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Photographie d'Émilie Guimond-Bélanger.

Les jeunes femmes n’abandonnent pas!

par 

Jeune femme engagée qui étudie en travail social à l’Université Laval. Membre de Québec solidaire, elle est responsable de la Commission nationale des femmes de cette formation politique.

Le mouvement féministe n’est pas mort. Ni en train d’agoniser ou de se flétrir. Mais il lui faut tout un réseau d’organisations féministes pour le maintenir vivant.

Au Québec et au Canada, les organismes communautaires et gouvernementaux ainsi que les groupes de femmes sont nombreux à veiller au droit à l’égalité des sexes. Mais ce n’est pas le cas partout sur la planète. Cet été, j’ai eu l’occasion de participer au Camp européen des jeunes féministes. J’y étais la seule personne provenant du Québec, et même de l’Amérique du Nord. Ce campement était installé dans un endroit enchanteur, à Toulouse, en France. Y étaient présentes des jeunes femmes des quatre coins de l’Europe, de la Roumanie au Portugal, en passant par l’Espagne et la Belgique. Pendant une semaine, nous avons partagé nos expériences de femmes et de militantes. L’énergie et le plaisir étaient au rendez-vous! Le jour, nous organisions des ateliers sur différents thèmes, notamment la précarité économique des femmes, leur participation en politique ou les types de violence qu’elles subissent. Mais, il faut le dire, le camp s’animait d’une ferveur d’autant plus vivante à l’heure du souper! Le vin, le pain, le fromage trônaient sur toutes les tables, encadrant délicieusement des discussions passionnées.

Ces échanges m’ont rapidement amenée à comparer les avancées du mouvement des femmes d’ici et d’ailleurs. Notons, par exemple, le recours à l’avortement encore illégal en Pologne et en Irlande ainsi que l’absence d’institutions féministes régies par l’État dans la majorité des pays européens. Dans la Roumanie postcommuniste, énormément de travail reste à faire pour rendre visibles les inégalités entre les femmes et les hommes. En Arménie, de vieilles traditions restreignent les femmes à la virginité jusqu’au mariage; si elles y dérogent, le déshonneur s’abat sur leur famille.

Ces réalités choquent, nous horripilent et nous poussent à l’action collective. Et il faut se le dire : oui, le Québec a fait du chemin, mais ce n’est pas le temps de nous asseoir sur nos lauriers. Puisque les droits que nous avons doivent être maintenus, et que des avancées restent à faire.

C’est ce qu’a compris un groupe de jeunes au sein de la Fédération des femmes du Québec en organisant, en , un rassemblement de jeunes féministes québécoises. Le franc succès de cet événement et la volonté de l’élargir les ont poussées à organiser le premier Rassemblement pancanadien des jeunes féministes en à Montréal. Croyez-moi, l’énergie militante y bouillonnait! On retrouvait la même effervescence vivifiante en avril dernier à Winnipeg, à l’occasion du deuxième rassemblement, maintenant connu sous le nom de Toujours RebELLEs. Cette idée de créer un regroupement de jeunes au sein du mouvement des femmes s’est répandue jusqu’en Europe. Résultat : la tenue du premier Camp européen des jeunes féministes. Souhaitons qu’il fasse des émules en Asie, en Amérique latine et en Afrique!

Non, le féminisme n’est pas mort! S’identifiant aux luttes historiques du mouvement des femmes, la jeune génération s’investit en exprimant des revendications directement liées à des situations contemporaines : précarisation du travail, redéfinition des identités et des orientations sexuelles, montée de la droite politique, discrimination à l’endroit des immigrantes et des sans-papiers.

Oui, les jeunes femmes réclament leur libération pleine et entière. Et y travaillent.

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