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Pour se préparer adéquatement à une entrevue d’embauche, trois choses à connaître : soi-même, le poste qu’on sollicite et l’entreprise qui tente de le combler.

Lorsque l’employeur lui a demandé pourquoi elle avait quitté son travail, Louise s’est mise à bafouiller. Puis, la voix chevrotante, elle a fini par dire qu’elle ne pouvait plus endurer son patron malveillant. Pas étonnant qu’elle n’ait pas décroché le poste, selon Nathalie Fortin, conseillère au programme Orientation et services en emploi (OSE) du YWCA de Montréal : « On ne doit jamais dénigrer un ancien employeur lors d’une entrevue d’embauche »!

Avec la compétition féroce qui règne sur le marché du travail, il est essentiel de pouvoir bien se vendre en entrevue de sélection. « L’entrevue est un art et son succès réside dans une bonne préparation », explique Nathalie Fortin qui compare la recherche d’un emploi à du « marketing de soi ». Tout comme le publiciste doit viser une bonne connaissance de son produit et de la clientèle qu’il veut rejoindre, la personne qui se prépare à une entrevue d’embauche doit bien connaître trois choses : elle-même, le poste qu’elle sollicite et l’entreprise qui tente de le combler.

Avant

On cherchera à savoir ce que produit cette entreprise, quels services elle offre, quels sont ses objectifs, sa structure et le nombre de ses employés. Est-elle d’envergure locale, nationale ou internationale? Qui sont ses compétiteurs? Pour cela, il suffira d’interroger la téléphoniste. Si elle ne peut répondre, on pourra sûrement trouver un autre employé en mesure de le faire. On se procurera aussi des publications de l’entreprise : brochures, dépliants, rapports annuels, journaux internes. Si elle possède un service de relations publiques, on y dénichera sans doute une foule de renseignements. D’autres organismes peuvent être utiles dans la cueillette d’information. Par exemple, la Commission des valeurs mobilières et l’Inspecteur général des institutions financières fournissent des données sur les compagnies publiques. « C’est flatteur pour un employeur de rencontrer une candidate qui connaît l’entreprise, souligne Nathalie Fortin. Elle lui semblera motivée à obtenir le poste ».

La candidate devra aussi arriver à établir un lien entre ce qu’elle est et l’emploi à combler. « Il est donc nécessaire de s’informer de la description du poste dès le moment où on reçoit l’appel de convocation, affirme la conseillère en orientation. Si la personne au bout du fil est une simple courroie de transmission, on lui demande le nom et le numéro du responsable, puis on le contacte. On peut également téléphoner au service des ressources humaines si l’entreprise en possède un ». Par ces différentes sources, on en apprendra le plus possible sur la tâche à remplir, le salaire offert, l’autorité dont relève le poste, les qualités et l’expérience exigées.

Il est aussi capital de bien se connaître, car il faudra persuader l’employeur de son aptitude à bien remplir le poste. « On doit être en mesure de parler facilement de ses qualités et des compétences qu’on a acquises dans un emploi rémunéré, un travail bénévole ou à la maison ». Comment? En imaginant toutes les questions difficiles qui pourraient être posées et en écrivant ce qu’on y répondrait. Il s’agit là d’un des éléments les plus importants de la préparation à l’entrevue, selon Nathalie Fortin. De la sorte, on ne sera pas prise au dépourvu, car il peut être périlleux de compter sur un éclair de génie dans le feu de l’entrevue.

Pendant

« Parlez-moi de vos défauts! » demande parfois l’employeur impassible. Il ne faut ni se défiler devant ce classique de l’entrevue d’embauche, ni répondre en se dénigrant. Pour toute question embarrassante, Nathalie Fortin conseille de jouer sur la teneur des mots et d’associer un élément positif à un aspect plus ou moins reluisant de notre personnalité. Ainsi, on choisira ses plus petits défauts, on utilisera des termes qui les atténuent et on montrera qu’on est en train d’évoluer. Plutôt que de dire « je suis trop perfectionniste », on répondra « j’ai tendance à être perfectionniste » et on ajoutera « mais je travaille à m’améliorer ». De même, il peut sembler délicat de parler de son expérience si on en a peu. Il ne faut cependant jamais répondre de but en blanc qu’on est novice. « Il y a toujours moyen de trouver une expérience à mettre en lien avec le poste ».

Si l’employeur pose une question discriminatoire, Nathalie Fortin suggère de le lui signaler en précisant que, s’il y tient, on répondra. On peut aussi la contourner en rassurant son interlocuteur. Par exemple, s’il demande l’âge, on répliquera : « Ah, vous voulez savoir si je suis en forme! Oui, ma forme est excellente! » . S’il veut connaître le nombre d’enfants, on rétorquera : « Vous voulez savoir si je suis disponible! Oui, j’ai une excellente gardienne et je sais m’organiser! » . « L’important est de ne pas se laisser intimider », insiste la conseillère. Et surtout de ne pas angoisser si l’on croit avoir raté certaines questions : « Il n’y a pas d’entrevue parfaite, ni de candidat parfait ».

Le comportement non verbal est un élément à surveiller en entrevue. On doit chercher à sourire, à regarder l’employeur dans les yeux, à maîtriser ses tics nerveux, etc. Il faut cependant demeurer naturelle. Si deux ou trois personnes sont présentes, on s’adresse à celle qui pose les questions, mais on jette aussi des regards aux autres et on leur sourit. « L’entrevue ne doit pas ressembler à un monologue. Il faut créer des liens avec ses interlocuteurs, car on cherche ni plus ni moins à déclencher un coup de foudre ».

Au YWCA de Montréal, les conseillères en emploi simulent avec les futures candidates des entrevues d’embauche qu’elles enregistrent sur cassette vidéo. L’exercice permet de vérifier les gestes, la posture, le ton de la voix, tous des éléments qui influenceront l’employeur.

Après

La conseillère du « Y » propose d’envoyer, immédiatement après l’entrevue, une lettre de remerciement à l’employeur : « Ça témoigne de son intérêt pour le poste. Et, lorsqu’on ne reçoit pas de réponse dans le délai prévu, il est légitime de téléphoner »!

Si on ne décroche pas le poste, on devra chercher à renforcer sa confiance. « Il ne faut pas jouer à l’autruche en essayant de tout oublier. On doit au contraire se demander ce qui nous a satisfait et ce qui nous a déplu, avec l’idée de faire mieux la prochaine fois. Et en parler. Si c’est le cas, admettre qu’on a trouvé ça difficile. Ça peut susciter des encouragements. L’aide de son entourage s’avère précieuse dans ces moments ».

Nathalie Fortin suggère aussi de rappeler l’employeur et de lui demander des conseils pour s’améliorer en entrevue. D’après elle, la plupart des employeurs acceptent de répondre à une requête ainsi formulée. Et il importe de ne pas se décourager. Selon les données compilées par certains clubs de recherche d’emploi, cinq bonnes entrevues aboutissent à un emploi.

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