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Des artistes qui explorent

par  et

Journaliste indépendante et auteure, elle a collaboré à de nombreux médias (et souvent à la Gazette des femmes) et a contribué à une quinzaine de documentaires québécois. Elle a remporté plusieurs prix pour son travail en journalisme ou en cinéma. Elle a été cofondatrice du magazine féministe La Vie en rose (1980-1987). Elle anime, depuis 25 ans, de nombreux débats publics, colloques, congrès sur des enjeux de société (éducation, santé, immigration, disparités sociales…). Elle est membre du conseil d’administration des Amis de Kaléidoscope, une revue publiée en partenariat avec l’INSPQ. Elle a écrit quelques ouvrages dont le dernier, Les Auberges du cœur, L’art de raccrocher les jeunes (Bayard Canada, 2012) sur les jeunes sans abri ou en difficulté (12-30 ans) à qui les Auberges du cœur tendent la main chaque année au Québec.

Avec le colloque, nous voulions créer un lieu de débat énergique et original : une quinzaine d’artistes côtoyaient donc chercheuses et penseurs dans un véritable regard croisé. « Slameuses », gens de théâtre et de multimédia, musiciens et danseuses hip-hop ont exploré à leur façon les rapports mouvants de pouvoir, de méfiance et d’affection entre femmes et hommes. Ruptures de ton parfois déstabilisantes, ces performances ont entraîné l’esprit dans des directions inattendues.

Dialogue à l’aveuglette

C’était un pari fou. Deux dramaturges, la Montréalaise Fanny Britt et le Lyonnais Frédérick Houdaer, ont accepté d’écrire à quatre mains une histoire transatlantique, sans que jamais photo ou coup de fil ne soit échangé entre eux. Traversé par l’air de Trenet « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? » ,élaboré par courriel au fil de l’automne, leur texte criant de vérité est lu en trois temps, la seconde journée du colloque. Le cœur serré, on suit une heure de la vie d’un couple sur le point de rompre, interprété par Frédérick Houdaer et la jeune actrice québécoise Christine Bellier, installée à Paris. La femme se prépare à un avortement, sans en parler à son conjoint désillusionné qui, elle l’ignore, s’apprête à la quitter ce jour-là. Le pari, risqué, est relevé avec brio. Et cette chanson légère sur le bonheur ne résonnera plus jamais de la même manière à nos oreilles.

« Slameuses » de choc

Leurs noms, déjà, intriguent. Barbie tue Rick, une Française blonde et faussement frêle, mitraille les jeux de mots à la Sol pour dénoncer radicalement le capitalisme d’airain, le libéralisme sexuel qui nous floue, les images de « geishas pornographiées », les « académie-chiens » et cette « primiparité » qui l’éloigne de la parité… jusqu’à rêver, entre le masculin et le féminin, d’un « interstice où des liens se tissent ». En alternance, la brune Québécoise D. Kimm, orfèvre du spoken word et directrice du Festival Voix d’Amériques, scande, authentique et sans pudeur, l’espérance d’une vraie rencontre amoureuse, toutes différences acceptées.

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