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Jeunes femmes réalisatrices derrière la caméra.

Gros plan sur les documentaristes québécoises

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Entrée dans l’univers des communications et de l’édition par la porte de la révision linguistique, elle révise les articles de la Gazette des femmes depuis plus de 10 ans, en plus d'y écrire de temps à autre. On peut aussi la lire dans Elle Québec, quand elle n'est pas trop occupée à corriger des romans.

On les connaît peu, et pourtant elles s’affairent, derrière leur caméra, à nous informer, nous sensibiliser, nous ébranler. Pour donner aux documentaristes québécoises la visibilité qu’elles méritent, l’organisme Réalisatrices équitables a créé le portail Web Les Dames du doc. Honte à nous : le site existe depuis huit mois, et on vous en parle seulement aujourd’hui. Pour se faire pardonner, on vous explique pourquoi vous avez tout intérêt à le visiter.

Mieux vaut tard que jamais : lancé en mars 2015, le portail Web Les Dames du doc (realisatrices-equitables.com/les-dames-du-doc) nous est récemment tombé dans l’œil. Et pour cause. Cet imposant catalogue multimédia présente plus de 140 documentaristes québécoises, avec biographie, filmographie et hyperlien pour visionner au moins un film de chacune, gratuitement ou moyennant quelques dollars. Le panorama compte autant des pionnières comme Anne Claire Poirier (De mère en fille, 1968) que des jeunes recrues prometteuses telle Geneva Guérin (La cantine afghane, 2012). Les sujets des documentaires, eux, sont d’une étourdissante variété : les compagnies minières, le cancer des ovaires, la crise humanitaire en Ouganda, le recyclage des déchets médicaux, un spectacle de Richard Desjardins (Kanasuta), le quotidien des mourants à la Maison Michel-Sarrazin, la vie d’une taxidermiste…

Certaines réalisatrices marquantes font aussi l’objet d’un portrait vidéo d’environ 4 minutes. C’est le cas de Sophie Bissonnette, Raymonde Provencher, Carole Laganière, Mary Ellen Davis, Catherine Hébert, Manon Barbeau et Melissa Mollen Dupuis, entre autres.

Outre les documentaires et les portraits, le site contient beaucoup de matériel pour nous happer dans les filets du visionnement en rafale. La série « 3 histoires vraies » rassemble de sympathiques confidences de réalisatrices dans des capsules vidéo d’une vingtaine de minutes. On y apprend quelques secrets ou anecdotes de Julie Lambert (Un film de chasse de filles), Ève Lamont (Squat!), Sophie Deraspe (Le profil Amina), Helen Doyle (Dans un océan d’images), Céline Baril (La théorie du tout), Alanis Obomsawin (Kanehsatake : 270 ans de résistance) et Marquise Lepage (Le jardin oublié. La vie et l’œuvre d’Alice Guy-Blaché), notamment.

Chaque mois, un film est également mis à l’honneur. Présentement, la faveur va à Casques roses de Karina Goma, qui porte sur les femmes dans le domaine de la construction.

On ne peut que se réjouir de cette initiative de Réalisatrices équitables, sachant que les documentaristes québécoises ne croulent pas exactement sous un déluge de reconnaissance… Ces « héroïnes chevaleresques des médias modernes », comme les appelle la présidente de l’organisme, Isabelle Hayeur, ont un talent certain, auquel Les Dames du doc rend joliment hommage. Et elles ont de la relève : selon le site, les filles représentent entre 43 et 60 % de l’effectif étudiant des principales écoles de cinéma et de télévision au Québec, et 48 % des étudiants au programme documentaire de l’INIS. Le répertoire des Dames du doc devrait donc prendre une ampleur considérable dans les années à venir…

Ciné-club

Avis aux cinéphiles montréalais, Les Dames du doc organisent un ciné-club le deuxième jeudi de chaque mois dans la salle de l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ), rue Saint-Hubert. Un documentaire québécois marquant y est projeté en présence de sa réalisatrice, le tout précédé d’une discussion avec celle-ci. En boni : grilled-cheeses au fer à repasser, boissons alcoolisées et ambiance amicale.

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