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La suite du film Les Boys II s’appellera peut-être… Les Girls! En effet, alors que les garçons abandonnent massivement le hockey — dans la seule région de Québec, 50 équipes ont disparu en un an —, les jeunes filles, elles, se lancent tête baissée sur la patinoire. Environ 150 équipes de joueuses de moins de 21 ans se répartissent cette année dans presque toutes les régions du Québec, contre une trentaine il y a seulement cinq ans. Hockey Québec, la Fédération québécoise de hockey sur glace amateur, compte 3 600 joueuses licenciées. « La moitié des filles jouent dans des équipes de garçons où le niveau de jeu est supérieur », précise Annie Bigras, responsable du hockey mineur féminin à Hockey Québec.

Le hockey féminin n’est pas né d’hier. L’équipe de l’Université McGill, les Martlets, a été créée en 1896. Un siècle plus tard, ce sport connaît un engouement sans précédent. Le phénomène s’est d’abord propagé aux États-Unis et dans le reste du Canada avant de toucher le Québec il y a quelques années. Aujourd’hui, l’Association canadienne de hockey recense 30 000 joueuses. « Le nombre de filles qui veulent jouer ne cesse d’augmenter, et leur niveau de jeu s’améliore beaucoup », soutient Annie Bigras. Le hockey féminin est une discipline olympique depuis les Jeux de Nagano en 1998. Comme son pendant masculin, le sport a ses supporters inconditionnels, ses joueuses-vedettes (avec leurs cartes à collectionner)… et plus de 500 sites web lui sont exclusivement consacrés!

« Les spectateurs apprécient le jeu des filles », explique Gaston Bidégaré, responsable du hockey féminin pour la région de Québec. La mise en échec est interdite, pour ne pas rebuter celles qui veulent se lancer dans ce sport. « Sans mise en échec, le jeu est peu violent, mais les joueuses demeurent très combatives, et les matchs sont beaucoup plus intenses que chez les garçons », ajoute-t-il. De quoi inspirer leurs homologues masculins!

Le hockey féminin marque des points, mais il n’a pas encore remporté la partie. Car, dans ce milieu d’hommes, les femmes ont encore du mal à se faire respecter. Longtemps, elles ont dû se battre pour obtenir autant d’heures de patinoire qu’eux. Lorsqu’elles jouent dans des équipes masculines, elles doivent encore souvent se contenter d’un petit réduit en guise de vestiaire. « Dans certaines régions, les organisations ne sont pas très ouvertes à l’arrivée massive des filles sur les patinoires, même si les parents de joueuses finissent généralement par imposer leurs vues », précise Gaston Bidégaré. La recherche de commanditaires est elle aussi ardue et la couverture médiatique, pas très étendue.

Néanmoins, la popularité croissante de ce sport chez les jeunes filles est un moteur de changements des plus efficaces : la création cette année d’une nouvelle catégorie de jeu réservée aux filles de moins de 11 ans, l’organisation d’un championnat exclusivement féminin… et la cinquième médaille d’or consécutive de l’équipe canadienne de hockey au championnat du monde promettent d’attirer de nouvelles recrues. Gageons que lorsqu’elles seront en avantage numérique, les hockeyeuses remporteront la partie!

Gazelles du désert

Pendant neuf jours, des aventurières bien « ordinaires » délaissent leur salon d’esthétique, leur cabinet de médecin ou leur marmaille et montent à bord de véhicules à quatre roues motrices pour se frotter aux sentiers cahoteux du désert marocain et à sa chaleur écrasante. Neuf équipages québécois ont ainsi participé en avril dernier au Trophée Aïcha des Gazelles, une course féminine de près de 2 000 kilomètres. Contrairement aux rallyes masculins bien connus comme le Paris-Dakar, ce n’est pas la vitesse qui prime, mais les capacités d’orientation des concurrentes. La compétition sportive fait appel au fameux sixième sens féminin pour trouver des balises plantées un peu partout sur le parcours, en n’utilisant que des cartes et une boussole.

Cet événement, fondé par une Française en 1990, tend à prouver par l’exemple que les femmes possèdent les capacités et la ténacité nécessaires pour affronter une épreuve difficile pour le corps et le moral. Les journées durent facilement seize heures, et parfois les concurrentes n’ont même pas le temps de bivouaquer sommairement avant de repartir à l’assaut des dunes. Très sceptiques au début, les journalistes sportifs, souvent masculins, se disent conquis après avoir franchi quelques étapes en compagnie des Gazelles. Et ils constatent que les rallyes peuvent aussi se décliner au féminin.

Revers salarial

La bataille pour l’équité salariale est en train de rattraper les courts de tennis. Près d’une centaine de joueuses professionnelles ont signé une pétition pour réclamer de toucher des prix identiques dans les tournois du Grand Chelem. À Wimbledon, par exemple, le vainqueur du simple messieurs gagne 1 100 000 $, tandis que, pour la même compétition, sa semblable se « contente » de 975 000 $. Cet écart salarial n’émeut pas outre mesure le président du comité d’organisation de Wimbledon. Selon John Curry, « 70 % des spectateurs viennent voir en priorité les hommes. Ce n’est pas raisonnable, d’un point de vue commercial, de demander l’égalité des prix. »

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