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Photographie de comprimés de Viagra

Médicalisation du plaisir

par 

Marie Lachance a été journaliste indépendante et rédactrice à la pige pendant plus de 20 ans. Historienne de l’art de formation et petite-fille d’une féministe de la première heure, c’est en 1998 qu’elle rédige un premier article pour la Gazette des femmes. En être aujourd’hui la rédactrice en chef lui fournit l’occasion de braquer les projecteurs sur les inégalités de sexes qui persistent toujours ; et d’apporter une modeste pierre à l’édifice du féminisme.

Les femmes sont plus que jamais dans la mire des compagnies pharmaceutiques. Dans la foulée, une sorte d’équivalent du Viagra nous sera proposé très bientôt. Car, comme nous l’apprend le documentaire Orgasm Inc., diffusé à CBC en 2010, on nous brandit à nous aussi l’épouvantail de la dysfonction sexuelle et orgasmique. Même la célèbre animatrice Oprah Winfrey en a fait mention à son émission: 43% des États-Uniennes vivraient avec un trouble de l’orgasme et de l’excitation.

Devant cette statistique se voulant alarmante, nous sommes en droit de nous poser un certain nombre de questions. Est-ce qu’on parle bien ici d’une maladie? Cette soi-disant dysfonction doit-elle impérativement être traitée médicalement? Existe-t-il une méthode objective et scientifique pour établir le nombre «normal» d’orgasmes que devrait atteindre une femme chaque semaine?

Les compagnies pharmaceutiques sont engagées dans une course sans merci pour créer la pilule, la crème ou le «timbre anti-anorgasmie» qui traitera cette nouvelle maladie féminine. À la ligne d’arrivée: des milliards en profits! Aura-t-on d’abord pris soin de faire la preuve irréfutable que le médicament est sans danger? Ça aussi, nous sommes en droit de nous le demander.

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