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Photographie de Lili Boisvert.

Lili Boisvert dérange, choque, instruit, persiste et signe! Cocréatrice de la websérie Les brutes, animatrice de Sexplora, chroniqueuse à Urbania et auteure de l’essai Le principe du cumshot, elle est convaincue que les clichés sexuels, c’est fait pour être déconstruit. Aucun tabou ni jugement ne résistent à sa perspicacité. Explorer la sexualité sous toutes ses coutures est un terrain fertile pour elle. Elle sait appeler une chatte une chatte. On adore!

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Un geste égalitaire que vous avez posé ou une parole antisexiste que vous avez dite et dont vous êtes fière?

Photographie de Lili Boisvert.

À ce jour, la chose que j’ai faite dont je suis le plus fière, c’est la fois où je me suis promenée dans la rue seins nus, dans le cadre de mon travail, pour parler de l’absurdité de la censure des seins féminins dans l’espace public. J’ai posé ce geste après la médiatisation d’un cas de slutshaming d’une fillette de quatre ans à la piscine municipale. Beaucoup de gens n’ont pas compris ma démarche à ce moment-là et ne comprendraient probablement pas pourquoi aujourd’hui j’en suis fière. Mais c’est pas grave, moi, je sais pourquoi.


Trois mots qui décrivent pour vous le féminisme?

Résilience. Historique. Conscience. Rebelle.


Le gros cliché gars-fille qui vous tombe le plus sur les nerfs?

Les clichés qui ont trait à la sexualité sont ceux qui me dérangent le plus. Probablement parce que j’ai l’impression que ce sont ceux qui sont le moins remis en question malgré leurs conséquences majeures dans nos vies. Par exemple, l’idée que les femmes sont, dans leur essence, belles, qu’elles sont obsédées par l’idée de rester jeunes pour être séduisantes et que leur corps est fondamentalement plus sexy et obscène que celui des hommes, tandis que les gars sont « toujours en manque », qu’ils sont « réticents à s’engager parce qu’ils veulent propager leur semence » et que c’est difficile pour eux de contrôler leurs pulsions… On est tellement obnubilés par ces clichés sexuels que la plupart du temps, on ne voit pas tout le conditionnement social qui est derrière pour nous y faire adhérer.


Le pire ennemi de l’égalité, c’est…

Les mensonges. D’abord, ceux des gens qui nient le sexisme et affirment que l’égalité entre les hommes et les femmes existe. Ensuite, les mensonges de ceux qui reconnaissent les inégalités, mais qui prétendent qu’elles sont inévitables, en les attribuant à la « nature humaine » plutôt qu’à des choix de société permettant à un groupe humain de prendre une part de gâteau plus grosse que celle des autres. Par le passé, toutes sortes d’injustices qu’on a présentées comme des fatalités attribuables à « l’ordre naturel du monde » se sont dissipées une fois qu’on a cessé de les légitimer ainsi. Ga donc.


Un monde égalitaire, ça changerait quoi?

Je ne sais pas, peut-être beaucoup, peut-être rien. Sauf qu’on aurait l’égalité. Et c’est ça qui compte : l’égalité n’a pas à servir un autre but, c’est une fin en soi!

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