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Les clubs politiques, bien que trop peu nombreux, sont une des façons d’apprendre à prendre le pouvoir.

L’invitation avait été lancée par l’Association féminine d’éducation et d’action sociale (AFÉAS). Fort des résultats d’une rencontre nationale qu’il avait organisée sur l’accès des femmes au pouvoir politique, l’organisme s’était convaincu de la nécessité d’intervenir concrètement pour donner à un plus grand nombre de femmes le goût de participer à la vie politique.

La première réponse est venue des femmes de la région Bas Saint-Laurent-Gaspésie par la mise sur pied du Club politique féminin, une nouveauté en son genre au Québec. Mandat : démystifier pour ses membres la politique et l’engagement politique; informer les femmes, les supporter et même, plus concrètement, les outiller lorsqu’elles ont la volonté de s’engager en politique.

« Au moment de notre fondation, en octobre 1988, nous nous trouvions déjà en campagne électorale fédérale, rappelle Marielle Cantin, de l’Université du Québec à Rimouski, militante avertie de l’AFÉAS. Nous avons alors, avec l’appui de nos membres, des femmes issues de trois comtés, organisé des soirées d’information politique dans les centres les plus populeux. Notre intention était de permettre aux femmes de bien s’informer des positions respectives des candidats, plus spécifiquement en regard des dossiers de chaque comté. Fortement médiatisée, cette conjoncture-favorable pour un club politique naissant-nous a permis de bien nous faire connaître dans différents milieux, ce qui a influencé l’augmentation de notre membership : en 1989 nous étions déjà 55 membres. »

La conjoncture politique allait, dans la même année, lors de la campagne électorale provinciale, interpeller de nouveau Le Club politique féminin. Avec le soutien et la collaboration de plusieurs autres groupes, il devait réussir à tenir cinq soirées d’information politique dans autant de comtés. Fait à signaler : aucun des candidats ne s’est soustrait à l’invitation du Club.

L’étendue du territoire bas-laurentien et gaspésien et la diversité des interventions que nécessite l’action d’un club politique sont des contraintes importantes. Ainsi, en 1990, la fièvre électorale s’étant dissipée, Le Club politique féminin n’a pas réussi à maintenir son membership au même niveau. « Il faut structurer davantage notre regroupement, préciser nos objectifs, réfléchir sur nos besoins admet Marielle Cantin. Même si nous nous considérons encore en phase expérimentale nous sommes convaincues qu’il faut porter bien haut le discours de la nécessité, sinon de l’urgence que les femmes se préoccupent davantage de la chose politique. »

Un deuxième club politique

De fondation plus récente, le Club politique de Saint-Jean-Longueuil-Valleyfield regroupe 42 membres. Il est aussi entièrement soutenu par la quarantaine d’AFÉAS locales de cette région. « On peut même affirmer que notre Club politique est la 41e AFÉASlocale de la région Saint-Jean-Longueuil-Valleyfield » , dit Monique Ferrer, la première présidente.

Jusqu’à maintenant, ce club a organisé quelques rencontres avec des femmes bien connues dont la députée Pauline Marois et Laurette Robillard, qui a déjà présidé le Conseil du statut de la femme. Également au programme des séances d’information en bonne et due forme, car là comme ailleurs, il importe non seulement de développer chez les membres et les sympathisantes une conscience politique, mais aussi d’élaborer des stratégies, simples mais efficaces, qui permettent de faire avancer la problématique dans ce domaine qui est encore si peu accessible aux femmes.

A Rimouski, Marielle Cantin ouvre la porte à d’autres types de préoccupations : « Parce que nous sommes des citoyennes responsables, nous devrons travailler dans tous les dossiers, non seulement ceux des femmes mais aussi ceux des travailleuses et des travailleurs, des personnes âgées, de l’environnement, de l’accès au travail et du sous-emploi des services de santé, de la fiscalité, des relations internationales, de l’exode des jeunes. »

Issus du milieu et largement soutenus financièrement par les AFÉAS locales, les clubs politiques devront peut-être s’ouvrir à un plus large membership afin de jouer vraiment un rôle de premier plan dans la formation des femmes des régions à la participation politique active.

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