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Elle a déjà accompagné discrètement les Jœ Clark, Georges Bush père, l’épouse d’un dignitaire russe et, plus récemment, un ministre chinois qui refusait qu’une femme le « protège » ! « Les autorités de la GRC lui ont fait comprendre que, au Canada, c’est comme ça. Je suis garde du corps depuis quatre ans, et jamais on ne m’a « tassée » pour mettre un homme à ma place. Toutefois, avec certains pays musulmans, on évite les tensions inutiles… »

Céline Mailloux, est l’une des trois femmes, parmi une trentaine de collègues masculins, à qui le gouvernement canadien confie des missions pour assurer la sécurité de personnalités en visite officielle (par exemple la délégation mexicaine au Sommet des Amériques). Lui arrive-t-il de craindre les attentats ou les mouvements de foule ? « Je n’ai jamais peur, mais certaines missions font particulièrement monter l’adrénaline. » On pense généralement que le métier de garde du corps requiert avant tout une carrure imposante et une rapidité à dégainer. Pourtant, Céline Mailloux, la mi-quarantaine, n’a rien d’un lutteur poids lourd. Pas question cependant de jouer au plus fin avec elle. Parmi ses atouts : une formation en tir et en autodéfense. Sans compter une solide assurance doublée d’une grande facilité à entrer en contact avec les gens. Son travail l’amène d’ailleurs à multiplier les rencontres avec des personnalités politiques. Un volet du métier qui la passionne. À la dernière venue de la gouverneure générale à Québec, la garde du corps l’a précédée de quelques jours à titre d’éclaireuse pour parer à toute éventualité : agression, émeute, incendie, indisposition de Mme Adrienne Clarkson, embouteillages, tempête de neige, n’importe quoi. Après sa première visite, elle connaissait comme sa poche le trajet officiel et autres routes à emprunter… pour un éventuel plan B. Côté horaire ? « C’est fou ! Cette année, je n’ai presque pas été chez moi ! » Céline Mailloux sillonne le territoire québécois d’une ville à l’autre, prenant parfois la route à titre de chauffeuse de la limousine. Son conjoint, aussi à l’emploi de la GRC, a l’habitude des horaires imprévisibles. Le couple n’a pas d’enfant. Employée de la GRC depuis plus de 20 ans, la garde du corps a fait ses premières armes dans une escouade de filature de trafiquants de drogue. « Passionnant, mais un peu fatigant. » Aujourd’hui, son calendrier affiche « complet » et elle vit au rythme des soubresauts de la politique nationale et mondiale. Malgré tout, elle trouve ça « plus relax » ! Céline Mailloux ne traque peut-être plus les dangereux criminels comme à ses débuts — quoique le métier de garde du corps réserve parfois des surprises —, mais elle considère que son emploi est une occasion en or de vivre les événements en direct.

Suivez le guide L’embauche des gardes du corps est confiée à la GRC pour le gouvernement fédéral et au ministère de la Sécurité publique pour le Québec. À part le diplôme d’études secondaires, leurs exigences à l’entrée varient. Il faut d’abord réussir certains tests d’aptitudes, puis suivre une formation d’une durée de un à cinq mois (autodéfense, maniement des armes à feu, travail de chauffeuse, notions juridiques et psychologiques). Ces étapes mènent au travail de constable ou d’agente de la paix. Quelques années d’expérience à ce titre permettent de postuler pour un emploi de garde du corps. Le salaire annuel varie de 40 000 $ à 65 000 $. À noter, la GRC exige le bilinguisme. Des agences de sécurité privées engagent aussi des gardes du corps. Peu nombreuses à postuler, les femmes seraient recherchées notamment parce qu’elles passent plus inaperçues que les hommes. De plus, les conjointes des personnalités en vue préfèrent souvent avoir une femme à leurs côtés…

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