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En politique, dans ce monde d’hommes où il faut travailler « deux fois plus fort qu’eux », Claire Vaive a trouvé un milieu pour réaliser son goût d’action et son besoin d’être avec le public.

« Quand je suis arrivée au Conseil du statut de la femme, j’ai été un peu effrayée : je ne connaissais pas tous les dossiers et je venais de recevoir chez moi une pleine boîte de gros documents d’information. Je me demandais si je pourrais tout lire. Je trouve ça drôlement intéressant aujourd’hui, nous touchons à toutes les sphères d’activités où les femmes sont présentes. » Claire Vaive, membre du CSF, se définit volontiers comme une femme curieuse, attirée par les défis : « J’en ai toujours eus, j’en aurai toujours. » Sa curiosité l’amène à aller voir plus loin, pourvu qu’il y ait de l’action, que les choses bougent. « Ça me fatigue de travailler avec des gens qui n’avancent pas. Avec mes étudiantes et étudiants, c’est la même chose, je les accapare, je veux que tout le monde réussisse. »

Enseignante en commerce et secrétariat depuis vingt-huit ans, Claire Vaive est aussi conseillère municipale à la Ville de Gatineau depuis 1983. Elle siège au comité exécutif de la Communauté urbaine de l’Outaouais, est présidente du Festival de montgolfières de Gatineau, membre du comité exécutif du Parti libéral du comté de Chapleau et de plusieurs organismes socio-économiques. Elle a réussi à dénicher un terrain pour installer à Gatineau la première garderie à but non lucratif, elle a apporté sa contribution à deux maisons d’hébergement pour femmes violentées, en plus de participer à l’implantation de la ligne « 911 ».

« J’ai une bonne santé, j’aime travailler avec le public. Je suis Poisson, j’aime donner mais pas recevoir. Quand je peux rendre les gens heureux, je le suis aussi. Si je n’aime pas quelque chose, je ne le fais pas! » Il est vrai que les activités d’une politicienne sont très visibles, mais Claire Vaive connaît d’autres femmes bénévoles aussi actives qu’elle. Elle en côtoie à l’hôpital où l’un de ses deux fils est immobilisé depuis sept ans dans un état végétatif, « une erreur médicale que je n’ai jamais pu accepter ».

L’action politique

Lorsqu’elle s’est mariée, Claire Vaive a dû quitter son travail. La compagnie d’assurances qui l’employait, pas plus que son mari d’ailleurs, n’acceptait qu’une femme mariée travaille à l’extérieur de la maison. A son arrivée en politique municipale, quelque vingt ans plus tard, elle se rappelle que sa présence « ne faisait pas plaisir à messieurs les machos. Je venais déranger leurs plans. Ils ont voulu me confier des dossiers comme la brigade scolaire. Je leur ai dit que je n’étais pas venue ici pour poursuivre mon travail d’enseignante. » Néanmoins, elle aime travailler avec les hommes en politique, là où le Code Morin (procédure d’assemblée) est roi et où les décisions se prennent rapidement.

En matière de condition féminine, la violence à l’égard des femmes est sa plus grande déception actuellement. Elle admire le courage des femmes autochtones du Canada et des États-Unis qu’elle a vues manifester à Ottawa pour briser le silence et dénoncer l’autorité et la violence des hommes autochtones. Elle estime qu’il reste encore un bon bout de chemin à faire, principalement en politique où la représentativité des femmes est très faible. Mais dans ce monde d’hommes, où il faut travailler « deux fois plus fort qu’eux », Claire Vaive a trouvé un milieu pour concrétiser son goût de l’action et son besoin d’être avec le public, un « héritage » de ses parents commerçants, dit-elle.

Cette femme se sent si bien dans l’action qu’elle a demandé, lors de la Semaine de la police, d’accompagner deux policiers de Gatineau dans leur patrouille de nuit, un jeudi soir hot. Emballée autant que terrifiée («j’en ai vu de toutes les couleurs»), elle propose aux femmes de policiers de vivre la même expérience afin de mieux comprendre le travail et le stress énorme de leur conjoint.

Juillet, c’est sacré

Claire Vaive travaille onze mois par année, occupe deux emplois à temps plein : elle a besoin de tout un mois pour se ressourcer. En juillet, ne la cherchez pas ailleurs qu’à son chalet. « J’ai mon bateau, mon moteur. Ç’a l’air drôle pour une femme toute seule, mais j’aime ça, j’arrange mon poisson, je le mets en filet. » La pêche est la seule activité, avec le golf et le ski dans une moindre mesure, qui lui fait ralentir le rythme effréné de son agenda. « Pour le moment, je n’ai pas de vie personnelle, je vis pour tout le monde. Je sais qu’un jour je vais devoir penser à moi. Je crois que l’âge va me faire ralentir à un moment donné, mais je n’en suis pas là maintenant. » Après le municipal et le régional, le provincial est sans doute un échelon politique où sa curiosité et son goût de l’action la conduiront.

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