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Le leadership, ça s’apprend

par 

Pratique le métier de rédactrice et de recherchiste depuis 2006. Elle a collaboré aux publications du Centre d’études et de coopération internationale (CECI), au cahier Air du temps du journal ICI. Diplômée en histoire de l’art, elle œuvre également à titre de rédactrice et éditrice de contenu Web pour le compte d’organismes voués à la diffusion de la culture et du patrimoine.

RECTIFICATIF –

Il a été porté à l’attention de la Gazette des femmes que l’Association pour le développement socioculturel de la femme (ADSF), qui finance Ton avenir en main(TAM), est contrôlée par l’Opus Dei, une institution catholique controversée. De plus, il appert qu’au moins une collaboratrice mentionnée sur le site Web de TAM est liée à cette institution.

Au moment de la publication du portrait de TAM, ni la Gazette ni la journaliste n’étaient informées de ces faits. La Gazette estime que cette information est d’intérêt public et publie donc ce rectificatif au bénéfice de ses lectrices et lecteurs.

L’article Opus Dei ou Octopus Dei ? (Michel Legault, l’Actualité, no. Vol: 18 No: 5, , p. 24) révèle une liste de 24 organismes dont fait partie l’ADSF qui, « bien que n’appartenant pas officiellement à l’Opus, sont contrôlés par ses membres et servent les fins de l’œuvre. » Toujours dans cet article, d’ex-membres de l’organisation ainsi que des autorités religieuses « accusent [l’Opus Dei] d’infiltrer les centres névralgiques de la société pour imposer en secret une idéologie ultraconservatrice ». Vérification faite, des personnes liées à l’Opus Dei administrent encore aujourd’hui l’ADSF.

Madame Marie-Christine Houle, l’actuelle directrice générale de TAM, a tenu à apporter ces précisions : « L’ADSF nous a déjà apporté un soutien de nature logistique. TAM est actuellement un organisme à but non lucratif enregistré distinct. L’ADSF n’a été impliquée ni dans la création du contenu de nos programmes ni dans la gestion des opérations quotidiennes de TAM. »

Fin , la Gazette des femmes était conviée à un cocktail de réseautage organisé par Ton avenir en main, qui réunissait plusieurs participantes à ses ateliers. Nous y avons rencontré des jeunes femmes débordantes de confiance en elles et en l’avenir, porteuses d’initiatives plus inspirantes les unes que les autres.

L’organisme Ton avenir en main (TAM) se consacre à la formation des leaders de demain au Québec et dans le reste du Canada. Les ateliers qu’il propose chaque année s’adressent aux jeunes femmes impliquées de près ou de loin dans des projets sociaux, ou qui témoignent d’un vif intérêt pour le milieu associatif. Au moment de la présélection, chaque candidate doit soumettre une ébauche de projet à réaliser dans sa communauté. Que ce soit l’organisation d’un spectacle-bénéfice ou la mise sur pied d’un magazine de mode écologique, les objectifs doivent être précis. Devenir un leader nécessite un minimum d’efforts!

Le rayonnement de TAM

Depuis sa création en , Ton avenir en main a offert des ateliers de leadership à 85 jeunes femmes. Sa fondatrice, Gladys Daoud, estime que les projets réalisés à ce jour ont rejoint près de 10 000 personnes.

S’il en coûte 450 $ en frais d’inscription, le coût réel de formation représente 5 000 $ par participante. Pour pallier l’écart, TAM reçoit le soutien financier de l’Association pour le développement socioculturel de la femme (ADSF), une corporation canadienne à but non lucratif qui reçoit entre autres l’appui de Condition féminine Canada.

Photographie d'un vêtement tiré de la collection de mode écologique.
Vêtement tiré de la collection de mode écologique initiée par Evelyne Sousha, participante au programme TAM.

Pourquoi un projet juste pour les filles? Parce que dans les 500 plus grandes entreprises canadiennes, il n’y a que 13 % de femmes qui se retrouvent dans les comités de direction, alors qu’elles représentent 61 % des diplômés universitaires au pays.

Des conférences, des ateliers pratiques et du mentorat sur mesure permettent aux leaders en devenir de porter leur initiative à bout de bras. TAM leur donne la possibilité d’oser exprimer leur talent. D’une voix douce mais convaincante, Maude Nantel, 18 ans, a témoigné de son expérience au sein de TAM lors du cocktail. « Avant, j’étais très gênée et je manquais de confiance en moi », a-t-elle confié derrière le micro. Pour « sortir de sa coquille », elle a pris son courage à deux mains et s’est inscrite à l’édition du programme.

Image d’une jeune fille avec un bac de récupération sur la tête.
Vêtement tiré de la collection de mode écologique initiée par Evelyne Sousha, participante au programme TAM.

Son projet : mettre sur pied une friperie destinée aux élèves de l’école Espace-Jeunesse à Montréal, un établissement spécialisé dans l’éducation des élèves ayant un trouble de comportement. Lorsque Maude a appris que certains d’entre eux se privaient de nourriture pour pouvoir s’offrir des vêtements neufs, l’idée d’un service de vêtements de seconde main fonctionnant selon un système de points lui est apparue innovante, voire nécessaire. En s’inscrivant à TAM, la jeune leader s’est engagée à organiser un concert-bénéfice dont les revenus permettraient aux élèves d’obtenir des vêtements à moindre prix et d’apprendre à coudre pour pouvoir confectionner leurs propres créations.

Au fil de trois fins de semaine de formation en groupe, Maude et ses acolytes ont appris comment développer des comportements de leadership, communiquer en public, donner et recevoir de la rétroaction, gérer leur emploi du temps. Celles qui autrefois évitaient les occasions de se retrouver sous les feux de la rampe ont acquis de l’assurance. « Les présentations orales me font beaucoup moins peur qu’avant… Vous en avez la preuve ce soir! » a confié Maude devant un auditoire constitué de politiciens, d’athlètes émérites et de personnalités publiques. C’est ce qu’on appelle du dépassement de soi!

Selon la nature de son projet, chaque participante est jumelée à une mentore qui possède une solide expertise en leadership. La directrice et fondatrice de TAM, Gladys Daoud, a affirmé dans son discours que « dans ce partage de connaissances se crée naturellement un maillage intergénérationnel dans lequel chacune apprend de l’autre ». Plusieurs participantes ont prononcé ces mots au cours de la soirée : « Sans l’appui de ma mentore, je n’aurais pu réaliser mon projet. » Du côté des mentores, les motivations sont diverses. Hélène Seguinotte, présidente et chef de la direction chez Morpho Canada, croit qu’ « il faut investir très tôt dans la jeunesse afin de lui donner le goût du leadership. C’est ce qui va faire que le Québec ira de l’avant ». Pour Samantha Hass, instructrice de fitness corps-esprit, le fait d’exposer des jeunes femmes à des leaders d’expérience qui ont su prendre leur vie en main crée une spirale positive. « Chaque personne possède à tout âge un potentiel infini », a soutenu la mentore.

« Il faut savoir conjuguer les mots pouvoir et ambition avec notre condition de femme, a affirmé la vice-première ministre du Québec, Line Beauchamp, invitée à présenter un discours pour l’occasion. L’engagement communautaire est une expérience extrêmement enrichissante, et Ton avenir en main est au cœur de cette expérience. » Selon Mme Beauchamp, c’est l’ensemble de ses acquis dans le milieu communautaire (notamment comme directrice de la station de radio CIBL) qui lui a permis de monter les échelons et de faire voler en éclats le fameux plafond de verre.

Mais tout n’est pas rose au pays du leadership. Au dire des participantes, nulle n’est à l’abri des écueils. Kimberly Papp, participante aux ateliers de TAM en , a appris que « si ça peut arriver de ne pas atteindre ses objectifs ou même d’échouer, l’important, c’est d’apprendre! » Parlez-en à Sylvie Fréchette. « Dans le sport, on apprend en se plantant. Puis, on se relève », a-t-elle avancé dans une allocution bien sentie sur l’importance d’oser et de persévérer. Pour la médaillée d’or en nage synchronisée aux Jeux olympiques de Barcelone en , le secret du succès est de « réussir marche par marche, entourée de mentors, de parents et d’amis qui croient en nous ». À celles qui hésitent encore : à go, on y va!

Photographie de la troupe de danse.
la troupe de danse Les étoiles filantes créée par Anne Boily, participante de TAM.

Le rayonnement de TAM

Depuis sa création en , Ton avenir en main a offert des ateliers de leadership à 85 jeunes femmes. Gladys Daoud estime que les projets réalisés à ce jour ont rejoint près de 10 000 personnes.

Quelques participantes

  • Evelyne Sousha
    • Quoi : Une collection de vêtements faits de matériaux recyclés et un défilé
    • Où : Collège Notre-Dame, Montréal
    • Rôle : Coordonner une équipe
    • Acquis : S’organiser, trouver un plan B
  • Anne Boily
    • Quoi : Un spectacle de danse mettant en scène des danseurs avec un handicap moteur ou cérébral
    • Où : École polyvalente La Pocatière
    • Rôle : Chorégraphe
    • Acquis : Apprendre de l’autre, de sa marginalité
  • Elyde Sanchez-Ortega
    • Quoi : Des activités d’intégration destinées aux élèves autistes de son école
    • Où : École secondaire Anjou, Montréal
    • Rôle : Coordonnatrice
    • Acquis : Faire face aux préjugés… et les transformer

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