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Certains combats qu’on pensait gagnés depuis de longues années ont repris du service au cours des derniers mois. Ainsi, deux affaires récentes montrent clairement que les femmes font toujours les frais d’une discrimination à l’embauche, même dans des entreprises situées dans des pays qui se targuent d’équité.

Avec stupéfaction, les membres d’une organisation internationale du travail pour la protection de la maternité ont découvert que des employeurs australiens et argentins pouvaient très bien exiger un test de grossesse des candidates lors du recrutement. Comme le rapporte le quotidien The Australian, c’est lors d’une vaste enquête portant sur les méthodes d’embauche dans 103 pays que cette discrimination, qui existe aussi au Bahreïn, en Indonésie, en Jamaïque, en Nouvelle-Guinée et au Zimbabwe, a éclaté au grand jour.

Embarrassé, le gouvernement australien a précisé que le type de réponse fournie par les gens d’affaires ne reflétait pas sa position officielle. Mais différents groupes de femmes s’inquiètent tout de même de la dérive actuelle, parce qu’en théorie des lois fédérales interdisent clairement ce type de discrimination. Le site Web d’un organisme luttant pour le respect des normes du travail incite d’ailleurs les femmes enceintes à qui on aurait refusé un emploi, ou celles qui doivent se cacher au fond d’un bureau pour dissimuler leur grossesse, à porter plainte.

Malheureusement, ce genre de discrimination envers des femmes ne se limite pas à quelques tenanciers de bar peu désireux de voir des serveuses au gros ventre servir les clients. Les Nations Unies, un organisme international qui adore donner des leçons à tout le monde et qui emploie près de 52 000 personnes, a été pris en flagrant délit de recrutement sexiste. Un quotidien londonien rapporte en effet qu’un candidat qui postulait un emploi de bureau à l’ONU au Kosovo a été plutôt surpris en remplissant le questionnaire.

Jugez-en par vous-même. Cet employeur indélicat se permet d’interroger les candidates sur la date de leurs dernières menstruations et cherche à savoir si la douleur ressentie à ces occasions les oblige à rester au lit. Un peu plus loin, il leur demande si elles prennent la pilule et souffrent de certains maux gynécologiques.

Interrogé sur la pertinence de poser de telles questions avant d’embaucher une employée, un porte-parole des Nations Unies a mentionné des motifs médicaux. Cité par The Guardian, il précise que l’employeur devait savoir si les candidates attendaient ou non un enfant, car elles devaient passer une radiographie, un procédé dommageable pour le fœtus. Et les questions se rapportant à la prise de la pilule et aux menstruations douloureuses? Cette partie du questionnaire fera l’objet d’une discussion lors d’une rencontre internationale entre des responsables médicaux de l’ONU. On ne peut que leur souhaiter de bien réfléchir, en se demandant si ces bonnes gens ont dû, eux aussi, répondre à un questionnaire de ce genre avant de travailler pour ce grand organisme.

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