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Photographie de femmes Congolaises de dos.

Grâce à un documentaire américain et à un événement montréalais, les Congolaises victimes de viol et de violence trouvent du soutien. Petits pas deviendront grands?

Depuis 20 ans, des guerres aux enjeux politico-économiques ont fait quelque six millions de morts parmi les civils de la République démocratique du Congo ( RDC). Prises au cœur de ces conflits, des dizaines de milliers de Congolaises de tous âges, principalement dans l’est du pays, ont été enlevées, violées et mutilées par des soldats de l’armée congolaise ou de milices étrangères. Selon les statistiques du Fonds des Nations Unies pour la population, plus de 17 500 cas de violence sexuelle ont été rapportés en RDC en 2009. Ce chiffre, énorme, ne représente cependant que la pointe de l’iceberg. Et semble laisser le monde entier indifférent…

Elle-même victime d’un viol collectif aux États-Unis il y a plusieurs années, la documentariste américaine Lisa F. Jackson s’est rendue en 2006 en RDC, en zone de guerre, au cœur de l’atrocité, pour tourner The Greatest Silence: Rape in the Congo. Son objectif : briser le silence et dénoncer l’horreur que subissent les Congolaises au quotidien, afin de pousser autant le gouvernement local que la communauté internationale à se préoccuper de ces femmes privées d’avenir, physiquement et psychologiquement anéanties. Car en plus d’être violées puis mutilées au moyen de fusils ou de branches – au point d’avoir la vessie qui coule en permanence, les systèmes reproductif ou digestif détruits et de ne plus pouvoir mener une vie normale –, elles sont reniées par leur mari, rejetées par leur famille et se blâment pour ce qui leur arrive.

Bien sûr, il reste beaucoup de travail à faire pour que cessent les monstruosités perpétrées contre les Congolaises, pour que les victimes ne soient plus stigmatisées. Mais ce documentaire, sorti en 2007 et récipiendaire d’un prix spécial au Festival du film de Sundance en 2008, est déjà à la source d’une résolution de l’ONU décrétant que le viol est une arme de guerre. Empli d’effroyables témoignages de victimes, de médecins, de politiciennes et même d’agresseurs, il est disponible sur le site Women Make Movies.

Le film est régulièrement présenté à travers le monde, comme ce fut le cas à Montréal début juillet, à l’occasion de Congo50-Montréal.Des activités culturelles, sociales et militantes sont au programme de cet événement qui a lieu dans la métropole jusqu’en décembre. Elles visent à sensibiliser la population à la cause des Congolaises, mais aussi à récolter des fonds pour lutter contre les violences sexuelles faites aux femmes en RDC, notamment en soutenant l’hôpital de Panzi à Bukavu, qui vient en aide aux victimes de viol. Des victimes qui ont cruellement besoin de cette aide, comme le pays tout entier. Car tel que le souligne une policière dans le documentaire : «Qu’est-ce qu’une femme? Une femme, c’est la mère de la nation.Qui viole une femme viole toute une nation. »

En complément d’info

Pour plus d’information consulter le rapport de terrain sur la RDC

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