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Photographie d'une rose déposée sur des billets d'argent

Mon cul contre une voiture

par 

Entrée dans l’univers des communications et de l’édition par la porte de la révision linguistique, elle révise les articles de la Gazette des femmes depuis plus de 10 ans, en plus d'y écrire de temps à autre. On peut aussi la lire dans Elle Québec, quand elle n'est pas trop occupée à corriger des romans.

« Je recherche un homme qui va prendre soin de moi et me gâter pour que je me sente comme une princesse. Dans ce cas, je serai toute à toi. » Cet automne, plusieurs articles (dans Le Journal de Montréal et La Presse, dont est tiré cet extrait d’annonce) ont levé le voile sur l’arrivée au Québec de nouveaux types de sites de rencontre : ceux qui permettent à des jeunes femmes, qu’on appelle sugar babies, de se trouver un sugar daddy (ou « papa gâteau »). Cette forme de relation est simple, selon le site www.sugar-daddy.ca : « de riches hommes âgés entretiennent financièrement de jeunes femmes séduisantes en échange d’amour et de tendresse ». Et de sexe, surtout, n’ayons pas peur des mots. Ainsi, moyennant diverses faveurs, ces « bébés sucre » pourront réclamer argent, auto, voyages, fins de semaine au chalet, etc. En septembre, le site SeekingArrangement comptait, pour la seule région de Montréal, 11 000 sugar babies et 1 500 sugar daddies.

« L’homme et la femme doivent savoir […] qu’ils ne sont pas sur ce site pour trouver un partenaire de vie comme dans un conte de fées, mais pour conclure un pacte entre ambition et recherche de beauté », peut-on lire sur www.sugar-daddy.ca. Difficile de ne pas faire de rapprochements avec la prostitution. Bien sûr, la majorité des jeunes femmes interrogées dans ces articles se défendent bien de vendre leur corps. Quant aux hommes, ils semblent considérer la chose comme une relation « donnant-donnant ». « Tout s’achète », avouait à La Presse Éric, homme d’affaires de 37 ans membre de sugar-daddy.ca. « Le but est de trouver une fille avec qui ça clique pour triper ensemble. Si elle veut que je lui achète un char, que je paye son loyer ou que je dépose 2 000 $ dans son compte au début de chaque mois pour la rassurer, je n’ai pas d’objection… après quelques rencontres, évidemment. J’ai des blondes qui m’ont coûté bien plus cher que ça. Et ça ne fait pas de la fille ma propriété. » On pourra méditer longtemps là-dessus.

  1. * Pour voir une entrevue avec la journaliste Isabelle Verge, qui a « infiltré » le site SeekingArrangement et filmé ses rencontres pour rédiger son dossier dans Le Journal de Montréal : http://tva.canoe.ca/video/1845075702001.

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1 Réaction

  1. claudie-sandra leblanc

    trop désolant qu’on vendent et surtout offre le corps de la femme. c’est encore plus terriffiant de voir que ce sont des jeunes femmes elles-même qui s’offrent, comme quoi la socialisation de l’hypersexualisation à banalysé la chose…

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