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Image d'un couple en bateau

Unissez-vous, qu’ils disaient

par 

Journaliste au quotidien Le Soleil depuis l'automne 2011 après avoir passé trois ans à La Presse Canadienne. Ce travail de journaliste au quotidien lui permet de toucher à une variété de sujets et d’assouvir sa curiosité. Elle aime également le travail de fond et les dossiers, un côté du métier qu’elle a développé en complétant une maîtrise en études internationales en 2007. Déjà sensible aux questions touchant les femmes, ses expériences personnelles, ses voyages à l'étranger et sa collaboration à la Gazette des femmes n’ont fait que renforcer sa conviction : poursuivre le travail amorcé par nos grand-mères pour une société égalitaire.

Difficile, de nos jours, de connaître la situation conjugale d’une Québécoise. Son annulaire gauche, résolument nu, ne porte plus le signe incontestable d’un engagement. Normal, le Québec est le champion des unions de fait, au Canada comme dans le monde. Portrait de la structure familiale québécoise.

En 1981, 7,9 % des couples vivaient « en concubinage », comme on disait à l’époque. Ce chiffre a bondi au milieu des années 1990 pour atteindre le seuil des 30 % au début du millénaire. En 2007, plus du tiers des couples québécois (34,6 %) vivaient en union de fait, aussi appelée union libre, c’est-à-dire sans être légalement mariés. Cette proportion est nettement supérieure à celle du reste du pays, évaluée à 13,4 % des couples canadiens hors Québec, selon Statistique Canada.

L’accroissement important de la proportion des unions de fait s’observe chez tous les groupes d’âge, révèle une recherche de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) publiée en 2007, L’Union de fait et le mariage au Québec : analyse des différences et des similitudes. Les jeunes adultes seraient particulièrement prompts à s’unir non officiellement : plus de 80 % des jeunes âgés de moins de 25 ans vivant en couple ont opté pour l’union libre en 2005, précise le Portrait statistique des familles au Québec du ministère de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine. Ceux qui choisissent de se marier le font plus tard, en moyenne à 30ans.

Et les enfants??

Le nombre moyen d’enfants par famille est passé de 2,58 en 1951 à 2,01 en 1981, pour descendre sous la barre de deux rejetons en 2001, soit 1,77. Depuis les années 1980, le nombre d’enfants nés de couples vivant en union libre n’a cessé d’augmenter jusqu’à compter pour près de 60 % des naissances en 2005, selon les données du ministère de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine de l’époque. De quoi choquer nos ancêtres?! Les unions de fait sont non seulement plus fréquentes au Québec, mais elles sont plus stables et plus fécondes qu’ailleurs au Canada et dans le monde, précise Hélène Belleau, sociologue à l’INRS.

Les familles monoparentales et recomposées occupent désormais une place importante parmi l’ensemble des familles qui ont des enfants. En 2001, les premières représentaient 26,5 % des familles avec enfants de tous âges et les secondes, 9,5 %. Les temps changent, il n’y a pas à dire…

D’autres chiffres

15,9 % des familles avec de jeunes enfants de 0 à 4 ans sont dirigées par un parent seul, des mères en majorité. Cette proportion grimpe à 24,4 % au sein des familles avec enfants de 12 à 17 ans.

Les parents seuls présentent un profil diversifié : 79,7 % sont des mères et 20,3 % des pères. Une majorité de ces parents ont entre 35 et 54 ans.

Le parent seul est de plus en plus souvent un père quand les enfants sont plus vieux (autour de 27 % des parents seuls sont des pères dans le cas des enfants de 15 à 29 ans).

21,5 % des parents seuls ont des enfants à la maison âgés de 30 ans et plus; 15 % de ces parents sont âgés de plus de 65 ans.

Source : Portrait statistique des familles au Québec, 2005, ministère de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine

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