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Les japonaises en ont marre des chikan, ces gars ivres qui les pelotent dans les trains bondés. En , 9 500 femmes ont porté plainte. Wagons réservés aux femmes, publicités anti-harcèlement : les compagnies ferroviaires tentent de régler le problème. La loi, auparavant indulgente, vient d’être durcie. Mais la tradition a la couenne dure, et un manuel du parfait « peloteur » continue de circuler en librairie! Comme les mains baladeuses n’ont pas de frontières, plusieurs États — dont l’Inde, l’Iran, la Thaïlande et l’Égypte — ont commencé à ségréguer les transports en commun pour protéger les femmes. La France le fait déjà pour les trains de nuit, le Royaume-Uni y songe. Au Japon, cependant, les victimes sont surtout des adolescentes réticentes à dénoncer l’agresseur.

Dans cette société profondément sexiste, discrimination et harcèlement au travail sont monnaie courante. Victoire prometteuse, toutefois : une étudiante de 21 ans a poursuivi le gouverneur d’Osaka pour harcèlement sexuel. Contre toute attente, elle a gagné 105 000 dollars américains de compensation… et la démission du gouverneur, remplacé par la première femme jamais élue à ce poste au Japon! Car en politique, les Japonaises avancent à pas de tortue : un 10 % record aux dernières élections locales, et 35 parlementaires sur 480! Bonne nouvelle, le Parlement vient d’accorder aux élues le droit à un congé de maternité.

Nouvelle plus fascinante encore : la langue japonaise se féminise. Jusqu’ici marqué par des différences sensibles entre le masculin et le féminin (pronoms personnels, terminaisons, etc.), le japonais voit ces distinctions s’amenuiser puisque de plus en plus d’hommes, dans les médias entre autres, abandonnent leur ton péremptoire et adoptent les tournures neutres ou féminines. Et plus de 50 % des japonais — 70 % des jeunes — sont d’accord. Explication du phénomène, selon la linguiste Mizue Sasaki : « Le langage et l’exercice de l’autorité sont étroitement liés. Avec l’égalité des sexes mieux reconnue juridiquement et socialement (et l’augmentation du chômage?), l’autorité des hommes s’affaiblit. » Les femmes, elles, délaissent le traditionnel langage de modestie pour adopter un style un peu plus… masculin.

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