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Photographie de Mme Claudy Vouhé

MIC MAC : quand le genre rencontre la macroéconomie

par 

Journaliste au journal Les Affaires depuis 1999 où elle a occupé plusieurs créneaux, dont le management, le marketing, l'innovation, la recherche et développement et la culture. Depuis l'an dernier, elle écrit sur le secteur minier. Ses 25 années de métier l'ont menée à Québec, Montréal et Toronto, pour le compte de la Presse canadienne, Radio-Canada et la Télévision française de l'Ontario.

Le réseau francophone international Genre en action vient de lancer un projet qui vise à mieux disséminer l’approche « genre » dans les politiques de développement économique. Son nom : MIC MAC. La Gazette des femmes a rencontré Claudy Vouhé, coordonnatrice du réseau, pour en discuter.

Gazette des femmes : Parlez-nous d’abord de Genre en action.

Claudy Vouhé : Contrairement aux pays anglo-saxons, les pays franco- phones sont mal outillés dans la recherche sur le genre. Le réseau est né en 2009 dans le but de faire avancer la notion de genre et économie au sein de la francophonie. Nous regroupons 1 300 membres dans plus de 70 pays. Et nous formons des partenariats avec les gouvernements, les institutions d’enseignement, les centres de recherche et les ONG pour disséminer de l’information, faire de la veille, offrir des formations et faire de la recherche-action sur les pratiques visant l’égalité économique entre les sexes.

Comment est né le projet MIC MAC?

Il y a d’abord eu ce constat : la micro- économie au secours des femmes a ses limites. On a beau soutenir le micro- crédit, le problème est que les modes de production dans lesquels les femmes sont investies et par lesquels elles créent de la richesse ne sont pas valorisés. C’est donc à la macroéconomie qu’il faut s’attaquer.

C’est-à-dire?

Amener les gouvernements à intégrer l’approche selon le genre dans leurs analyses sur le PIB, le plein emploi, les finances publiques, les politiques budgétaires, bref, tout ce qui touche les fondements d’une économie. Les femmes assument toute une partie non « monétisée » de l’économie, comme le travail domestique, communautaire et de soins. Quelle est l’incidence de cette économie sur le temps qu’elles consacrent au travail rémunéré? Il y a une foule de questions à aborder. Notre but est de renforcer le réseau qui travaillera à ces recherches et augmentera leur diffusion.

Quelle sera la première étape du projet MIC MAC?

Dresser une bibliographie annotée de tout ce qui s’est écrit sur l’intégration du genre dans l’économie et diffuser ces analyses. Notre premier groupe cible, ce sont les économistes qui travaillent au sein des gouvernements; beaucoup ne sont pas sensibilisés à l’approche de genre. Ensuite : les institutions et les militants pour les droits des femmes qui ne se frottent habituellement pas à la macroéconomie.

Nous allons aussi collaborer avec les instituts de recherche et faire connaître les formations « genre et budget » existantes, comme celles du Bureau international du travail et de l’Université de Genève. Nous voulons les offrir en apprentissage en ligne (e-learning). Nous souhaitons aussi créer des programmes de bourses pour les économistes afin d’encourager les recherches sur le genre et les politiques économiques. C’est pourquoi nous sommes à la recherche de financement. Officiellement, c’est un projet de trois ans, mais à mon avis, nous aurons du travail pour une bonne vingtaine d’années!

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