Aller directement au contenu

Perçue comme le lot de l’homme d’âge mûr surmené par le travail et les responsabilités, la crise cardiaque semblait épargner les femmes. Mais aujourd’hui, médecins et chercheurs constatent que les maladies cardio-vasculaires des femmes ne sont pas calquées sur les malaises des hommes, mais présentent des manifestations, des causes et des symptômes qui leur sont propres.

S’il est vrai que les femmes bénéficient d’une certaine protection contre les maladies cardio-vasculaires, cela s’arrête à la ménopause. Grâce à l’effet favorable de l’œstrogène, elles jouissent d’un répit au-delà duquel elles sont aussi exposées que les hommes. Néanmoins, les maladies cardiaques font des ravages : avec 40% des décès, elles sont la première cause de mortalité des femmes canadiennes dépassant tous les cancers gynécologiques réunis.

De plus, à la suite d’un infarctus, le pronostic est mauvais pour la gent féminine. Le taux de survie des femmes est plus faible que celui des hommes; celles-ci sont plus exposées aux récidives et elles résistent moins bien à la chirurgie cardiaque. Seul aspect positif à ce tableau noir : les femmes sont moins susceptibles de décéder subitement.

Risques au féminin

« Les femmes sont plus affectées par la cigarette, le diabète et l’hypertension, explique Ann Walling, cardiologue à l’hôpital Général Juif de Montréal, et leur profil de lipides sanguins n’est pas influencé par les mêmes facteurs que chez les hommes. »

Le tabac est responsable de 65% des infarctus chez les femmes de moins de 50 ans. Il n’y a pas de seuil inoffensif avec la cigarette : fumer entre une et quatre cigarettes par jour double les risques et en fumer plus de 35 les décuple. L’usage du tabac a un effet néfaste sur le sang, faisant baisser le taux de bon cholestérol et favorisant la formation de caillots. De plus, la cigarette avance l’âge de la ménopause.

Au Québec, jusqu’à l’âge de 65 ans, les femmes sont plus nombreuses à fumer que les hommes. Les adolescentes adoptent promptement cette habitude qui, combinée à la prise d’anovulants, est particulièrement nocive pour le cœur.

Le diabète joue également un rôle particulier dans le développement des maladies cardiaques chez les femmes. Non seulement les expose-t-il davantage à l’infarctus, mais après la crise, il augmente les probabilités de récurrences, de complications et de décès. De plus, le diabète décuple l’action des autres facteurs aggravants combinés : l’hypertension, le tabagisme et un haut taux de cholestérol.

Par ailleurs, après la ménopause, 38% des femmes sont affectées par l’hypertension alors que cette dernière ne touche que 21% des hommes. Une tension artérielle trop élevée fatigue le cœur et accélère le développement de l’athérosclérose. On attribue à cette affection le tiers des décès cardio-vasculaires dans la population féminine.

Cholestérol et ménopause

Jusqu’à la ménopause, les femmes bénéficient d’un profil de lipides qui leur est favorable. Elles ont un taux de mauvais cholestérol ( LDL ) inférieur à celui des hommes et un taux de bon cholestérol ( HDL ) supérieur. Après la ménopause, ces taux changent considérablement et le LDL des femmes augmente beaucoup plus rapidement que celui des hommes. Ce changement est consécutif à l’arrêt de la production d’œstrogène par les ovaires. C’est pourquoi certains médecins recommandent à leurs patientes de prendre des hormones pour prévenir les maladies cardiaques. Une étude clinique récente a démontré qu’effectivement, les femmes qui ont pris de l’œstrogène ont vu leur risque de développer une maladie coronarienne majeure diminuer de 50% . Mais Ann Walling, qui s’intéresse de très près à cette maladie chez les femmes, souligne qu’ils données importantes pour pouvoir se fier à ces résultats spectaculaires. « On ne dispose d’aucune information sur le type et le dosage d’œstrogène pris par ces femmes, remarque-t-elle, et rien non plus sur les effets néfastes, comme le cancer de l’endomètre, qui ont dû survenir dans ce groupe. »

« A cause des risques associés à ce traitement, la décision de prendre des œstrogènes pour prévenir les maladies cardiaques doit se faire sur une base individuelle, ajoute-t-elle. Il faut alors tenir compte des contre-indications et faire vérifier son profil de lipides au début du traitement et trois mois plus tard. » De plus, comme l’œstrogène se prend maintenant combiné avec de la progestérone, son efficacité diminue singulièrement, car la progestérone a exactement l’effet inverse sur les lipides. D’ici à ce que les études en cours permettent d’en savoir plus, il est préférable de n’avoir recours à ce traitement que sous étroite surveillance médicale.

Pour un cœur en forme

Avec l’âge, les femmes sont de plus en plus exposées aux maladies cardiaques surtout lorsque l’hérédité ou certaines conditions de santé défavorables les y prédisposent. Mais en améliorant ses habitudes de vie, on peut garder son cœur en forme.

Adopter une saine alimentation

Après la « cholestérophobie » des dernières années, les conseils concernant l’alimentation sont beaucoup plus nuancés et parfois même contradictoires. Toutefois, certaines règles de base demeurent valables : limiter les fritures et la consommation de viandes et de poissons gras, manger des fruits et des légumes frais et choisir du pain entier et des céréales entières plutôt que des produits raffinés.

Contrôler hypertension et diabète

Si cela est possible, il est préférable de contrôler sa pression artérielle et son glucose sanguin en réduisant sa consommation de sel, de sucre, de café et d’alcool plutôt qu’en prenant des médicaments qui ont toujours des effets secondaires à long terme.

Diminuer le stress

Un rythme de vie accéléré, un travail exigeant et surtout la répression de ses émotions, la colère par exemple, imposent un stress néfaste au cœur. Un médecin américain a prouvé qu’en faisant des exercices quotidiens de contrôle du stress et en s’ouvrant à ses émotions, on diminue considérablement son taux de cholestérol

Faire de l’exercice

Les femmes ont tendance à négliger cet aspect dans leur vie, alors qu’il est important à tous points de vue. L’exercice réduit le stress, diminue le taux de cholestérol et fait baisser la pression sanguine.

Continuer à travailler

Quoiqu’on en dise, aucune étude ne prouve que le travail augmente les risques de maladies cardio-vasculaires chez les femmes. Au contraire, si elles tirent satisfaction de ce qu’elles font, cela ne peut qu’être bénéfique. Par contre, un emploi qui comporte beaucoup de responsabilités et laisse peu de place à l’initiative et à la prise de décisions, ce qui est souvent le cas dans les emplois traditionnellement féminins, est plus stressant et plus dommageable pour le cœur.

En fait, tout ce qui est susceptible d’améliorer la qualité de vie s’avère bénéfique pour le cœur.

Les maux du cœur

Pour bien fonctionner, le cœur a besoin d’oxygène et d’éléments nutritifs qui lui sont fournis par le sang. A cette fin, il possède son propre réseau artériel, les artères coronaires, qui assure son irrigation.

L’athérosclérose survient lorsque du cholestérol adhère aux parois des veines, diminuant ou bloquant la circulation sanguine. Si l’athérosclérose s’est formée dans les artères coronaires, cela risque de provoquer de l’angine de poitrine qui se manifeste par un malaise ou une douleur dans la poitrine. L’angine n’occasionne pas de dommages irréversibles au cœur. L’infarctus du myocarde (ou crise cardiaque) survient lorsque la circulation est complètement bloquée pendant plus de trente minutes. A la suite de cet accident, la plupart du temps douloureux, la partie du cœur qui aura été privée de sang ne sera plus fonctionnelle.

Qu'en pensez-vous?

Aucune réaction

Inscription à l'infolettre