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Une scientifique dans un laboratoire

Grâce à l’organisme montréalais Les Scientifines, des centaines de fillettes de la 3e à la 6e année du primaire ont goûté au plaisir des sciences et découvert en elles des ressources insoupçonnées.

Elles s’appellent Ahlia, Aianneea, Amira, Amélie, Faida, Niruthika ou Yasmin. Pendant des semaines, des mois ou des années, ces fillettes se sont retrouvées, après l’école, dans les locaux des Scientifines, un organisme à but non lucratif situé dans le quartier de la Petite-Bourgogne, à Montréal. Il y a 25 ans, Les Scientifines ont fait un magnifique pari : contrer l’inadaptation sociale et le décrochage scolaire chez les filles par l’enseignement des sciences et de la technologie. « Notre quartier compte beaucoup d’immigrants de première ou de deuxième génération qui ont un faible niveau scolaire et ne maîtrisent pas le français. Plus de 40 % des filles quittent l’école avant la fin du secondaire », explique la directrice de l’organisme, Valérie Bilodeau.

Photographie de Valérie Bilodeau.
« En fréquentant notre organisme, les fillettes découvrent leurs forces et apprennent à se faire confiance. »  — Valérie Bilodeau, directrice de l’organisme Les Scientifines

Cette biologiste de formation a assisté à de petites métamorphoses. « En fréquentant notre organisme, les fillettes découvrent leurs forces et apprennent à se faire confiance. » Car, chez Les Scientifines, les participantes ne font pas que plonger dans le monde merveilleux des atomes et des molécules, des nébuleuses et des naines blanches, des équations complexes et des liaisons simples. Elles apprennent à s’organiser, à mieux parler français, à vaincre leur timidité et… à regarder l’avenir avec espoir.

Tous les jours, à la fin des classes, des animatrices vont chercher les participantes (une centaine par année) dans deux écoles primaires du quartier. Après avoir fait leurs devoirs, les filles (une petite dizaine par jour) prennent part à un atelier scientifique dont le thème varie chaque semaine, de la route du lait à l’astronomie, en passant par la vie animale. Elles touchent ainsi à toutes les sciences, des plus appliquées aux plus fondamentales. L’organisme offre aussi des cours de journalisme scientifique qui donnent lieu à la production d’un journal. Chaque année, il invite également une dizaine de femmes ayant choisi une carrière scientifique à venir discuter de leur expérience. « Nous avons reçu une spéléologue, une pompière, une médecin, une apicultrice, etc. », se réjouit Valérie Bilodeau.

Quand science rime avec confiance
Toutes les Scientifines ne deviendront pas spéléologue ou médecin, mais certaines ont fait un sacré bout de chemin depuis qu’elles ont mis le pied dans les petits locaux de la rue Dominion.

Toutes les Scientifines ne deviendront pas spéléologue ou médecin, mais certaines ont fait un sacré bout de chemin depuis qu’elles ont mis le pied dans les petits locaux de la rue Dominion. Comme Minuoja Chandramohan, Sri-Lankaise d’origine qui a commencé à fréquenter l’organisme à l’âge de 9 ans. Grâce à deux présentations faites dans le cadre des Expo-sciences, une compétition pancanadienne où des élèves du primaire et du secondaire conçoivent un projet scientifique, elle a reçu plusieurs prestigieuses bourses d’études et des honneurs internationaux. En 2011, Minuoja a proposé un traitement contre le cancer basé sur le concept physique de l’antimatière; pour son second projet, en 2012, elle a recommandé cette fois de traiter le psoriasis à l’aide de polyphénols de cacao!

Quand science rime avec confiance

Reste à se demander pourquoi, en 2013, un organisme de valorisation des sciences s’adressant uniquement aux filles demeure nécessaire. « Il y a notamment le fait que dans certaines communautés, les filles ne peuvent pas fréquenter les associations mixtes », explique la directrice. Au-delà de ces interdits culturels, rappelons que le génie, la physique, les maths et l’informatique, notamment, sont encore des milieux très majoritairement masculins. Vite, d’autres Scientifines!

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