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Sciences et génie cherchent chercheuses

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Communicatrice de formation, féministe de conviction et actuellement étudiante à la maîtrise afin d'assouvir son besoin de réflexion et de nourrir son désir d'une plus grande justice sociale. Elle a notamment travaillé au sein du Mouvement Desjardins, à la Gazette des femmes et au Conseil du statut de la femme.

Connaissez-vous une physicienne? Une ingénieure en mécanique? Une statisticienne? Si vous avez répondu oui trois fois, vous êtes un oiseau rare!Ou plutôt, ce sont vos amies qui font exception. Car malgré des efforts réels, la participation des femmes en sciences pures et en génie reste très faible. Et le phénomène n’est pas propre au Québec ou au Canada.

À la fin des années 1990, une étude sur les conditions de travail des femmes professeures au célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT) levait le voile sur les inégalités entre les hommes et les femmes, que ce soit en termes de promotion, d’espace de recherche (en bonnes scientifiques, les chercheuses avaient mesuré rigoureusement l’espace dont les uns et les autres disposaient pour effectuer leurs recherches) ou d’octroi de fonds. Le rapport a fait le tour du monde et sonné l’heure d’un réveil brutal : l’obtention d’un poste ne suffit pas à garantir l’égalité des sexes. Deux personnes peuvent travailler au même endroit et vivre dans deux univers parallèles.

Au Canada et au Québec, des mesures ont été mises en place pour stimuler l’intérêt des filles pour les sciences. Et ça marche! Au secondaire, au collégial et même à l’université, les filles prennent leur place. Mais juste avant d’entamer leur doctorat, elles décrochent. « Plus on monte dans la hiérarchie, plus les femmes se font rares », résume Nadia Ghazzali, professeure de mathématiques à l’Université Laval et titulaire de la Chaire CRSNG-Industrielle Alliance pour les femmes en sciences et en génie. Car d’une discipline à l’autre, les progrès ne sont pas uniformes. En 2007, les femmes ne représentaient que 16% du corps professoral en sciences et en génie dans les universités du Québec.

L’enjeu est d’autant plus important que les organismes subventionnaires fédéraux et provinciaux accordent une importance grandissante aux secteurs englobant ces disciplines (chimie, mathématiques, physique, génie, notamment).

À la tête du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), Suzanne Fortier se montre préoccupée par le taux d’inscription peu élevé des jeunes, en particulier des filles, aux programmes d’études postsecondaires en sciences naturelles et en génie. « Les sondages indiquent que ces domaines d’études sont perçus comme trop exigeants par rapport aux bénéfices anticipés, comparativement, par exemple, à la médecine ou au droit.De plus, poursuit-elle, les jeunes filles ne voient pas bien le lien entre les domaines des sciences et du génie et leur désir de contribuer à la société.Nos efforts doivent s’intensifier afin de susciter davantage leur intérêt et de mettre en évidence les contributions importantes des gens qui ont fait carrière en sciences et en génie. »

Il y a quelques mois, Tony Clement, le ministre fédéral de l’Industrie, a mis sur pied un comité composé de Mme Fortier, d’Indira Samarasekera, rectrice de l’Université de l’Alberta, et d’Elizabeth Dowdedswell, présidente du Conseil des académies canadiennes, qui devait lui faire rapport à propos du processus ayant conduit aux nominations, par le gouvernement fédéral, de 19 professeurs masculins pour diriger autant de chaires de recherche. Le rapport du comité a conclu que le processus de sélection avait été appliqué sans discrimination fondée sur le sexe. Le nombre très peu élevé de candidates possibles dans les domaines de recherche des chaires explique en grande partie le résultat.

Mais pour plusieurs observatrices, ce constat n’est pas satisfaisant. Et il symbolise la nécessité de faire davantage pour faciliter les promotions des chercheuses à des postes stratégiques.

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