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Parlons sexe!

par 

Marie Lachance a été journaliste indépendante et rédactrice à la pige pendant plus de 20 ans. Historienne de l’art de formation et petite-fille d’une féministe de la première heure, c’est en 1998 qu’elle rédige un premier article pour la Gazette des femmes. En être aujourd’hui la rédactrice en chef lui fournit l’occasion de braquer les projecteurs sur les inégalités de sexes qui persistent toujours ; et d’apporter une modeste pierre à l’édifice du féminisme.

Et la sexualité, ça va?

La question se pose. À l’ère de l’hypersexualisation, de la porno accessible d’un clic de souris et des magazines qui nous infligent leurs 10 meilleurs trucs pour jouir ou pour exciter son partenaire, il est bon de faire le point, et pas forcément le G, sur ce pan de notre vie.

Alors, sexuellement, on va bien? Oui et non, dirions-nous. Entre la performance, les pannes de désir et une génitalité qui fait parfois fi des besoins affectifs, certaines femmes se mettent de la pression et vivent des déceptions. Mais au pays de l’épanouissement sexuel féminin, tout n’est pas que déplaisir et insatisfaction. Car la femme agente de sa sexualité est là, qui veille. La femme quoi? Comme on peut le lire dans le texte fort instructif d’Hélène Mercier, c’est celle qui sait ce qu’elle veut. Qui a ses désirs propres. Qui fait des essais. Des erreurs aussi. Qui tient les rênes de sa vie sexuelle, quoi!

En 2013, les femmes, agentes ou pas, sont mieux informées que ne l’étaient leurs mères et leurs grands-mères. Il faut l’admettre, beaucoup de tabous sont tombés et, comme femmes, nous connaissons davantage notre corps et les désirs qui nous animent. Mais en sera-t-il de même pour nos filles et nos petites-filles? Rien n’est moins sûr. Car l’abolition des cours obligatoires d’éducation à la sexualité dans les écoles a créé un grand vide. Sexuellement parlant, les jeunes font plus, mais savent moins, estiment les spécialistes. Et ce, malgré leur utilisation du Web, où on trouve de tout, mais pas forcément le meilleur.

Notre texte sur la pornographie, signé Annie Mathieu, jette du reste un éclairage différent sur le sujet en traitant de porno féministe — des films réalisés par et pour des femmes. Une affabulation et une tromperie pour les unes. Une façon de revendiquer sa liberté sexuelle et de se réapproprier le plaisir au féminin pour les autres.

Et la sexualité des aînées? Le désir? Le célibat religieux? Dans ce dossier, nous n’avons voulu négliger aucune de ces questions. Pas plus que celles, épineuses, du sexe comme outil ou comme arme, et des sugar babiessugar daddies. Une invitation à lire, et pas qu’en cachette! Parce que voilà un dossier fouillé, susceptible de provoquer de beaux échanges. Et parce qu’il était temps qu’on parle de la sexualité des femmes sans passer par les meilleures positions pour atteindre le septième ciel…

Bonne lecture!

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