Aller directement au contenu
Photographie d'un bébé

La maternité est-elle un handicap quand vient le temps de chercher un emploi ? Sans l’ombre d’un doute, confirme une étude de la sociologue américaine Shelley J. Correll.

Intriguée par des enquêtes confirmant que les mères de famille obtiennent un salaire inférieur à celui de leurs collègues sans enfants, la chercheuse a voulu vérifier si ces femmes étaient victimes de discrimination. Elle a donc soumis deux curriculum vitæ fictifs à 200 étudiants de l’Université de Cornell (New York). Si les deux candidates au poste de directrice des ventes présentaient des profils similaires, l’une précisait être mère de deux enfants et faire partie d’une association de parents d’élèves. Résultat : 84 % des étudiants se sont déclarés en faveur de la concurrente sans enfants. Ils étaient même prêts à lui offrir un salaire supérieur de 12 000 $ !

« Il est clairement apparu que les mères de famille étaient soumises à des critères d’évaluation plus sévères que les autres, explique-t-elle. Lorsque nous avons demandé aux étudiants combien de retards matinaux ou de départs hâtifs ils seraient prêts à tolérer, contre toute attente, une majorité d’entre eux ont déclaré qu’ils accorderaient plus de flexibilité à la postulante n’ayant pas d’enfants à sa charge. »

Et les pères ? La chercheuse a procédé à la même expérience avec des curriculum vitæ masculins. Ô surprise ! Loin d’être désavantagés, les pères de famille se sont vu offrir des salaires supérieurs de 4 000 $ à ceux de leurs collègues sans enfants. Ils étaient considérés davantage impliqués dans leur travail et plus fiables.

L’étude de Shelley J. Correll n’ayant pas été menée auprès d’employeurs, il est impossible de conclure à de la discrimination de leur part à l’égard des femmes. La chercheuse croit cependant que la maternité est perçue comme incompatible avec la culture d’entreprise.

Getting a job : is there a motherhood penalty ?, Shelley J. Correll et Stephen Benard, Université de Cornell, .

Qu'en pensez-vous?

Aucune réaction

Inscription à l'infolettre