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Et elle chantera

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A dirigé la section Livres du journal Voir de 1994 à 2003, complété une maîtrise en littérature française à l’université McGill et tenu des chroniques culturelles à la Première Chaîne de Radio-Canada. Elle collabore au Club de lecture de Bazzo.tv. sur les ondes de Télé-Québec depuis 2007 ainsi qu’à plusieurs publications québécoises, elle a signé trois essais : Interdit aux femmes (avec Nathalie Collard, 1996), Pour en finir avec la modestie féminine (2003) et Les femmes en politique changent-elles le monde? (2010). Enfin, elle est lauréate 2007 du Prix Femme de Mérite, catégorie communications, du YWCA.

Auteure-compositrice, Sylvie Tremblay a créé une soixantaine de chansons, interprété de temps en temps celles des autres, tout en se payant quelques détours du côté du théâtre musical pour jouer Carmen ou Gala.

Son parcours professionnel est un peu particulier. Sa voix puissante au registre étendu vient rappeler qu’elle aurait pu tenter sa chance du côté de l’opéra. Ni « superstar » ni totalement « underground », Sylvie Tremblay a trois albums à son actif, dont Et tu chanteras, lancé l’automne dernier.

Six ans séparent ce nouveau disque du précédent, Parfum d’orage. La chanteuse aurait aimé que cet entracte soit plus court, mais elle a dû surmonter certains obstacles. Malgré les années de métier et les succès passés, rien n’est jamais acquis. « Dans ce métier, constate-t-elle, un jour on vous porte aux nues et l’instant d’après, on refuse de prendre un risque financier pour produire votre spectacle. »

Entre temps, elle a joué au théâtre et dans des téléfilms, signé quelques trames sonores de films et de vidéos, participé à plusieurs spectacles et en a conçu deux. « J’ai toujours fait plusieurs choses en même temps, observe-t-elle. C’est une forme de curiosité qui est, à mon avis, une qualité. J’aime le théâtre et le cinéma, je souhaite en refaire. Mais ma compétence première demeure le chant. »

Il y a presque trois ans, un petit spectacle est né du désir de travailler avec un pianiste et d’interpréter des textes du répertoire. Donné une première fois en Gaspésie, Caprices et classiques a connu un tel succès qu’il s’est promené, depuis, aux quatre coins du Québec. Sylvie Tremblay y interprète aussi bien des chansons de Gilles Vigneault et de Daniel Lavoie que des extraits de Carmen de Bizet ou du Mariage de Figaro de Mozart. Une mise en scène dynamique, quelques accessoires et éléments de décors bien choisis complètent le tout.

Parallèlement à la préparation de son nouvel album et à la tournée de Caprices et classiques, un autre spectacle voit le jour. L’écrivaine Hélène Pedneault devait présenter une lecture de ses textes. Sylvie Tremblay avait aussi été invitée à interpréter ses propres chansons et celles qu’Hélène Pedneault, une amie et collaboratrice occasionnelle, avait écrites pour elle. Viens on va se faciliter la vie, spectacle à mi-chemin entre la littérature et la chanson les réunit sur scène. « C’est un spectacle qui comporte à la fois beaucoup de sérieux et d’humour, beaucoup de poésie, aussi, commente-t-elle. Nous ne comptions pas en faire une production qui tournerait, mais elle a fait boule de neige. Hélène est très drôle, ce que plusieurs ignorent. »

A l’automne, au moment de la sortie du disque Et tu chanteras, les Éditions Trois, dirigées par Anne-Marie Alonzo, publiaient un recueil de chansons de Sylvie Tremblay. Un fil de lumière regroupe une trentaine de titres écrits entre la fin des années 70 et le début des années 90. « Ce qui me touche, comme disait Anne Sylvestre, ce sont les gens qui doutent. C’est la souffrance, c’est l’amour dans son côté magnifique et dans ses ruptures. Ce sont ces humains que nous sommes avec nos forces et nos faiblesses. Je me demande parfois comment il se fait que, dans ce chaos-là, on tienne encore debout et combien de temps ça va durer. »

Au cours des années, elle a écrit plus de 60 chansons, dont environ 40 ont été enregistrées. « Je composé généralement la musique et les paroles en parallèle. C’est l’émotion qui me guide. » Sylvie Tremblay raconte avoir toujours écrit. « J’ai de merveilleux textes écrits à 12 ans sur de grands problèmes existentiels, sur la morosité de la vie ou la recherche du bonheur, lance-t-elle en riant. Au fond, les thèmes restent les mêmes, c’est la forme qui change. Ça m’a pris douze ans avant de reconnaître que j’avais un style et que je continuerais à écrire. »

L’auteure-compositrice jette ses mots sur le papier comme un artiste visuel esquisse l’œuvre à venir. « J’écris par taches, par couleurs, par impressions, explique-t-elle. Par envie et par besoin de dire. Et après, je cisèle les phrases. Une fois la chanson écrite, je me dis parfois : Merci mon Dieu, j’ai réussi à y exprimer ce que j’ai ressenti ce matin. Et lorsque je la chanterai en spectacle, peut-être que je toucherai des gens qui ont la possibilité de faire changer les choses. Si l’artiste a un pouvoir, c’est probablement celui-là. »

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