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Faut-il s’étonner qu’un certain marché de services, financiers et autres, commence lentement à courtiser la clientèle des « joueuses solos »?

Il n’y a pas si longtemps, le travail autonome se rattachait avant tout… aux très masculins mondes agricole et forestier. Mais plus aujourd’hui, alors que le travail indépendant s’étend rapidement à une foule de secteurs d’activités professionnelles. Si bien qu’il touche près d’un demi-million de personnes au Québec, parmi lesquelles des femmes, considérablement plus nombreuses d’une année à l’autre. Et la tendance se poursuivra, assure Statistique Canada.

Il y a autonomie et autonomie

En , il peut être tentant de considérer le travail autonome comme une forme de redressement de tout ce qui s’écroule dans le secteur de l’emploi. Mais attention : si certains portraits d’entrepreneures dynamiques confirment de réelles réussites en affaires, il y a l’autre extrême : une population à la hausse de femmes qui, faute de mieux, acceptent un travail précaire, mais qui, du coup, se retrouvent privées d’un lien d’emploi stable et d’horaires prévisibles, exclues des programmes de protection sociale, mal rémunérées et isolées. L’an dernier, une étude de la Commission des droits de la personne du Québec s’alarmait d’ailleurs de l’appauvrissement des travailleurs qui en découle et rappelait qu’au pays des indépendants, le libre choix ne règne pas toujours.

Cela dit, que le travail autonome soit une préférence ou un pis-aller, aussi bien connaître les ressources qui peuvent en faciliter la pratique.

Une récente ouverture des institutions financières

Ginette Salvas et Diane Vallée, toutes deux entrepreneures, sont à l’origine du Groupe Entreprendre, un important réseau de travailleurs indépendants et de micro-entreprises du Québec. C’est en réaction à l’attitude des chambres de commerce et des institutions financières qui affichaient souvent un certain scepticisme à leur égard du simple fait que leur carte professionnelle portait comme seule adresse celle de leur domicile, que l’idée leur est venue de fonder un tel regroupement, .

Par la suite, elles ont pu constater que leur projet de réseau d’information et d’échanges répondait à un besoin pressant, car le groupe a rapidement suscité l’intérêt d’un nombre considérable de gens désireux de briser l’isolement, de faire reconnaître leur statut d’indépendant, et de faire respecter leur apport au roulement de l’activité économique. Aujourd’hui, le Groupe Entreprendre offre à ses membres des conférences, ateliers, colloques, bulletins d’information, envois postaux groupés, références, etc. De plus, il est conscient d’avoir contribué à faire changer les mentalités de certains milieux d’affaires, notamment la rigidité des sources de crédit, banques et caisses populaires. D’ailleurs depuis peu, l’inflexible s’assouplit. Petit à petit…

Par exemple, les caisses populaires Desjardins lançaient au printemps un programme de services et de financement adapté aux besoins, aux risques et aux imprévus des indépendants et des micro-entreprises. « Travailleurs autonomes Desjardins » se rapproche en effet d’une catégorie particulière de gens d’affaires en annonçant des mesures d’accès plus souples à la marge de crédit et au prêt à terme, des modalités de remboursement qui tiennent compte des creux comme des périodes fastes, la possibilité d’adhérer à un fonds de prévoyance, l’allégement de formalités administratives et les services de conseillers. Autre signe d’ouverture : les caisses populaires soulignent leur intention d’octroyer le financement en tenant mieux compte de la valeur personnelle de l’individu et de la nouveauté de son projet, ce qui marque une intention d’être à l’écoute des nombreuses travailleuses autonomes qui ont, au départ, plus d’idées que d’argent. Progrès. L’avenir nous dira si le programme mis en route remplit effectivement ses promesses de partenariat.

De son côté, la Banque Laurentienne propose aux travailleuses autonomes son forfait « L’Entrepreneur » qui met lui aussi l’accent sur des services taillés sur mesure, qu’il s’agisse d’emprunt, de remboursement et d’autres services bancaires.

Enfin, la Banque Nationale serait aussi sur le point d’entrer dans la mêlée avec un programme de son cru.

Alors, un tournant? On fait mieux confiance à ceux qui se lancent? Ginette Salvas se réjouit d’un nouveau rapport possible entre le travail autonome et le crédit. « Mais il est tôt pour évaluer la portée de ce qui est beau sur papier… »

Côté assurances et technologie : d’autres points marqués

Très au fait des principales embûches des travailleurs autonomes, le Groupe Entreprendre a tenu à secouer certaines réticences, notamment en matière d’assurances, et à négocier des ententes de services à l’avantage de ses membres. Ainsi, L’Entrepreneur Assurance et Les Assurances La Capitale en sont venus à ajuster certaines de leurs exigences à la réalité du travail indépendant de façon à offrir un produit plus avantageux et à meilleur prix, entre autres en ce qui a trait à l’invalidité et à la responsabilité civile. Pour sa part, l’Assurance-vie Desjardins-Laurentienne propose depuis peu aux travailleurs autonomes et aux micro-entreprises, Solo, une assurance collective accessible sur une base individuelle.

Sur un autre terrain, FINDEQ offre aux travailleuses autonomes de recourir au crédit-bail, un système qui permet de louer de l’équipement de bureau et de convertir ensuite les sommes déjà versées en paiements d’acquisition. L’arrangement fait suite, cette fois encore, aux demandes du Groupe Entreprendre.

Enfin, l’équipe de Ginette Salvas s’est attaquée à la technologie téléphonique dont disposent les entreprises à domicile et a obtenu de Bell d’intéressantes améliorations apportées au matériel existant, de même que des réductions de tarifs pour la ligne d’affaires résidentielle. A ce sujet, la cofondatrice du groupe évoque avec horreur les bévues de répondeurs automatiques déficients à sonorité de boîte de conserve. Rien pour donner confiance aux clients d’une entreprise naissante…

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