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Claire Sylvain préfère avancer un peu à la fois plutôt que de faire du sur-place en rêvant du meilleur des mondes.

« Ancienne grande sportive », celle qui a remporté deux championnats canadiens comme capitaine de l’équipe québécoise de ballon sur glace, testé son souffle à la balle molle, mis son endurance à l’épreuve au water-polo, aime le jeu, le défi. « Je veux que ça bouge » confie Claire Sylvain, en ce début de mandat comme membre du Conseil du statut de la femme.

Claire Sylvain est taillée pour l’action. Mais à regarder ses gestes calmes, à entendre le rythme posé de ses paroles, un seul mot vous traverse l’esprit : équilibre. Entre le noir et le blanc, elle recherchera toujours la bonne intensité de gris. « J’ai viscéralement besoin de comprendre : avant de trancher, j’aime connaître le pourquoi des choses » , explique-t-elle. Les jugements à l’emporte-pièce, très peu merci. Ce qu’elle supporte le plus difficilement dans la vie? L’intolérance, qu’elle soit politique, sociale ou individuelle.

Conciliation travail-famille

Claire Sylvain croit dur comme fer au respect des individus, mais pour elle, toutes les femmes n’y ont pas encore droit. Particulièrement comme travailleuses. Cette fille de la mesure est préoccupée au plus haut point par l’accès à l’égalité, par la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale. Le CSF constitue un solide véhicule pour faire valoir ses convictions féministes. « Le Conseil bénéficie d’une grande crédibilité car dans chaque dossier, il sait tenir compte de l’avis de tous les groupes intéressés et de la faisabilité des propositions. » Cela lui plaît : elle préfère avancer un peu à la fois plutôt que de faire du sur-place en rêvant du meilleur des mondes.

Conscientiser en douce

Boulimique d’actualités, fonceuse décidée, cette bachelière en éducation préscolaire a toujours ressenti le désir de voir large. Claire Sylvain est née dans le Bas-du-Fleuve… d’où peut-être ce constant besoin d’horizons sans limite. Sa carrière se déroule en cercles concentriques. D’abord auxiliaire de recherche puis d’enseignement à l’Université du Québec à Rimouski, elle devient ensuite coordonnatrice de garderie. Pour défendre mieux encore ses convictions, elle devient présidente du Regroupement des garderies sans but lucratif de la région du Bas-Saint-Laurent et membre de l’exécutif du Regroupement provincial.

En 1988, Monique Gagnon-Tremblay, alors ministre de la Condition féminine, cherche une attachée politique pour travailler à l’élaboration de la politique des services de garde. Claire Sylvain ne fait ni une ni deux, prend le téléphone et offre son savoir-faire… qu’on accepte volontiers. Une période passionnante, exigeante, intense. Elle apprend au quart de tour. Travailleuse acharnée? Suffit de lire un peu entre les lignes pour voir que le danger guette, surtout lorsqu’elle vous dit qu’à tous les endroits où elle a travaillé, le personnel d’entretien la connaissait très bien : vous savez, celui qui s’active dans les bureaux, tard le soir… Mais elle ne veut plus se laisser envahir, assure-t-elle. Ses amis, sa famille, sa maison d’été à Sainte-Luce-sur-mer où elle déjeune sur sa galerie et voit à son jardin… Il y a une vie hors du travail et Claire Sylvain ne veut surtout pas passer à côté. Ce qui ne l’a toutefois pas empêchée d’ajouter le rôle de représentante syndicale à sa tâche de professeure en techniques d’éducation en services de garde au cégep de Rivière-du-Loup.

Enseigner lui permet d’être en contact avec une génération de filles qui lui semble avoir un peu trop tendance à tenir pour acquises les fragiles victoires des aînées. Elle compte bien faire en sorte que le CSF soit vigilant à cet égard. A 33 ans, la plus jeune membre du Conseil a la force tranquille, le féminisme persuasif. Elle sait glisser à ses étudiantes, au fil des cours quelques réflexions choisies sur les nouvelles orientations professionnelles, l’autonomie, la recherche d’égalité dans la vie à deux… Elle conscientisera, en douce. Là comme ailleurs, au travail comme dans la vie, Claire Sylvain ne lâche pas prise facilement.

Dans cinq ans? Dans dix ans? Elle ne veut surtout pas savoir où elle sera. Très proche de l’action, c’est certain. Cette « ancienne » sportive sera toujours une coureuse de fond. Dans l’âme.

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