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À 21 ans, Milaine Alarie, étudiante à l’Université d’Ottawa en études des femmes et en développement international, vient de cofonder la CLAP (Collective des luttes pour l’abolition de la prostitution) avec une quinzaine de filles et de garçons.

Pourquoi avoir créé la CLAP ?

On ne parle pas assez des causes et des conséquences de la prostitution. La preuve : il y a un an ou deux, je n’avais que la version pro-légalisation en tête ! C’est dans un cours sur les industries du sexe à l’université que j’ai vu comment ça se passe. Entendre parler de la traite des femmes et de l’abattage, cette pratique qui consiste à les violer plusieurs fois pour les insensibiliser, m’a vraiment choquée. La prostitution est le résultat d’une société patriarcale et d’une relation de pouvoir inégalitaire. Il faut au moins que les gens soient au courant.

Comment entendez-vous lutter contre la prostitution ?

Nous voulons d’abord présenter une pièce de théâtre interactive aux élèves du secondaire. L’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans, un âge où on est influençable. C’est important de sensibiliser les adolescents à la traite des femmes. Si les écoles embarquent dans notre projet, celui-ci pourrait se concrétiser dès la fin . L’an prochain, nous aimerions organiser une semaine sur la prostitution et la pornographie à l’Université d’Ottawa, avec des conférences, etc. Quelque chose de gros ! Enfin, dans le futur, nous voudrions ouvrir un refuge pour les prostituées. Mais comme nous sommes un nouveau groupe, nous devons d’abord militer auprès du gouvernement pour obtenir des fonds.

Doit-on vraiment craindre une décriminalisation de la prostitution ?

L’an dernier, un groupe formé de représentants des divers partis fédéraux a été mandaté pour revoir les lois sur le racolage. Ce comité risque de recommander la décriminalisation de la prostitution. La CLAP va faire tout ce qui est en son pouvoir pour freiner ça ! Il est prouvé que quand une telle loi est adoptée, la prostitution augmente et la pratique entre dans les mœurs. La prostitution, un travail comme les autres ? Je n’y crois pas du tout. C’est banaliser l’oppression et l’exploitation. En tant que femme et que future mère, j’en serais vraiment déçue.

Qu'en pensez-vous?

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