Aller directement au contenu
Photographie de Catherine Lamontagne

Entrevue 5/5 avec Catherine Lamontagne

par 

Étudie en communication publique à l’Université Laval. Présentement collaboratrice à la Gazette des femmes, elle envisage de mener une carrière qui lui permettra d’assouvir son désir d’engagement dans divers enjeux sociaux.

Déterminée et fonceuse, Catherine Lamontagne s’investit autant dans son milieu professionnel que dans sa communauté. Des projets et des idées plein la tête, elle n’a pas fini d’étonner son entourage. Entretien avec une jeune maman engagée!

Fiche perso

Âge : 25 ans

Principale réalisation : Cofondatrice du Carrefour familial de Bromont, responsable du dossier de certification Municipalité amie des enfants et présidente du Comité consultatif de la famille de la Ville

Engagement : Elle s’implique depuis dans des causes sociales touchant notamment l’environnement, la famille et le développement durable.

Honneurs : Récipiendaire du prix Personnalité Montérégie-Est (concours Je prends ma place) et du prix Carrefour action municipale et famille (municipalité de moins de 10 000 habitants) pour le Carrefour familial.

Gazette des femmes : Quel parcours t’a menée à te démarquer dans ton domaine?

Catherine Lamontagne : Déjà au cégep, je m’impliquais dans le conseil des étudiants en sciences pures et dans le comité environnemental. À mon entrée en communication à l’Université de Sherbrooke, je me suis engagée dans la Société des débats universitaires. Quand j’ai déménagé à Bromont, ma belle-sœur, conseillère à la Ville, m’a invitée à m’investir au sein du Comité consultatif de la famille. Quelques mois plus tard, j’en suis devenue présidente! J’ai eu la chance de piloter le projet de certification Municipalité amie des enfants à Bromont, afin que la Ville développe un milieu de vie favorable aux enfants. J’ai aussi contribué, avec trois autres mamans, à la création du Carrefour familial de Bromont, à la suite d’une proposition que j’avais soumise au comité. Depuis , le Carrefour a déjà proposé des tonnes d’activités et de services pour toute la famille! Récemment, j’ai pris part à des consultations du comité municipal Vie sociale et communautaire, qui travaille sur un plan de développement durable pour Bromont. Outre mon engagement communautaire, je suis coordonnatrice communication-marketing chez Magex Technologies, qui développe et commercialise des logiciels Web dans le domaine de l’immobilier.

Quelle est la réalisation dont tu es le plus fière?

Avoir réussi à maintenir la motivation des troupes au sein du Comité consultatif de la famille. Je suis fière qu’on ait réussi à travailler en équipe. On va beaucoup plus loin de cette façon. Je crois qu’en structurant bien mes rencontres et en respectant les délais, j’ai fait en sorte que tout le monde se sente utile, même si certains n’étaient disponibles qu’une fois par mois. C’est en ayant des gens motivés autour de soi qu’on réussit à faire avancer les choses!

Quels sont tes projets d’avenir?

Je viens tout juste d’avoir un bébé; ça occupe la majeure partie de mon temps et ça demande encore quelques ajustements! Mais même si je suis en congé de maternité, j’aimerais continuer de m’impliquer dans le Carrefour familial et le Comité consultatif de la famille. Un projet municipal lié à la mobilité réduite m’intéresse aussi. L’accessibilité universelle est très importante, autant pour les personnes à mobilité réduite que pour les parents avec une poussette. J’aimerais que le comité rende davantage d’installations accessibles dans la ville.

En tant que jeune leader féminine, as-tu rencontré certaines difficultés?

Je crois que les gens tendent à te prendre moins au sérieux lorsque tu es une jeune femme. À la Ville, j’ai pu observer ce phénomène. J’ai été chanceuse puisque ma belle-sœur m’a présentée à beaucoup de gens. J’ai obtenu leur confiance plus rapidement. Et plus le temps passe, plus c’est facile. Je commence à me faire un nom, surtout depuis que j’ai gagné le prix Personnalité Montérégie-Est et que plusieurs projets ont été mis sur pied par le comité et le Carrefour familial.

Chez Magex, on m’a laissé beaucoup de place dès mon embauche. J’ai été amenée très rapidement à négocier avec des gens dans l’immobilier. Au début, mes interlocuteurs voulaient souvent parler directement à mes patrons. J’ai dû travailler très fort pour faire mes preuves. J’ai accompagné ma patronne à toutes les réunions et lors de toutes les négociations pour que les gens apprennent à me faire confiance. Je crois cependant que dans le domaine de l’immobilier, être jeune nous met des bâtons dans les roues, peu importe notre sexe.

Qu’est-ce que le féminisme, selon toi?

Le féminisme a permis aux droits des femmes de faire beaucoup de chemin, mais il y a encore du travail à faire. Par exemple, au travail, plusieurs hommes d’un certain âge m’ont fait des commentaires à propos de mon congé de maternité. Comme j’ai un an de congé et que j’ai arrêté de travailler trois semaines plus tôt que prévu, ils m’ont fait des remarques du genre : « Ouais… Tu vas être en congé longtemps! » Mais je ne veux pas généraliser; les gens ont été très respectueux dans l’ensemble.

Les générations X et Y ont été bien conscientisées concernant les droits des femmes. Dans ce contexte, le féminisme me semble dépassé. Les jeunes sont de plus en plus humanistes; ils désirent l’égalité pour tous. Les hommes autant que les femmes peuvent s’engager dans l’atteinte de l’égalité. C’est pourquoi, comme plusieurs personnes de ma génération, je préfère l’étiquette « humaniste » à celle de « féministe ». Tout le monde a ses forces et ses faiblesses et choisit la manière de les exploiter. Je déplore qu’on dise qu’une femme doit absolument travailler ou qu’on affirme qu’un homme ne peut pas rester à la maison et s’occuper des enfants. Une femme devrait être en mesure de faire ce dont elle a envie, sans crainte des préjugés ou des stéréotypes.

Qu'en pensez-vous?

5 Réactions

  1. Bouchard Diane

    Un article intéressant et j’étais heureuse de lire jusqu’à la fin mais la question que je me pose pourquoi dit-on que les femmes ont encore beaucoup de chemin à parcourir et on a si peur de mot féminisme
    J’ai 59 ans et j’ai toujours été humaniste mais je suis en plus une féministe et j’en suis très fière .
    J’ai été élevée avec une femme féministe qui n’a pas eu peur de ses gestes et de ses paroles et bonté que je suis fière de cette femme qui est décédée aujourd’hui mais qui me permets de toujours rester les pieds bien au sol ce qui me permets de me reconnecter aux humains.
    merci de me lire
    PS j’ai beaucoup travailler avec les jeunes femmes et je me dis qu’ensemble on fait de grandes choses

  2. France Laliberté

    Catherine, tu as un parcours très inspirant! Sortir de son cocon pour s’investir dans des projets qui nous motivent à faire une société meilleure! Pour ma part, je suis féministe car je crois qu’il existe, malgré la bonne volonté populaire, encore des inégalités entre les hommes et les femmes. Principalement par rapport aux rôles sociaux et considérant que la pauvreté et la violence a encore un sexe. Cependant, en tant que féministe, je ne juge pas les femmes ou les hommes qui travaillent à la maison en s’occupant de la famille. Tant que ce choix soit réfléchi et délibéré. Enfin, je sais que plusieurs personnes ont peur d’être étiquetées féministes, car c’est associé à plusieurs préjugés et que ça peut être lourd à porter sans avoir à toujours se justifier… Encore félicitation et ton implication fait chaud au coeur!

    France Laliberté

Inscription à l'infolettre