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Photographie d’une femme heureuse.

Les règles de l’engagement

par 

Journaliste au quotidien Le Soleil depuis l'automne 2011 après avoir passé trois ans à La Presse Canadienne. Ce travail de journaliste au quotidien lui permet de toucher à une variété de sujets et d’assouvir sa curiosité. Elle aime également le travail de fond et les dossiers, un côté du métier qu’elle a développé en complétant une maîtrise en études internationales en 2007. Déjà sensible aux questions touchant les femmes, ses expériences personnelles, ses voyages à l'étranger et sa collaboration à la Gazette des femmes n’ont fait que renforcer sa conviction : poursuivre le travail amorcé par nos grand-mères pour une société égalitaire.

Trois candidates qui brûlent d’envie de s’engager pour leur communauté témoignent de leurs premiers pas en politique municipale et discutent du pouvoir au féminin.

Lorsque, aux dernières élections municipales, Valérie Renaud a entendu un conseiller lancer à sa rivale qu’elle ferait mieux de rester à la maison avec ses chaudrons, les oreilles lui ont frisé. « Je n’en revenais pas! » s’exclame l’aspirante conseillère municipale à Sainte-Julie, qui a l’habitude de frayer avec une majorité d’hommes dans le milieu financier. « C’est de l’ancienne politique », renchérit l’avocate.

Photographie de Katie St-Cyr.
« Pour les femmes, le bien-être collectif passe souvent avant les intérêts personnels ou les objectifs superficiels »  — Katie St-Cyr, candidate à la mairie de Wotton, en Estrie

Katie St-Cyr, qui se porte candidate à la mairie de Wotton, en Estrie, se désole qu’une de ses collègues ait dû mettre au rancart son envie de se présenter comme conseillère parce que son conjoint ne lui a pas fourni son appui. « Ça m’a surprise et déçue. » La professionnelle des ressources humaines, mère de quatre enfants, a quant à elle l’approbation de son entourage; son fils de 10 ans lui a même promis de faire du porte-à-porte à ses côtés.

Photographie de Martine Clément.
Martine Clément, qui pose sa candidature pour représenter les Trifluviens du secteur de Cap-de-la-Madeleine, sait déjà que la politique municipale lui servira de tremplin vers un autre palier de gouvernement.

Mère monoparentale, Martine Clément a attendu que ses enfants soient assez vieux pour faire le grand saut. Elle a aussi sollicité les conseils d’une vétérane en politique municipale pour la conforter dans sa décision. Celle qui pose sa candidature pour représenter les Trifluviens du secteur de Cap-de-la-Madeleine souhaite ardemment conserver un équilibre travail-famille.

Mais elle est consciente du pain sur la planche qui l’attend, d’autant plus qu’elle veut devenir une conseillère proche des citoyens, une façon de faire résolument féminine, selon elle. « Les femmes sont plus à l’écoute, leur approche est moins “administrative” », affirme celle qui se bat depuis un an pour que les citoyens obtiennent le droit d’élever des poules en ville.

La présence des femmes dans les conseils municipaux apporte un point de vue différent, estime Valérie Renaud. « Nous sommes plus sensibles », évoque-t-elle. « Pour les femmes, le bien-être collectif passe souvent avant les intérêts personnels ou les objectifs superficiels », renchérit Katie St-Cyr.

Photographie de Valérie Renaud.
Valérie Renaud, aspirante conseillère municipale à Sainte-Julie, est d’avis que les hommes doutent moins que les femmes de leurs capacités à devenir politiciens.

Mme Renaud constate également que les hommes doutent moins de leurs capacités à devenir politiciens. « Nous, on prend plus de temps avant de se décider, on veut suivre des formations, acquérir de l’expérience. » C’est ce qu’elle souhaite faire avec ce premier poste électif avant de décider si elle poussera plus loin ses aspirations. Martine Clément, elle, sait déjà que la politique municipale lui servira de tremplin vers un autre palier de gouvernement. En revanche, le « goût de servir » de Katie St-Cyr sera comblé si elle devient mairesse.

Comme ses consœurs aspirantes conseillères, Mme St-Cyr pourra conserver son emploi si les Wottonnais la choisissent comme mairesse, car la plupart des élus des conseils municipaux, sauf ceux des grandes villes, occupent leurs fonctions à temps partiel. Un arrangement qui lui convient parfaitement sur le plan financier. « Disons que si je voulais faire de l’argent, je poursuivrais ma carrière dans mon domaine », conclut-elle en riant.

Qu'en pensez-vous?

4 Réactions

  1. Francine Ferland

    Félicitations à ces 3 femmes pour leur décision! L’équilibre homme/femme dans les conseils d’administration, quels qu’ils soient, assure une bonne représentativité des citoyens. C’est important que l’opinion de jeunes mères de familles, d’éducatrices, etc. soit prise en compte dans les orientations municipales. Pour avoir oeuvré dans plusieurs conseils d’administration dans un milieu masculin, il est parfois difficile de faire entendre sa voix, mais cela demeure plus facile de « l’intérieur » que de « l’extérieur ».
    Et puis, comme dit Mme Lise Payette, « le ménage, nous les femmes, on connaît ça!!! » Vivement plus de femmes aux conseils municipaux!

  2. Réjeanne Martin

    Trois fois, trois fois HOURRA!

    Quand les choses vont mal, on confie au faire-valoir des femmes le soin de corriger la situation. Nous n’avons qu’à regarder ici et ailleurs sur la planète combien de femmes consacrent leurs énergies à relever leurs pays de toutes sortes de marasmes. Elles portent au ventre le souci d’une vie meilleure pour les leurs.

    Trois de plus sur la planète qui prendront à cœur la volonté de bâtir un monde plus juste et plus humain.

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