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Même si elle vit « à l’envers du monde », elle rêve de contribuer a remettre le monde d’aplomb. Christine Marchildon a récemment été nommée membre du Conseil du statut de la femme.

« Quel que soit l’objectif que l’on poursuit, il faut nécessairement mettre l’épaule à la roue si l’on veut faire avancer les choses. Dans ce sens-là, je suis une personne très active et je prends facilement le leadership lorsque les circonstances me placent en face d’un défi… »

A 36 ans, Christine Marchildon est vice-présidente aux ressources humaines à la Banque Nationale du Canada. Mère de deux enfants, elle a pu concilier maternité et carrière grâce à un arrangement conjugal dont il nous a été donné d’entendre le témoignage lors de l’émission Actuel du 8 mars 1989 consacrée à l’évolution du féminisme. On a pu voir alors que Christine et son conjoint vivaient, en quelque sorte, « à l’envers du monde », comme elle le dit elle-même : monsieur devant la cuisinière et le lave-vaisselle, ou encore penché sur les devoirs des enfants; madame sur le chemin de la réussite professionnelle avec tout ce que cela comporte de réunions tardives, de voyages, de dossiers à éplucher.

Du support, s’il vous plaît

« Parce que je vis une situation familiale bien différente de celle de la majorité des femmes, je réalise à quel point il devient impératif d’instaurer tout un réseau de supports pour venir en aide aux Québécoises qui ont envie d’acquérir leur indépendance financière. Ça demeure important de continuer à faire des enfants et, une fois qu’ils sont là, ce sont généralement les femmes qui en assument la responsabilité quotidienne. Je suis à même de le constater tous les jours. Mes collègues se précipitent sur le téléphone dès qu’une réunion risque de se prolonger en dehors des heures de travail. Et je les comprends. Comment voulez-vous avoir la tranquillité d’esprit et consacrer des énergies à performer quand le moindre faux bond de la gardienne bouscule tout votre agenda? », constate Christine qui entend se pencher particulièrement sur les dossiers des garderies au cours de son mandat au Conseil du statut de la femme.

De l’énergie, Christine Marchildon en a à revendre. De la détermination aussi. Détentrice d’une maîtrise en psychologie industrielle, elle entre directement à la Direction des ressources humaines à la BN, « à une époque, reconnaît-elle, où les employeurs du privé et le gouvernement embauchaient à tour de bras. » On lui confie rapidement des responsabilités de gestionnaire et, de défis en réussites, elle accède au poste d’ombudsman pour le compte de l’entreprise, en 1983. Ce qui l’amène à se pencher sur la situation des directrices de succursales.

« Je me suis rendu compte, dit-elle, que la plupart de ces femmes vivaient une situation professionnelle qui ne ressemblait pas du tout à la mienne. Je suis arrivée en poste fortement scolarisée et, il faut bien le dire, j’ai profité de la mentalité du milieu bancaire où l’on voit d’un très bon œil la présence des femmes aux ressources humaines. Il est plus difficile pour les travailleuses de gravir les échelons dans les autres secteurs. » Christine travaille donc à la mise sur pied d’un comité chargé d’évaluer les besoins en la matière, de définir les objectifs à atteindre et les outils à inventer pour empêcher les directrices de succursales de plafonner. Une démarche qui va nécessairement provoquer un effet d’entraînement sur tout le personnel féminin de l’entreprise. Plusieurs employées bénéficient alors « non pas de privilèges, mais de moyens privilégiés », pour rejoindre le peloton des hommes et se mesurer avec eux à armes égales.

Bénéficiant elle-même d’un programme d’avancement accéléré, Christine Marchildon s’initie au domaine de la finance, de la gestion, du marketing et d’autres disciplines connexes. C’est donc en pleine possession de ses moyens qu’elle répond « oui, je le veux » lorsque, en septembre 1988, le conseil d’administration de la BN lui offre la vice-présidence des ressources humaines dont le poste vient d’être créé.

Elle répond également « présente » le jour où, par l’entremise de la Chambre de commerce du Québec, on lui propose de siéger au Conseil du statut de la femme. Elle y voit l’occasion d’approfondir une foule de dossiers qui font les manchettes, en y apportant une contribution qu’elle espère significative et enrichissante.

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