Aller directement au contenu

Linda Goupil, ministre d’État à la Famille et à l’Enfance et responsable de la condition féminine, est la première à s’opposer à la garde partagée automatique. « Chaque cas est particulier et mérite d’être examiné de près afin de trouver la forme d’organisation qui bouleversera le moins la vie de l’enfant. »

La ministre parle d’expérience, elle qui, avant d’entrer en politique, pratiquait le droit familial, très souvent à titre de médiatrice. Elle rappelle qu’au Québec, en vertu du Code civil, l’autorité parentale n’est pas abolie par une rupture. « Le parent non gardien peut ainsi participer aux décisions importantes et suivre l’évolution de l’enfant, même s’il ne fait pas partie de l’organisation quotidienne de sa vie. »

Il est normal que de plus en plus d’hommes demandent la garde maintenant que près de 70 % des femmes — avec enfants à la maison — sont sur le marché du travail. « Si les deux parents souhaitent autant de temps de garde, pourquoi pas? » Lorsque le père a été présent depuis le début, la garde partagée s’impose tout naturellement, croit-elle.

Linda Goupil se réjouit qu’un nombre élevé d’ex-conjoints conviennent qu’il est préférable de s’entendre au nom de l’intérêt de l’enfant. À ce sujet, elle signale le taux de réussite de 80 % du service gouvernemental québécois de médiation familiale. Il faut dire également que la fixation et la perception automatique des pensions alimentaires donnent un bon coup de pouce aux parents. « C’est capital. Cela évite que les enfants servent de courriers et réduit les débats vu l’établissement de critères relatifs aux revenus et au nombre d’enfants. Ceux-ci ne sont pas absolus : le juge peut déroger aux règles si l’intérêt de l’enfant l’exige. »

À la question des fausses allégations, la ministre répond : « Lorsqu’on ne dit pas la vérité, cela finit toujours par se savoir. Un enfant qui apprend, devenu adolescent, qu’un de ses parents a été accusé à tort réagit très mal. C’est donc important qu’on désamorce la situation rapidement. À cet égard, l’entourage de la personne qui lance de fausses allégations a un rôle à jouer. » Les juges, comme certains le prétendent, ont-ils un préjugé en faveur des femmes lorsqu’il est question de garde? « Il faut partir de la réalité des enfants avant la rupture afin d’assurer une certaine continuité de vie. Et le constat, c’est encore que les femmes assument plus de responsabilités directes envers eux. Cela dit, il arrive que la rupture amène le père à vouloir être plus présent. Et c’est tant mieux. »

J. M.

Qu'en pensez-vous?

Aucune réaction

Inscription à l'infolettre