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Insémination artificielle, fécondation in vitro, mères porteuses, diagnostic prénatal… Le sujet est complexe et, à certains égards, controversé. Les médias font état des grandes premières et des batailles juridiques-pensons à « Baby M » aux États-Unis-, mais le public ne s’y retrouve pas toujours. « Les gens lisent les titres des journaux, mais ne font pas tous la différence entre les diverses techniques, observe Sylvie Brunelle, chargée de projet. Le musée propose une exposition informative pour permettre au public de mieux saisir les enjeux, mais ne prend pas position. Ce n’est pas son rôle. »

Une fois qu’il aura pris connaissance de l’information scientifique et technique, le public visiteur est invité à s’attarder un peu dans de petites « chambres de réflexion » dont les dimensions plus intimistes prédisposent au questionnement. « On y traite des enjeux plus chauds », note Sylvie Brunelle. Ainsi, après avoir exposé en quoi consiste l’insémination artificielle on aborde les questions de l’anonymat du donneur, du droit de l’enfant de connaître ses origines et de la filiation modifiée. Pour la fécondation in vitro, on se penche sur le délicat problème des embryons surnuméraires. Avec le cas des mères porteuses, c’est la notion de la commercialisation qui émerge. Finalement, avec le perfectionnement des méthodes de diagnostic prénatal se pose de plus en plus la question du « droit à l’enfant sur mesure ».

« Même si l’insémination artificielle est une technique relativement simple, observe Sylvie Brunelle, nous avons réalisé que ça ne se vivait pas nécessairement de façon simple sur le plan humain. Pour l’illustrer, nous proposons des témoignages de couples qui vivent l’expérience. La femme explique combien elle aurait aimé faire un enfant avec son mari. Son conjoint confie, pour sa part, (lue la nouvelle de son infertilité a chambardé bien des choses, qu’il a beaucoup de mal à accepter le donneur et qu’il aimerait que l’enfant lui ressemble un peu. »

Plus loin, le public est témoin d’un échange verbal qui pourrait vraisemblablement avoir lieu dans la salle-d’attente d’une clinique de fertilité. Une femme explique qu’elle est prête à recourir à la fécondation in vitro plusieurs fois si nécessaire, tandis qu’un couple préfère se tourner vers l’adoption si sa première tentative échoue.

« Nous voulons soulever certains aspects qui préoccupent tant les philosophes, les avocats, les sociologues que les parents et les gens en général afin que chacune et chacun se sentent concernés, souligne Sylvie Brunelle. Il faut se demander ce que notre société est en train de privilégier et voir plus globalement quelles sont les autres solutions qui s’offrent : l’adoption, par exemple, la famille d’accueil ou le fait de vivre sans enfants. »

Un comité consultatif a permis de rassembler une multitude de points de vue en cours de préparation de l’exposition. L’avocate Edith Deleury, la directrice du Laboratoire de fécondation in vitro du Centre hospitalier de l’Université Laval, Michèle Boulanger, la sociologue Louise Vandelac, un membre de l’Association pour la fertilité, Claude Poirier, et le biologiste Raymond Lambert y siégaient notamment.

Des visites guidées très « ciblées » avec périodes d’échanges et des brochures distribuées aux participantes et aux participants permettront de pousser plus loin la démarche. Pour les clientèles scolaires, entre autres, on entend mettre l’accent sur la prévention des maladies transmises sexuellement qui sont responsables de certains cas d’infertilité. Au cours des deux premières semaines de novembre, des débats, des projections de films et des conférences s’inscriront également dans la perspective de sensibilisation. « Le développement de nouvelles technologies de reproduction va plus vite que la réflexion sur le sujet, commente Michelle Pérusse, du Service des activités culturelles. Il faut interroger notre notion de progrès. »

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