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Photographie de Martine Desjardins.

Martine Desjardins a fait une entrée remarquée dans la sphère médiatique et politique en étant de celles et ceux qui ont tenu à bout de bras la grève étudiante de 2012 comme présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Elle a porté avec aplomb et le discours de l’engagement et le carré rouge! Depuis, celle qui a aussi touché à la politique provinciale continue de faire entendre sa voix par ses commentaires, ses chroniques et ses blogues sur des sujets d’actualité publiés dans divers médias, dont Le Journal de Montréal.

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Quand j’entends [insérez ici un préjugé sur les femmes], les veines me sortent du cou!

Photographie de Martine Desjardins.

Quand j’entends que le féminisme, c’est privilégier le genre à la place de la compétence, les veines me sortent du cou! Les femmes sont aussi très compétentes!


L’affirmation ou la remarque la plus sexiste que vous ayez entendue (adressée à vous ou à une autre personne, relayée par les médias écrits ou parlés…)? Vous avez la chance de répliquer, vous dites quoi?

La saga entourant le regard langoureux de Catherine Fournier dans une conférence de presse à l’égard de Gilles Duceppe et la réaction d’un journaliste qui relayait la nouvelle en disant que les femmes trouvent toujours un côté sexy aux politiciens m’ont complètement mise hors de moi. Non seulement cette nouvelle est-elle devenue virale, mais elle a relevé, bien malheureusement, le fait que certains hommes voient encore les femmes comme une anomalie en politique. Nous avons eu une première première ministre, mais il reste un long parcours à accomplir pour s’assurer que les femmes sont vues comme des politiciennes à part entière, et non pas simplement comme des faire-valoir. Je trouve que Catherine Fournier a bien réagi en dénonçant la situation : je n’aurais pas fait mieux.


Le pire ennemi de l’égalité, c’est…

Penser qu’elle est déjà atteinte. Il est vrai que les femmes ont fait de nombreuses avancées. Cependant, il reste beaucoup à accomplir pour atteindre une réelle égalité de fait. Par exemple, à la suite de la Loi sur l’équité salariale, plusieurs ont pensé que le travail était fait; pourtant, les femmes gagnent encore, à travail égal, un salaire moindre que leurs confrères dans certains domaines.


Un moment-clé dans votre vie personnelle, dans votre carrière, où vous avez pris conscience que l’égalité n’était pas réellement atteinte?

En 2011, j’effectuais des tournées de rencontres avec des députés libéraux qui avaient été élus avec un faible nombre de votes. Lors de ces rencontres, les députés et leurs conseillers, majoritairement des hommes, ne me regardaient pas ou ne m’adressaient pas la parole pour ne discuter qu’avec mon attaché politique. C’est mon attaché qui devait leur rappeler qu’il ne pouvait répondre à leurs questions et qu’ils feraient mieux de s’adresser directement à moi. Ce fut long, mais ils ont compris qu’une femme pouvait être à la tête d’une telle organisation et ils ont fini par me prendre au sérieux. Je reste convaincue qu’aucun de mes collègues masculins n’a eu à vivre avec cette problématique.


Dans l’actualité, qu’est-ce qui vous fait le plus grincer des dents ces temps-ci en matière d’inégalité femmes-hommes?

Il y a plusieurs choses qui me font grincer des dents… Les images qui se rapportent au mot-clic #DéciderEntreHommes, où nous voyons bon nombre d’hommes discuter de dossiers d’actualité en l’absence des femmes, me font rager. Cependant, ce qui me fait surtout bondir, ce sont les commentaires sexistes et désobligeants sur les femmes qui dénoncent les violences dont elles sont victimes, particulièrement les femmes autochtones. Je ne m’explique pas comment on peut rester indifférent face à ces dénonciations. Il est grand temps, selon moi, que les hommes commencent eux-mêmes à se rappeler à l’ordre à ce sujet. Les violences infligées aux femmes ne doivent pas simplement être dénoncées par elles, mais par l’ensemble de la société. C’est une question de dignité nationale et de respect.

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