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Au québec des travailleurs bossent la nuit. Autant de femmes que d’hommes, affirme la CSST. L’ennui, c’est que l’hormone du sommeil réparateur, la mélatonine, s’entête à agir entre minuit et huit heures du matin. Résultat : de jour, l’organisme reste en éveil et le stress qui en résulte affecte souvent la qualité du sommeil et la digestion. Ce qui accroîtrait le taux de cholestérol ainsi que les risques de maladie cardiovasculaire, de diabète, d’interruption de grossesse et d’accouchement prématuré.

« Attention, toutes les femmes en poste la nuit ne sont pas des cardiaques en sursis, souligne Marie Dumont, chercheuse au Laboratoire de chronobiologie de l’hôpital du Sacré-Cœur à Montréal. Mais des études démontrent que leur rythme de travail fragilise la résistance de l’organisme et devient plus difficile à supporter à partir de 40 ans. »

Cela dit, on peut combattre efficacement les effets pervers du travail de nuit en adoptant de bonnes habitudes. Marie Dumont insiste sur la nécessité d’accorder un traitement royal à l’organisation des « jours » de sommeil. La sieste sur le canapé, entrecoupée par le va-et-vient des enfants et les brassées de lessive, ne procure pas un vrai répit. De retour du travail, il faut prendre le temps de décompresser, d’observer un rituel pyjama-brosse à dents et de s’isoler dans une pièce sombre, fraîche et silencieuse (toiles opaques aux fenêtres, climatiseur en été, répondeur téléphonique en tout temps). L’idée est de se couper de l’extérieur. « La travailleuse de nuit doit se faire respecter comme dormeuse de jour, même s’il y a des courses à faire. Elle doit aussi sensibiliser la famille et l’entourage. C’est ça, ou souffrir d’un déficit chronique de sommeil. »

Il importe aussi de prendre le repas le plus consistant avant d’aller travailler plutôt qu’avant de dormir, de manger à heures fixes, de réduire le gras, de choisir des aliments riches en fibres. Le tabac et l’obésité font encore plus de ravages sur la santé cardiaque des personnes qui travaillent la nuit. La règle d’or est de perdre ses mauvaises habitudes… et de bouger ! Au besoin, le kinésiologue donnera un coup de pouce. Ce professionnel de la santé, spécialisé en condition physique, peut concocter des menus et des programmes d’exercice adaptés aux besoins des travailleurs nocturnes.

L’Université Laval, à Québec, a ouvert une clinique de kinésiologie qui offre des services d’évaluation et des programmes sur mesure

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