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« Si on veut préparer la relève athlétique et promouvoir la présence des femmes dans le sport, il faut arrimer l’activité physique dans leur quotidien, les accrocher à partir de l’adolescence et cibler les filles dès l’école primaire. » En quelques mots, la directrice administrative Élaine Lauzon explique la mission du tout nouvel organisme Égale Action, qui vise à convertir les Québécoises aux bienfaits de la forme et de l’équité sportive. « Nous cherchons à faire avancer les filles et les femmes dans le monde du sport et à les convertir à l’activité physique. Car l’un ne va pas sans l’autre. Nous ne pouvons prétendre améliorer la situation des athlètes et des entraîneuses de haut niveau sans répondre aux besoins de madame Tout-le-Monde. »

Pour relever cet immense défi, le jeune organisme vient de bénéficier d’une subvention de 50 000 $ du Secrétariat au loisir et au sport du Québec. La recherche d’un financement permanent demeure cependant une priorité. Tout comme la révision du programme « Femmes et sports » du Secrétariat. « Actuellement, le système ne correspond pas aux besoins des fédérations sportives qui désirent valoriser les réalisations féminines. » Le personnel d’Égale Action regorge d’idées. « Nous venons de trouver une spécialiste qui donnera des formations sur le leadership féminin à des bénévoles qui en ont fait la demande. » Le site Internet est en construction et l’organisme offre aussi un service de référence vers les ressources pertinentes. « Outre ce travail de référence, il n’est pas exclu que nous servions plus tard de médiatrices auprès des entraîneuses et des fédérations sportives. »

Devrait aussi se concrétiser le projet d’étude Une école ouverte sur son environnement, histoire de voir comment inciter les filles à bouger. « Il faut absolument convaincre les milieux municipaux et scolaires de créer des programmes d’activités en fonction des goûts des filles. On déplore leur faible participation sans jamais se demander ce qu’elles aimeraient faire. D’autres provinces ont, par exemple, introduit à l’école des cours qui combinent la danse et l’aérobie. L’adhésion des adolescentes a été fulgurante, notamment parce que l’aspect social de ce type d’activité s’avère important. » Hors de question, cependant, de ne favoriser que les seuls sports dits « féminins ». « Sylvie Béliveau, notre présidente, a été coach de l’Équipe nationale de soccer féminin, un sport que beaucoup de petites filles pratiquent. Pourtant, cette fédération ne semble pas miser sur cette popularité et donne la priorité à d’autres dossiers. »

Pour l’instant, Égale Action entend laisser les interventions à caractère politique aux fédérations canadiennes. Mais lorsqu’on parle à Élaine Lauzon de ce règlement très contesté de la Fédération internationale de volley-ball, qui exige le port de shorts très courts pour ses joueuses féminines, elle rétorque : « Le volley-ball, c’est mon sport, je connais l’immense effort de perfectionnement que requiert le fait de sauter des heures durant les pieds dans le sable ! À force de miser sur le côté spectaculaire de cette compétition de plage, on oublie les qualités sportives des athlètes. Prenez le phénomène du cheerleading : 2 000 jeunes Québécoises pratiquent cette discipline exigeante qui combine la gymnastique, l’acrobatie aérienne et l’aérobie. Même les gars s’y mettent. Récemment, j’ai lu un article qui démolissait cette activité, taxée de passe-temps de “poupounes”. Oui, les médias sont aussi dans notre mire ! » G.T.

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