Aller directement au contenu

Vers un cinéma paritaire

par 

Entrée dans l’univers des communications et de l’édition par la porte de la révision linguistique, elle révise les articles de la Gazette des femmes depuis plus de 10 ans, en plus d'y écrire de temps à autre. On peut aussi la lire dans Elle Québec, quand elle n'est pas trop occupée à corriger des romans.

Une bonne nouvelle pour commencer l’année : 2017 devrait marquer l’avènement d’une plus grande égalité hommes-femmes dans le financement des longs métrages de fiction canadiens. Après l’ONF, Téléfilm Canada a annoncé en novembre une mesure en ce sens.

Le chiffre saisit : en 2009-2014, seuls 10 % des fonds accordés par Téléfilm Canada sont allés à des longs métrages de fiction réalisés par des femmes, selon une étude de l’organisme Réalisatrices équitables parue en juin 2016.

Un déséquilibre flagrant, mais sur le point d’être atténué, depuis que la directrice générale de l’organisme de financement et de promotion du cinéma canadien, Carolle Brabant, a annoncé que celui-ci se donnait jusqu’à 2020 pour atteindre la parité femmes-hommes dans le financement de la production cinématographique. Ça commence par une mesure stipulant qu’à qualité égale ou comparable, les longs métrages de fiction réalisés ou scénarisés par des femmes seront préférés à ceux des hommes.

Photographie d'Isabelle Hayeur.
© Anna Lupien

« L’imaginaire collectif baigne dans une culture créée par les hommes, mais il est temps que ça change, qu’on découvre une diversité représentative de celle de la population. »

Isabelle Hayeur, présidente de l’organisme Réalisatrices équitables

Isabelle Hayeur, présidente de l’organisme Réalisatrices équitables, est ravie, puisqu’on présentera enfin au public autre chose que des histoires d’hommes racontées par des hommes. « Chez Réalisatrices équitables, nous célébrons cette annonce, lance celle qui faisait partie d’un groupe de travail pancanadien créé par Carolle Brabant pour examiner la question. C’est important de le souligner quand les hauts fonctionnaires prennent de bonnes décisions, surtout que dans ce cas, c’était une décision difficile. Les associations de producteurs et de distributeurs mettent beaucoup de pression, elles ne veulent pas composer avec une règle supplémentaire les empêchant de faire des choix personnels. »

Personnels… et payants, puisque les films d’hommes se vendent beaucoup mieux. « Les producteurs et les distributeurs veulent des projets de réalisateurs vedettes, et les vedettes, ce sont des hommes : Xavier Dolan, Denis Villeneuve… ajoute Mme Hayeur. L’imaginaire collectif baigne dans une culture créée par les hommes, mais il est temps que ça change, qu’on découvre une diversité représentative de celle de la population. » À ce sujet, Téléfilm Canada entend augmenter également son financement pour les œuvres proposées par des membres des communautés culturelles et des Premières Nations.

Quant au critère concernant la qualité « égale ou comparable » des projets de longs métrages, qui peut paraître subjectif, Isabelle Hayeur souligne que Téléfilm Canada s’inspirera des critères d’évaluation plus objectifs qu’a adoptés l’Institut suédois du film, avec de bons résultats.

Après l’ONF qui a annoncé en mars qu’il allait allouer la moitié de ses budgets de réalisation aux cinéastes féminines, ce virage entrepris par Téléfilm Canada laisse croire que les institutions nourrissent un réel désir d’accorder aux réalisatrices la place qu’elles méritent. Reste maintenant à la SODEC à se positionner… et selon Isabelle Hayeur, cette société d’État québécoise devrait le faire très, très bientôt.

Qu'en pensez-vous?

1 Réaction

  1. Johanne Jutras

    Il est temps que la SODEC fasse la même chose depuis le temps qu’elle dispose des chiffres sur la faible représentation des réalisatrices dans la production des films québécois. Bien d’accord pour que l’imaginaire collectif soit enrichi par celui des femmes.

Inscription à l'infolettre