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Photographie de Mme Claudine Labelle

Entrevue 5/5 avec Claudine Labelle

par 

Étudie en communication publique à l’Université Laval. Présentement collaboratrice à la Gazette des femmes, elle envisage de mener une carrière qui lui permettra d’assouvir son désir d’engagement dans divers enjeux sociaux.

Depuis , FitSpirit se développe au pas de course. Fondatrice et présidente de l’organisme, Claudine Labelle a plongé tête première dans son projet et permet maintenant à des milliers de jeunes filles de foncer vers un mode de vie actif et sain. Cinq questions à une femme motivée et motivante!

Fiche perso

Âge : 30 ans

Principale réalisation : Fondatrice et présidente de l’organisme FitSpirit

Engagement : Elle s’engage auprès des jeunes filles âgées de 13 à 17 ans au Québec, en Ontario et bientôt dans le reste du Canada.

Honneurs : Nommée l’une des 100 femmes les plus influentes du Canada par le Women’s Executive Network en et en .

Gazette des femmes : Quel parcours t’a menée à te démarquer dans ton domaine?

Claudine Labelle : Je suis une ancienne athlète d’élite en vélo de route. En , je me suis fait frapper par une voiture. Les répercussions ont été très importantes et les médecins m’ont recommandé de ne plus travailler. Sauf que moi, je dois bouger tout le temps! Je suis donc retournée sur le marché du travail. J’ai rapidement grimpé les échelons d’une compagnie internationale, pour me rendre compte qu’aider une entreprise à faire des millions de dollars alors que tant de gens m’avaient aidée dans la vie, c’était plutôt bête. En , j’ai décidé de prendre du temps afin de pouvoir donner aux autres à mon tour. Le sport est alors devenu un véritable outil de développement. J’ai décidé de créer un organisme pour faire bouger les adolescentes, qui sont trois fois moins actives que les adolescents. J’ai réuni une équipe d’athlètes féminines olympiques pour donner des conférences dans les écoles. Dès la première année, 15 établissements scolaires nous ont accueillies; au mois de mai seulement, on a parlé devant plus de 5 000 élèves. En septembre, plus de 90 écoles étaient sur une liste d’attente! La deuxième année, on a visité 40 écoles et motivé plus de 18 000 filles. FitSpirit a rapidement pris de l’expansion.

Quelle est la réalisation dont tu es le plus fière?

Pour donner suite aux conférences, on a mis sur pied le FitClub. C’est un programme d’entraînement physique basé sur la course à pied. L’objectif est d’amener les jeunes filles de 13 à 17 ans à courir cinq kilomètres. Pour qu’elles s’y préparent, FitSpirit leur offre plusieurs ateliers et services ainsi qu’un plan d’entraînement solidement construit. À la fin du programme, les filles courent leur premier trajet de cinq kilomètres. C’est une course, mais ce n’est pas une compétition; c’est plutôt une réalisation personnelle. La première année du programme FitClub, en , 150 jeunes filles se sont inscrites. En , c’est 850 filles qui ont participé! Selon moi, la création de ce programme fait partie de nos plus belles réalisations. C’est lors de ces activités qu’on voit concrètement que l’organisme FitSpirit est une source de motivation et d’inspiration pour les jeunes filles.

Quels sont tes projets d’avenir?

L’an passé, on a mis sur pied la campagne Miss FitSpirit. Un gros succès! On a sélectionné cinq Miss FitSpirit à travers le Québec, provenant de milieux différents. Ce sont des filles extraordinaires, charismatiques et fonceuses qui sont devenues les héroïnes de capsules Web produites par mon équipe vidéo. Après avoir visionné les capsules, les gens pouvaient voter pour la jeune fille qui, selon eux, représentait le mieux le mode de vie sain et actif dont FitSpirit fait la promotion. Chacune des filles était responsable de sa propre campagne de promotion et devenait du même coup porte-parole de FitSpirit. La grande gagnante a reçu de nombreux prix, dont un cours de parachutisme avec Guillaume Lemay-Thivierge! En , on compte relancer le programme Miss FitSpirit, cette fois à l’échelle nationale. L’an prochain, on prévoit aussi élargir le champ d’action de l’organisme FitSpirit afin d’atteindre plus de provinces canadiennes.

En tant que jeune leader féminine, as-tu rencontré certaines difficultés?

Non, je n’ai pas eu tant de difficulté. Je travaille dans un milieu très féminin; beaucoup de femmes d’affaires me soutiennent et m’entourent. Je suis appuyée par un conseil d’administration très diversifié. Les hommes qui travaillent avec nous respectent énormément les femmes tout autant que le potentiel et l’impact qu’on peut avoir. Je crois qu’il est important de responsabiliser les deux sexes au problème de l’inactivité chez les jeunes filles et d’allier des hommes à notre équipe, même si l’organisme se concentre sur les adolescentes. Cependant, le fait que mon programme vise uniquement les filles a freiné quelques personnes, notamment certains commanditaires. Ils comprenaient mal pourquoi les garçons étaient exclus. Mais FitSpirit s’adresse aux filles exclusivement, et c’est avec cette idée que l’organisme va croître. J’apporterais toutefois volontiers mon soutien moral à quelqu’un qui voudrait développer un programme pour les garçons, par exemple pour contrer le décrochage scolaire.

Qu’est-ce que le féminisme, selon toi?

C’est donner des chances à parts égales. Par exemple, donner l’occasion à des jeunes filles d’essayer des choses moins traditionnelles. Quand on amène les filles faire du wakeboard ou du snowboard, on leur offre un environnement réservé pour qu’elles puissent essayer ces activités sans subir de pression. On élimine les barrières et, par la suite, lorsqu’elles se retrouvent dans un milieu de garçons, elles savent qu’elles ont le pouvoir de tout faire! À travers les différentes activités sportives organisées par FitSpirit, on tente de dire aux filles que l’important, c’est d’essayer. Même si on se casse un peu la gueule au début, au moins on rit, et surtout, on bouge!

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