980, s’essouffle grandement. Certes, le « nom à penture » peut être incommode. Mais comment expliquer que l’unique nom de famille maternel ne soit pas plus populaire? La tradition pèse-t-elle encore si lourd dans la balance? Peut-être que le choix du nom des enfants devrait faire davantage l’objet d’une réflexion sur le plan social… et féministe. Réponses dans l’article de Sarah Poulin-Chartrand Au nom du père

Aux mamans, aux papas et aux non-parents, bonne lecture!

Qu'en pensez-vous?

1 Réaction

  1. Monique

    Je suis féministe et j’ai 70 ans.Je me désole de constater que nous avançons si peu.Nos jeunes filles ont vraiement l’impression qu’elles ont atteint l’égalité jusqu’à ce qu’elles frappent la dure réalité. Vous avez raison de dire que l’école est un horrible véhicule des stéréotypes sexistes.Enseignantes et enseignants ont beaucoup de réticence à féminiser leur langage.
    Heureusement que j’ai la Gazette des femmes pour me remonter le moral.

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