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Photographie de Vincent dumez

Pour une nouvelle relation soignant-patient

par 

Marie Lachance a été journaliste indépendante et rédactrice à la pige pendant plus de 20 ans. Historienne de l’art de formation et petite-fille d’une féministe de la première heure, c’est en 1998 qu’elle rédige un premier article pour la Gazette des femmes. En être aujourd’hui la rédactrice en chef lui fournit l’occasion de braquer les projecteurs sur les inégalités de sexes qui persistent toujours ; et d’apporter une modeste pierre à l’édifice du féminisme.

Hémophile depuis l’enfance, Vincent Dumez a contracté le VIH et l’hépatite C lors de l’affaire du sang contaminé, dans les années et . Ce qui en fait un grand consommateur de services de soins et, sans conteste, un patient expert. C’est à ce titre — et pour ses nombreux travaux et engagements dans la promotion d’une meilleure relation médecin patient — que la faculté de médecine de l’Université de Montréal l’a nommé directeur de son Bureau facultaire de l’expertise patient partenaire.

Sous la supervision du doyen de la faculté, il met l’épaule à la roue pour instaurer le programme d’études en médecine Patient partenaire de soins, fondé sur l’approche collaborative de la relation soignant-patient. Si tout va comme prévu, le programme devrait être mis en place dès . Parmi ses objectifs : accorder au patient la liberté de choisir, mettre de l’avant des soins humanisés et reconnaître que le patient est une personne compétente. Des changements en profondeur qui s’opèrent même en amont de la formation. «Déjà, dans la sélection des élèves, on veut revoir le processus d’évaluation. On ne recherchera pas seulement des élèves qui brillent par leur intelligence scientifique, mais également des candidats ayant une intelligence sociale développée et de bonnes capacités d’empathie » , souligne M. Dumez.

L’UdeM n’est pas la seule à effectuer ce virage. En Angleterre et aux États-Unis, des programmes de médecine sont rénovés de la cave au grenier, dans le but d’apporter plus d’humanité aux soins. «On comprend aujourd’hui que toute bonne décision de soins doit s’adapter au contexte de vie des patients. Ce qui, en bout de piste, donnera une médecine plus personnalisée, moins en résistance et en tensions. On se rend compte aussi que le patient qui sort de l’hôpital est mal informé sur la suite des traitements, notamment en ce qui concerne la prise des médicaments. Or, c’est par l’information qu’on permettra aux patients de devenir les acteurs de leurs soins» , estime M. Dumez.

L’heure du changement aurait-elle enfin sonné? «Le patient est en quête d’autonomisation. C’est pourquoi il se tourne souvent vers les médecines “alternatives”, où il trouve une zone de liberté. Avec ce programme, nous voulons redonner sa liberté au patient, et sortir la médecine du scientisme et du paternalisme. »

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