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Photograpohie de Bruce Sénéchal.

Alors que les femmes investissent l’univers des hommes, des braves s’aventurent en territoire féminin. Même combat ?

Faire aussi bien qu’une fille Bruce Sénéchal, 32 ans, technicien en bureautique

“Ah ben lui, on le verra pas arriver en jupe !” J’ai eu droit à ce genre de blagues lors de mon premier emploi permanent, dans une manufacture de chaussures. Les gars de l’usine n’avaient jamais vu un homme accomplir des tâches de secrétariat. Ils n’en revenaient pas !

Quand je me suis inscrit au Collège O’Sullivan, j’allais surtout acquérir des outils de travail de base : maîtrise du français et de l’anglais, connaissances technologiques, comptabilité. Franchement, je ne m’attendais pas à me retrouver dans une mer de filles ! Nous étions quatre gars dans une classe de 32 étudiants. Disons qu’un homme se sent observé ! Finalement tout s’est bien déroulé, sauf que je ne vous cacherai pas qu’au début, j’ai failli tourner les talons. Ç’aurait été l’erreur de ma vie. Je suis très heureux dans ce que je fais.

Au Collège, dès qu’on a vu mes capacités, on m’a encouragé. Et aidé par la suite à décrocher des emplois. Les responsables de l’école étaient, je crois, très heureux de pouvoir mettre en valeur un candidat masculin. L’intégration au monde du travail s’est déroulée sans accroc. Pas une minute je n’ai senti que les employeurs doutaient de mes compétences. Au contraire. Aucun n’a hésité à me donner ma chance. Ils n’ont pas eu à le regretter.

Être secrétaire exige de la méthode, de l’organisation; j’en ai à revendre ! Je pense même avoir démoli certaines idées préconçues sur les gars par mon assiduité, ma rigueur, ma ponctualité et mon perfectionnisme. Partout, j’aime prouver que je peux faire le travail aussi bien qu’une fille. Au nom de quoi y arriveraient-elles et pas nous ?

Je me suis souvent fait taquiner sur mon travail, mais je n’ai jamais fait l’objet de remarques désobligeantes. Je précise, en passant, que je ne suis pas secrétaire au vrai sens du terme. Un cours de secrétariat est sanctionné au secondaire, le cours Techniques de bureautique — celui que j’ai suivi —, plus élaboré, mène à un diplôme d’études collégiales. Mais comme les deux formations sont apparentées, les gens confondent. À dire vrai, le mot “secrétaire” me rebute. C’est tellement réducteur et stéréotypé le cliché de la secrétaire-oisive-qui-se-fait-les-ongles-en-attendant-les-commandes-du-patron a la vie tenace. Quel gars aurait envie d’être associé à ça ?

Cela dit, on ne devrait pas se priver d’aller dans un domaine qui nous attire parce que c’est un secteur étiqueté “féminin”. Il faut écouter son cœur et foncer.

J’ai récemment postulé à la Gendarmerie royale du Canada. J’espère décrocher le job. Cette fois, il ne s’agirait pas de travail de bureau. J’effectuerais de la surveillance électronique. Lors de l’entrevue j’ai appris que, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ce travail est réalisé en grande majorité… par des femmes. J’y serais à l’aise : les milieux de femmes, maintenant, ça me connaît ! »

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