Aller directement au contenu

Saviez-vous qu’environ 75% des personnes qui se trouvent un emploi l’ont déniché grâce à leur réseau de contacts? De plus en plus de femmes sont convaincues de l’importance de travailler en réseau et en tirent profit.

Travailler en réseau, « faire du networking », c’est construire un pont entre des besoins et des ressources en utilisant les énergies en place. C’est savoir organiser et mettre à profit des liens que vous avez avec des gens de différents secteurs d’activité. Un réseau peut être aussi organisé qu’une association professionnelle ou beaucoup moins formel. Dans tous les cas, il vous permet d’avoir accès à de l’information, des services, des références, des conseils et du soutien moral. Vous cherchez une bonne secrétaire, un camp musical pour votre petit dernier l’été prochain, vous désirez trouver de nouveaux clients ou une adresse pour des meubles de bureau usagés? Un bon réseau pourrait certainement vous y aider. « Le plus beau dans un réseau, s’exclame Louise Beaudoin, vice-présidente au développement des marchés chez Raymond Chabot International, ce sont les appuis et l’entraide qu’on y trouve. Dans un de mes réseau, on est quinze femmes et on soupe ensemble tous les deux mois. Clémence (Desrochers) a écrit notre hymne; c’est Édith (Butler) qui le chante à chaque rencontre et Denise (Bombardier) qui anime nos discussions. Ai-je besoin de vous dire qu’on ne s’ennuie pas? »

Chacune peut apporter beaucoup à un réseau : ses connaissances en traitement de texte, le nom de son imprimeur qui fait des merveilles, son leadership, sa générosité, son humour. Dans un réseau, deux plus deux égale trois cent vingt, puisqu’on évalue à quatre-vingts le nombre de personnes que peut rejoindre chaque membre d’un réseau. Et chacune de ces personnes peut communiquer avec quatre-vingts autres…

En réseau, les échanges sont horizontaux et les rapports égalitaires; pas de hiérarchie. Il y a rarement des critères d’adhésion, mais plutôt des balises souples qui sont liées à un intérêt commun. « Mieux vaut dépasser le côté strictement professionnel et se rejoindre comme humains, explique Nicole Beaudoin, autrefois vice-présidente aux finances chez via Rail et aujourd’hui présidente de sa propre entreprise. Voilà ce qui rend les réseaux intéressants » .

Pour bien travailler en réseau, les femmes doivent tirer un trait sur certains réflexes culturels qui leur sont propres, comme « on ne dérange pas les gens avec nos besoins ». Au contraire, les gens se sentent alors appréciés et sont heureux de partager leur expérience. Il suffit d’apprivoiser l’idée qu’il est intelligent de demander conseil et qu’il ne s’agit pas d’un signe de faiblesse. Le networking fera des merveilles dans votre vie. Prête? On y va.

Faire le point sur ses réseaux

Vous avez au moins trois réseaux actifs dans votre vie, même si vous ne le savez pas encore : celui du travail (collègues, fournisseurs, clients, patrons, etc. ), le réseau communautaire (clubs sociaux, comité d’école, cours d’aquarelle, etc. ) et le réseau personnel (famille, amis intimes et groupes de soutien).

Faites le bilan de votre réseau en inscrivant sur trois colonnes chaque personne que vous connaissez dans ces trois champs. Si une personne chevauche plusieurs réseaux, inscrivez-là dans chaque réseau. Au besoin, créez une nouvelle catégorie. L’idée, c’est d’inscrire noir sur blanc toutes les composantes de votre réseau à vous.

Poursuivez l’exercice en inscrivant la fréquence des contacts que vous avez avec chaque personne, son apport dans votre vie. Votre réseau vous facilite-t-il la tâche au travail? Qu’est-ce qui manque à votre réseau actuel à votre avis? Vos contacts sont-ils assez diversifiés? Donna Reed, auteure de « Empower… through networking », suggère de faire partie d’au moins une association professionnelle nationale ou internationale et d’une autre, locale. Elle recommande de s’engager dans un groupe qui soit complètement différent de ses intérêts professionnels. Sport, ornithologie ou cactus rares : élargissez vos horizons humains et votre vie sera d’autant plus intéressante! Même chose pour le réseau d’action communautaire : comité d’école, bénévolat, parti politique, etc.

Hermance Ayotte, présidente de la Clinique de médecine industrielle du Québec, est un parfait exemple de l’intérêt qu’il y a à diversifier ses réseaux. « Un jour, mon chum m’a lâchée et je m’ennuyais terriblement le soir. J’ai commencé à faire du bénévolat pour le Téléthon des Étoiles et j’ai rencontré plein de monde intéressant. Alors, j’ai ajouté d’autres activités bénévoles à mon agenda. C’est grâce à plusieurs de ces contacts-là que je me suis lancée en affaires ».

Vous pourrez probablement dresser la liste de centaines de groupes professionnels ou communautaires rien qu’en ouvrant votre bottin téléphonique. Choisissez-les soigneusement : ne joignez pas une association qui exige des rencontres hebdomadaires si votre emploi du temps ne vous le permet pas ou s’il y a des cotisations que vous ne pouvez pas payer. Si vous décidez de les quitter dans deux ans, préservez ces liens d’amitié : ils sont très importants. Et si vous ne trouvez pas de réseaux existants qui répondent à vos besoins… créez-en un!

Un plan d’action

Établir clairement ses buts et ses priorités est toujours utile dans la vie en général, mais devient essentiel lorsqu’il s’agit d’utiliser un réseau de façon efficace. Vous voulez retourner aux études? Vous lancer en affaires? Réorienter votre carrière? Établissez un plan d’action et révisez-le souvent. Déterminez un échéancier précis et voyez de quelle façon vos réseaux peuvent vous aider à atteindre vos objectifs.

Par exemple, d’ici le mois de juin, vous aurez fait venir la programmation des cours offerts au cégep et, en août, vous aurez réalisé les démarches pour vous inscrire à un cours. Le lunch mensuel d’une association bénévole de votre région serait peut-être une bonne occasion pour créer les liens qui enrichiront votre réseau? Votre ancienne prof de sociologie serait peut-être une personne à qui demander conseil pour la réorientation de votre carrière? Inscrivez tout cela noir sur blanc.

La bonne gestion d’un réseau demande qu’on y consacre du temps et de l’énergie. « Si j’avais un conseil à donner, ajoute Mme Ayotte, ce serait de surmonter ses peurs. Il y a dix ans, je ne pouvais même pas dire mon nom en public. Tous ces contacts chaleureux m’ont permis de me dépasser… et de dépasser mes peurs » . Chaque mois prévoyez d’assister à un certain nombre de réunions ou de rencontres selon votre disponibilité. Ne sous-estimez pas la quantité de renseignements que vous pouvez glaner lors de rencontres réunions ou colloques. Tous ces renseignements ne vous serviront pas dans la même semaine. Peut-être pourrez-vous aider quelqu’un au trimestre suivant grâce à ce que vous aurez appris. Même chose pour les téléphones : fixez-vous à l’avance un nombre d’appels téléphoniques à faire pour entretenir les liens durant le mois.

Votre plan d’action devra comporter des moyens concrets et fréquents pour cultiver vos relations : cartes d’anniversaire, téléphones, 5 à 7, dîners, etc. Pour Pierrette Boivin, chef associée au contentieux chez Northern Télécom Canada, le secret, c’est de préserver ses liens. « Si les réseaux d’influence sont indispensables pour gravir les échelons, les réseaux d’amitié sont essentiels à la vie. Chacun doit être entretenu avec l’attention qu’il mérite ». Pas la peine d’envoyer une carte d’anniversaire au directeur général que vous ne voyez qu’une fois par an. Mais peut-être qu’un tout petit mot de félicitations pour un bon coup… N’attendez pas des résultats dans les semaines qui suivront la mise en application de votre plan d’action. Cet instrument puissant qu’est un réseau efficace se bonifie avec le temps et nécessite des ajustements permanents.

La bonne marche d’un réseau peut coûter des sous. Il est donc utile de prévoir un montant mensuel, exactement comme vous le faites pour vos frais de transport, de publicité ou de représentation. Une fois ce montant déterminé, essayez de vous y tenir tout en évaluant s’il est réaliste.

Quelques règles d’or

Vous êtes-vous déjà retrouvée dans un salon rempli de gens que vous ne connaissiez pas, avec l’envie de fuir à toutes jambes plutôt que d’envisager d’aller leur parler? Soyez amicale : souriez et tendez la main, abordez les gens en vous présentant tout simplement. Ils vous seront reconnaissants de briser la glace. Posez-leur des questions sur ce qu’ils font, ce qui les intéresse et écoutez-les avec sincérité. Les gens aiment être écoutés. Et de toute façon, si c’est vous qui tenez le plancher durant toute la conversation, vous ne saurez pas comment cette personne peut s’insérer dans votre réseau.

Très important : exprimez clairement vos besoins. Vous serez surprise de voir avec quelle facilité ils seront comblés. Appréciez l’aide qu’on vous apporte, même si la piste qu’on vous suggérait n’a pas donné les résultats espérés. Soyez de celles qui cherchent à donner généreusement des pistes, des contacts, des solutions. A la condition, bien sûr, que ces pistes ne vous nuisent pas. Le travail en réseau est un perpétuel échange de services et d’information. Surtout, ne faites jamais de promesse que vous ne pourrez pas tenir!

Une autre règle importante : ne dilapidez pas vos connaissances professionnelles et refusez de donner un avis pour lequel vous facturez habituellement. Faites preuve d’éthique en ne dévoilant jamais un secret ou une confidence qu’on vous aurait révélés ou encore en disant du mal de quelqu’un devant d’autres personnes. Tout se sait toujours. Ne cherchez pas seulement à côtoyer des gens influents. Toutes les personnes que vous croisez pour le travail sont des éléments importants de la roue qui tourne : de la secrétaire à la PDG

Organiser ses renseignements

Les personnes que vous connaissez connaissent elles aussi d’autres personnes. Ça commence à faire beaucoup de ressources au bout des doigts! Il s’agit donc d’établir un aide-mémoire. Vous devriez y inscrire, pour chacune des personnes de votre réseau, ses coordonnées, les sujets pour lesquels elle a des intérêts ou des compétences, un dépliant corporatif si elle est en affaires et ses ressources particulières (a un frère consultant informaticien, par exemple). Glissez-y aussi toute la correspondance que vous avez avec elle. Chaque contact devrait être noté ainsi que le sujet de l’entretien et ses suites. Une copine vous a parlé d’un dossier difficile auquel elle travaille actuellement? Vous avez justement un dossier de recherche sur le sujet. Notez la date à laquelle vous le lui envoyez et relancez-la pour savoir s’il lui a été utile. Votre aide-mémoire vous sera précieux si vous le tenez à jour, évidemment. Pour vous assurer d’y avoir accès en tout temps, trouvez un système de classement qui vous convienne.

Sans doute utilisez-vous déjà un agenda, sinon, il vous sera essentiel pour travailler en réseau. Pourquoi ne pas vous servir aussi de calendriers affichés au mur et qui vous donnent une vue d’ensemble de tout le mois?

Un bilan annuel

Dans six mois ou un an, réévaluez votre réseau et l’utilisation que vous en faites. Vous serez surprise de voir qu’il a sensiblement augmenté. Ce sera le moment de faire le ménage dans votre aide-mémoire. « Au début de ma carrière, explique Louise Lebrun, vice-présidente aux ressources humaines à la Fédération des caisses populaires Desjardins, je n’accordais pas d’importance à mes réseaux. J’ai appris, depuis, que c’est mon immense réseau personnel qui me permet de travailler efficacement » .

Pour faire une évaluation juste de votre réseau, tentez d’en mesurer l’apport dans votre vie professionnelle et personnelle. Pourquoi ne pas en faire carrément l’addition en dollars si vous avez encore besoin d’être convaincue? Combien de fois avez-vous fourni des pistes aux membres de votre réseau? Et combien de fois l’avez-vous utilisé pour obtenir des pistes vous-même? A combien d’événements publics ou professionnels avez-vous assisté durant ces six mois? Combien d’appels téléphoniques avez-vous faits à des membres de votre réseau « juste pour garder le contact »?

Henriette Lanctôt n’avait que « quelques amies et des connaissances » lorsqu’elle a eu l’idée d’éditer, avec sa sœur, un bottin des femmes d’affaires en 1981. Douze ans plus tard, elle était à la tête d’un des plus importants réseaux de femmes, l’Association des femmes d’affaires du Québec (AFAQ), qui compte aujourd’hui plus de 3000 membres. « Engagez-vous et soyez toujours authentiques, insistait-elle, au dernier colloque de l’AFAQ. Jamais vous ne serez perdantes avec votre réseau » .

Qu'en pensez-vous?

Aucune réaction

Inscription à l'infolettre