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Les filles excellent aux concours scientifiques. Attention, plusieurs sont devenues complètement accros !

Vous connaissez ce jouet qui ressemble à un aspirateur et qui fait rebondir des boules de couleur dans une bulle de plastique quand il avance ? Thalie Forest, Isabelle Hallé et Nathalie Bizier, trois filles de 5e secondaire, s’en sont inspirées pour mettre au point le bolide qu’elles ont présenté au concours Défi génie inventif . L’engin devait traverser, le plus rapidement possible, un couloir de quatre mètres en circulant sous des haies et en faisant passer une balle par-dessus chacune d’elles !

« On a acheté le jouet et on l’a démonté pour voir comment il fonctionnait », raconte Thalie. Grâce à un tube de lancement actionné par une manivelle connectée aux roues, la balle a pu être propulsée au bon moment pour franchir chaque haie. « Mais il fallait aussi qu’elle retombe dans le bolide sans rebondir sur les parois de l’entonnoir installé pour sa réception. » Après beaucoup d’essais et d’erreurs, les trois filles de l’École Saint-Sacrement, à Terrebonne, ont remporté la médaille d’or à la finale québécoise.

Petit frère des Expo-sciences, le Défi génie inventif vise à donner aux jeunes le goût du génie et de la haute technologie. Est-ce parce qu’elles continuent de recevoir plus de poupées que de blocs ou de « mécanos » ? Encore aujourd’hui, les filles sont moins attirées par le génie que les gars. Par contre, leur intérêt pour la science est de plus en plus marqué. Lors de la finale québécoise de la dernière Expo-sciences, on comptait 92 filles pour 59 garçons dans les équipes.

Mylène Roy a trois Expo-sciences et deux participations au Défi génie inventif à son actif. Gagnante de la médaille d’argent dans la catégorie Sciences de la terre et de l’environnement, à l’Expo-sciences pancanadienne, cette fille est une véritable passionnée. Elle vient juste de commencer son DEC en sciences au Cégep de Sept-Îles. L’an dernier, elle a travaillé pendant un an, quatre soirs semaine et souvent le samedi, à fignoler avec son coéquipier Maxime Lelièvre leur projet intitulé Le jardin de Kyoto.

Les deux coéquipiers ont utilisé des feuilles de rhubarbe pour produire de l’oxalate de sodium, un sel qui dégrade les chlorofluorocarbones, ces substances nocives pour la couche d’ozone. « On avait lu dans le magazine Science que l’oxalate de sodium pouvait avoir cet effet-là et on a voulu valider cette observation, explique Mylène. Comme l’oxalate de sodium coûte très cher, on a eu l’idée de l’extraire des feuilles de rhubarbe. »

Mylène et Maxime vont continuer à perfectionner leur expérience. L’été prochain, ils iront présenter leurs résultats à Durban, en Afrique du Sud, où se tiendra l’Expo-sciences internationale du Mouvement international pour le loisir scientifique et technique.

Les deux élèves ont remporté des bourses valant quelques milliers de dollars et le premier Prix Bell à l’échelle provinciale. Et, la cerise sur le sundae, un prix prestigieux de l’Université du Québec qui couvre les frais de scolarité d’un baccalauréat, d’une maîtrise et d’un doctorat ! Cela tombe à point : Mylène se voit très bien professeure d’université.

Mylène a eu la piqûre des sciences quand sa grande sœur a participé à Expo-sciences, en 1re secondaire. « Dans ma famille, on est très curieux. Quand il y a un problème, on essaie de trouver des solutions. » La plus grande qualité pour réussir dans ce domaine : la persévérance. « Nous avons réussi notre expérience seulement deux semaines avant la date limite d’inscription au concours ! » raconte l’étudiante en riant.

Depuis la 3e secondaire, Sophie Gobeil a présenté des projets aux Expo-sciences, récoltant plusieurs participations à la finale pancanadienne. Elle commence son bac en biochimie à l’Université de Montréal et cherche à déterminer le mécanisme d’activation d’Hif-1 alpha, une molécule impliquée dans le développement de l’athérosclérose. Cette maladie, liée à l’obésité, tue de plus en plus. Le but ? « Mettre au point une thérapie. »

Selon elle, beaucoup de jeunes sont rebutés par les sciences parce qu’ils ne voient pas la liberté qu’on peut y trouver. « Les labos imposés à l’école ne permettent pas vraiment de réfléchir et d’essayer des choses par soi-même, observe l’étudiante. Quand j’ai touché à la recherche pour la première fois, ça a fait : “Wow ! C’est sûr que je veux faire ça dans la vie !” »

Les maths, c’est cool

Connaissez-vous Sophie Germain ? « Au 18e siècle, la mathématicienne, célèbre pour sa découverte des “nombres premiers de Sophie Germain”, a accompli le premier pas vers la démonstration du grand théorème de Fermat [juriste et mathématicien né en ]. Ce grand mystère en mathématiques n’a été résolu qu’en … Pourtant, elle devait publier ses travaux sous le nom de M. Le Blanc pour que l’Académie des sciences s’y intéresse ! » raconte Jean-Marie De Koninck, prof de mathématiques à l’Université Laval. À l’époque, les filles étaient tenues à l’écart des sciences. Heureusement que ça change. « La science ne peut se passer des femmes sans se priver d’une richesse incroyable », affirme celui qui a conçu le spectacle Show Math ! pour montrer que les maths, c’est cool.

Où sont les filles?

Les filles sont aussi nombreuses que les gars à s’inscrire en sciences au cégep. À l’université, elles représentent environ 45 % des étudiants en sciences. Si elles sont surreprésentées en biologie, en médecine et dans tout ce qui touche la santé, elles se font plus rares en mathématiques, en génie et en informatique. En , il y avait trois fois plus d’hommes que de femmes en sciences appliquées — des disciplines concrètes, comme le génie électrique, par exemple.

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