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Photographie de Colette Beauchamp.

Lettre à Monique Jérôme-Forget

Chère Madame Jérôme-Forget,

Bravo pour Les femmes au secours de l’économie. Pour en finir avec le plafond de verre (Stanké, )! Quel beau coup de sacoche1 ! , dans une entrevue sur la place des femmes journalistes dans les médias, on m’a demandé pourquoi elles étaient encore si rares dans les hauts postes de direction. J’ai répondu que la situation était la même que dans les autres domaines; que le premier obstacle demeurait la conciliation travail-famille; que pour voir accéder beaucoup plus de femmes à ces postes, là comme ailleurs, il fallait que le marché du travail tienne compte de leur réalité; qu’à voir les employeurs exiger une disponibilité de plus en plus grande d’employés qui peuvent désormais être joints par cellulaire en tout temps et en tout lieu, la conciliation travail-famille ne s’en trouvait aucunement facilitée.

En ouvrant votre livre, je m’attendais à y trouver une réflexion intéressante sur l’économie, entre autres basée sur votre expérience comme ministre responsable des portefeuilles économiques les plus importants du gouvernement québécois. Certainement pas une analyse féministe aussi fouillée, solide et percutante, ainsi que le modèle à suivre pour enfin apporter une solution tangible au problème que je soulignais et stopper le gaspillage insensé et onéreux de tant de talents, de compétences et de façons de faire innovatrices chez les femmes. Pour leur permettre de « quitter le plancher collant et d’en finir avec le plafond de verre », comme vous l’écrivez. C’était ne connaître de vous que l’image publique de la femme politique à travers le prisme de la politique partisane.

En fait, j’attendais ce livre depuis 20 ans. Quelle joie de vous lire!

Vous y établissez de façon claire, détaillée et étayée l’ensemble des mesures, pratiques et comportements à introduire dans le monde du travail pour tenir compte de la réalité et de l’itinéraire des femmes, pour rendre possible la conciliation travail-famille, pour permettre à la fois aux femmes de donner toute la mesure de leurs talents, de leurs compétences et de leur créativité, et à la société de bénéficier de cet apport indispensable à l’enrichissement collectif.

Vous y proposez — mode d’emploi inclus et exemples réussis à l’appui — un modèle de gestion du marché du travail et, conséquemment, de l’économie à visée humaine, souple et flexible. Le modèle que vous proposez a l’énorme avantage de conduire à une vie personnelle et sociale plus équilibrée, épanouie et heureuse, tant pour les hommes et les femmes que pour les enfants.

Sur le strict plan de l’économie, votre vision des choses a de plus le mérite d’être éminemment actuelle et de répondre aux exigences de l’heure. Elle est écologique, économique, rentable et axée sur le développement durable.

Comme on dit, ce n’est pas rien. Votre essai est une contribution majeure aux forces de changement à l’œuvre dans la société québécoise. Je lui souhaite bonne route et longue vie dans tous les milieux, des bancs de cégep aux fauteuils de direction, pour que s’amorce au plus tôt, dans toutes les sphères d’activité, le virage que vous préconisez. Un virage aussi urgent et nécessaire que profitable.

Page couverture du livre de Monique Jérôme-Forget
Monique Jérôme-Forget, Les femmes au secours de l’économie. Pour en finir avec le plafond de verre, Stanké, , 192 p.
  1. 1 Monique Jérôme-Forget a siégé à l’Assemblée nationale du Québec de à . Elle a occupé les postes de ministre des Finances, ministre des Services gouvernementaux et présidente du Conseil du trésor dans le gouvernement libéral de Jean Charest. Sa réputation de rigueur dans ces postes lui a valu le sobriquet de « madame Sacoche ».

Qu'en pensez-vous?

3 Réactions

  1. Raymonde

    Article très intéressant. J’ai vraiment hâte de lire le livre de Monique Jérôme Forget.

    Étant impliquée auprès des femmes de mon milieu, je suis préoccupée par la question conciliation travail famille. Les solutions ne sont pas toujours disponibles ni adéquates.

    Merci!

  2. Ginette Plante

    Madame Beauchamp,
    j’apprécie beaucoup votre opinion sur ce livre. Comme quoi, les femmes peuvent apprécier le travail des autre femmes. Cela me donne le goût de le lire.

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