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Image d'un chevalier avec une fourchette en guise de lance

« Avez-vous déjà pensé à changer le monde en modifiant votre alimentation ? » Dans son récent livre L’envers de l’assiette, l’écosociologue Laure Waridel lance l’idée et scrute ce que nous mangeons dans une perspective planétaire et solidaire.

Résumons. Nos comptoirs d’épicerie regorgent de denrées suremballées : c’est le règne du styromousse, de la pellicule plastique et des portions individuelles. De plus, les aliments sont additionnés d’agents douteux (comme les colorants artificiels) ou carrément toxiques (dont des pesticides tel le DDT). Ils sont trimballés sur des distances de plus en plus longues, ajoutant ainsi à la pollution liée au transport. De leur côté, les petits producteurs ne touchent pas leur juste part de profits, victimes de la multiplication des intermédiaires et de la mainmise des multinationales sur le marché. L’exploitation de la main-d’œuvre agricole est criante dans les pays du tiers-monde, dont les populations souffrent souvent de malnutrition.

Les constats, chiffres et études à l’appui, sont percutants. Le livre mentionne par exemple que, chaque semaine, les Québécois rapportent de l’épicerie à la maison plus de 36 millions de sacs de plastique. Par ailleurs, du champ à la table, le trajet moyen parcouru par un aliment est aujourd’hui de 2 500 km. Plus loin de nous géographiquement, l’espérance de vie d’un coupeur de canne à sucre, dans une plantation typique d’Amérique centrale, se situe autour de 30 ans…

Heureusement, la lutte se joue dans notre assiette. Nous pouvons donc y mettre notre grain de sel. Le livre est avant tout une invitation à se mobiliser pour faire notre petite part selon la stratégie du 3 N + J : des aliments nus (le moins emballés possible), naturels, produits non loin de chez nous ou selon des principes de commerce équitable, pour une répartition plus juste des ressources et des revenus. Les actions sont à notre portée?: achat en vrac, réutilisation des contenants, préférence pour les légumes de saison, lecture des étiquettes et vigilance à l’égard de certains produits ajoutés. Parallèlement, rien n’empêche de sensibiliser son épicier local à la cause du café équitable et aux attraits des produits bio. L’auteure suggère aussi aux gens de faire connaître leur avis aux grandes compagnies par le biais des lignes 1-800. « En relations publiques, dit-elle, on considère que la communication d’un individu représente l’opinion d’au moins 1 000 personnes qui ne prendront jamais la peine d’exprimer leur point de vue. »

L’envers de l’assiette — et quelques idées pour la remettre à l’endroit, Laure Waridel, Écosociété, Montréal, , 175 p.

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