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La TPS aura l’avantage d’être visible, affirmaient ses défenseurs. Plus personne n’en doute. A l’épicerie, chez le coiffeur, au concert, au restaurant, la TPS est là. Sans toujours comprendre ce qu’elle est, sans connaître son impact réel, nous la payons.

La TPS est une taxe à la consommation. Elle remplace l’ancienne taxe de vente fédérale, généralement de 13, 5%, qui était intégrée à de nombreux prix. La TPS n’est que de 7% . Par contre, elle s’applique à plus de produits et à des services qui n’étaient pas taxés auparavant. Toutefois, les produits et services essentiels sont exemptés.

En principe, la TPS est une taxe plus équitable. Elle frappe davantage celles et ceux qui ont les moyens de consommer. Les contribuables à revenus modestes reçoivent une compensation sous forme de crédits. Le montant alloué dépend de la taille de la famille et de son revenu. Le crédit de base individuel est de 190 $ par année. La plupart des personnes seules ont droit à un crédit additionnel de 100 $. Pour les familles, le crédit est de 190 $ par adulte et de 100 $ par enfant. Les familles monoparentales reçoivent 190 $ pour le premier enfant et ont droit au crédit additionnel de 100 $, ce qui les place sur le même pied que les familles biparentales. Ce crédit annuel est habituellement versé en deux ou quatre tranches selon qu’il est inférieur ou non à 190 $. Si vous n’avez encore rien reçu et que vous êtes admissible, faites-en la demande à votre bureau de district de Revenu Canada-Impôt ou réclamez-le dans votre prochaine déclaration de revenus au gouvernement fédéral.

Plusieurs jugent ces crédits insuffisants. Il faut se rappeler que leur unique objectif est de rembourser la TPS payée. On peut penser qu’une famille dont le revenu net est d’environ 20 000 $ n’achètera pas pour plus de 8285 $ de produits et services taxables compte tenu des exemptions liées aux produits et services essentiels. Un crédit de 580 $ (7% de 8285 $) apparaît donc raisonnable dans l’immédiat. Cependant, le gouvernement fédéral ne s’engage à indexer ces crédits que pour la portion de l’inflation qui dépasse 3% . La valeur réelle de ces crédits diminuera donc à chaque année.

La taxe dans votre assiette

Selon les résultats d’un sondage Léger et Léger effectué en février dernier, les consommateurs et davantage les consommatrices éprouvent de la difficulté à identifier les produits et services soumis à la TPS. Les secteurs de consommation courante où les femmes sont très présentes sont remplis d’incohérences ou frappés de hausses spectaculaires. A force de multiplier les exceptions et les critères qui les justifient, le gouvernement a créé une situation complexe dans laquelle il est difficile de se retrouver. Ainsi, dans le domaine de l’alimentation, une règle générale simple-seuls les aliments de base sont épargnés-donne lieu dans son application à une véritable gymnastique mentale. Les produits de pâtisserie sont considérés comme un luxe et sont taxés mais pas le… caviar. Si vous achetez un beigne, vous payez la taxe, si vous en achetez une douzaine, vous l’évitez. Le prêt-à-manger-salades, sandwiches, poulets rôtis, etc. est taxable; les pizzas non cuites et dîners congelés ne le sont pas sous prétexte qu’ils ne peuvent être consommés sur le champ. Les repas au restaurant, les aliments vendus dans les machines distributrices sont soumis à la TPS; les repas pris à l’école non. En fait, le ministre des Finances a pour principe que les sucreries, les collations, les casse-croûte et les repas pris à l’extérieur sont un luxe taxable. Consolons-nous en pensant que la TPS aura peut-être un impact positif sur notre santé!

La TPS est là pour rester. Autant s’y faire. Ce n’est pas une raison pour ne pas comprendre ou pour se taire. N’hésitez pas à composer les numéros de téléphone sans frais mis à la disposition des consommatrices et des consommateurs par le gouvernement fédéral. Après tout, il est responsable de la confusion.

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