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Image du logo du Conseil du statut de la femme

Le Québec ne serait pas ce qu’il est sans le Conseil du statut de la femme. Vous ne le savez peut-être pas, mais ses actions ont influencé votre avenir. Retour dans le passé..

Le droit à l’avortement, le réseau de services de garde à 7 $… On considère souvent ces acquis comme allant de soi. Et pourtant. Nos mères et nos grands-mères ont longuement lutté pour obtenir ces droits. Heureusement, dans leurs quêtes, elles ont reçu l’appui de nombreux groupes de femmes et du Conseil du statut de la femme (CSF). C’est en 1973 que le CSF a été mis sur pied sous la pression de la Fédération des femmes du Québec, un organisme qui œuvre à améliorer la condition féminine. Les revendications des Québécoises étaient alors nombreuses. Le rôle du CSF serait de conseiller le gouvernement. Depuis son premier rapport publié en 1978, Pour les Québécoises : Égalité et indépendance, le Québec a fait beaucoup de chemin en matière d’égalité entre les femmes et les hommes.

Le Conseil effectue des recherches dans une multitude de domaines pour appuyer ses recommandations. Régulièrement, il publie des avis sur des questions importantes pour la société, comme l’égalité versus la religion (Droit à l’égalité entre les femmes et les hommes et liberté religieuse, septembre 2007). Le Conseil a aussi comme mandat d’informer la population. C’est pourquoi les chercheurs et chercheuses des universités et de divers organismes ont accès à son centre de documentation. En 1979, le CSF a également amorcé l’édition de la Gazette des femmes, un magazine grand public qui traite des conditions de vie des femmes d’ici et d’ailleurs. D’abord distribué gratuitement, ce magazine est maintenant vendu en kiosque. Le Conseil dispose aussi de bureaux régionaux qui permettent d’apporter du soutien aux groupes de femmes partout au Québec. C’est donc sur tout le territoire que sa préoccupation pour l’égalité est mise à l’ordre du jour par des agentes du CSF.

Né sous pression

En 1975, le Conseil a publié une analyse des stéréotypes masculins et féminins dans les manuels scolaires (les stéréotypes sont des clichés, des caractéristiques que l’on attribue sans distinction à tout un groupe). Cette étude a conduit le ministère de l’Éducation du Québec à établir des normes pour empêcher que des ouvrages sexistes ne soient utilisés dans l’enseignement. À l’époque, dans les textes et les illustrations, les tâches ménagères étaient strictement effectuées par des femmes, alors que les hommes étaient représentés en action dans différents métiers. Par chance, les choses ont bien changé !

En 1980, le CSF a mis en place un autre moyen de lutter contre les manifestations du sexisme : les prix Éméritas-Déméritas. Lors de ce concours, on pouvait voter pour les publicités qu’on jugeait les plus sexistes et les moins sexistes. Inutile de dire que les compagnies redoutaient de se voir décerner un Déméritas. Ce concours a pris fin en 1989; les publicités sexistes avaient alors presque complètement disparu du paysage médiatique québécois. Une victoire de courte durée, malheureusement…

La violence, c’est non !

La violence faite aux femmes a toujours figuré parmi les préoccupations du Conseil, et pour cause. En 1977, sous le titre La violence entre époux, découverte et dénonciation, le CSF a publié les résultats d’une recherche sur un sujet tabou : la violence conjugale. Il y mettait en lumière la honte des victimes et le silence des témoins, des policiers, des médecins et des communautés.

Dès 1978, le Conseil a dénoncé le fait que les tribunaux rejetaient systématiquement les plaintes des femmes violées par leur mari. Toutefois, ce n’est qu’en 1983 que l’agression sexuelle commise par un conjoint a été reconnue comme un acte criminel. Un an plus tard, le CSF saluait la mise en place d’une politique du ministère des Affaires sociales concernant les maisons d’hébergement pour les femmes victimes de violence. Cette politique portait notamment sur le financement de ces maisons et sur la concertation des organismes qui travaillaient à cette problématique. Le Conseil déplorait cependant que cette politique ne fasse pas référence à l’inceste ni au harcèlement sexuel.

Que d’efforts ont été nécessaires de la part du CSF et des organismes d’aide aux victimes pour que les multiples facettes de la violence faite aux femmes soient reconnues ! Tant que les hommes se considéreraient propriétaires de leur femme et de leurs enfants, la violence ferait partie de l’expérience de plusieurs familles. Il était essentiel de modifier cette perception et de placer l’égalité entre les sexes parmi les priorités de la société québécoise. Les recherches du Conseil sur la violence se sont succédé dans les années 1980 et 1990, permettant de mieux comprendre le phénomène et de mettre en place des mesures de prévention. En 1992, une étude du Conseil a démontré que dans 14 % des vidéoclips où sont présentées des relations hommes-femmes, on montrait des agressions envers ces dernières. Les vidéoclips d’aujourd’hui sont-ils plus positifs ?

La violence envers les femmes continue de faire des ravages au Québec comme partout ailleurs. Elle est cependant de moins en moins tolérée, de plus en plus dénoncée. C’est un progrès important, mais le travail est loin d’être terminé.

Enfants + emploi = possible

Le Conseil a toujours défendu l’autonomie des Québécoises. Pour lui, cette autonomie passe d’abord par l’accès à la formation et au travail. Dès sa création, il s’était fixé comme objectif d’obtenir des lois pour que la discrimination en emploi disparaisse et pour que des congés de maternité soient mis sur pied.

En 1975, avec l’adoption de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, la discrimination fondée sur le sexe a enfin été interdite au Québec. Sept ans plus tard, la Charte a été amendée pour interdire la grossesse comme motif de discrimination. Et, comme le recommandait le CSF depuis 1978, en écho aux revendications de la majorité des associations féminines, le Québec s’est doté d’un réseau de services de garde accessibles… en 1997.

Les femmes des nouvelles générations évitent donc de faire le deuil d’un emploi intéressant pour fonder une famille. Elles sont aussi en droit de retrouver leur travail après une grossesse. Et, désormais, hommes et femmes peuvent profiter d’un congé parental.

L’équité, pas juste pour le café !

La Loi sur l’équité salariale a été adoptée au Québec en 1997. Depuis, les métiers surtout exercés par des femmes doivent être rémunérés de façon équitable dans la fonction publique et dans les entreprises qui emploient plus de 10 personnes. C’est une victoire importante, même si en 2006, moins de 50 % des entreprises privées se conformaient entièrement à cette nouvelle obligation. Il faudrait maintenant que les petites entreprises emboîtent le pas en se faisant un devoir d’éviter la discrimination salariale. Il serait aussi souhaitable que davantage de femmes pratiquent des métiers bien rémunérés.

En 1985, le CSF a diffusé un guide sur les carrières non traditionnelles d’avenir pour les filles, Explorons de nouveaux espaces. Malgré d’importants progrès au niveau universitaire, les filles qui étudient dans les techniques se limitent encore souvent à un petit nombre d’emplois traditionnellement féminins. Des mesures sont mises en place pour contrer cette tendance, dont le concours Chapeau, les filles !

Les gars et les filles d’aujourd’hui se retrouvent devant un très vaste choix de carrières qui dépasse la répartition traditionnelle des métiers selon le sexe. Le progrès sera complet lorsque la proportion des hommes et des femmes qui exercent ces divers métiers sera plus conforme à la répartition des hommes et des femmes dans la population.

Si l’égalité n’avait pas été revendiquée par des femmes tenaces et par le CSF, la vie au Québec serait sans doute encore organisée en fonction des rôles féminins et masculins traditionnels. En 2007, certaines des anciennes revendications sont devenues des acquis que personne n’oserait remettre en question. D’autres progrès demeurent fragiles et demandent de la vigilance. La multiplication des stéréotypes sexistes dans les médias en témoigne. Le Conseil du statut de la femme a encore beaucoup de pain sur la planche…

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