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Image silhouette d'un homme et d'une femme.

L’ADS en santé

par 

Communicatrice de formation, féministe de conviction et actuellement étudiante à la maîtrise afin d'assouvir son besoin de réflexion et de nourrir son désir d'une plus grande justice sociale. Elle a notamment travaillé au sein du Mouvement Desjardins, à la Gazette des femmes et au Conseil du statut de la femme.

Au chapitre de l’intégration de l’analyse différenciée selon les sexes (ADS), le RQASF se dit déçu du nouveau Plan d’action en santé et bien-être des femmes proposé par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS): Au féminin… à l’écoute de nos besoins. Si les objectifs ministériels et la stratégie d’action de faisaient figure de pionniers en proposant de développer l’ADS, qui révèle les différences entre les hommes et les femmes en matière de santé, on trouve peu de données résultant de ce mode d’analyse dans le nouveau plan d’action. « Pourtant, c’est le début d’un début, s’indigne Mme Assayag. À partir d’une donnée, on peut mettre des programmes adaptés en place. Mais là, ça revient à construire un bâtiment pour personnes handicapées avant de connaître leur réalité. On met des escaliers partout, les toilettes et les lavabos sont trop hauts, mais tant pis, on fera les ajustements par la suite. C’est exactement ce qu’on fait en créant des programmes de santé sans connaître les données de l’ADS. »

Invitée à réagir aux propos de Mme Assayag, Pascale Gagnon, coordonnatrice des activités en santé et bien-être des femmes et responsable de l’intégration de l’ADS au MSSS, dit bien connaître l’approche féministe élaborée par le RQASF. « Il y est beaucoup question de déterminants sociaux. Et en santé publique, c’est l’un des angles privilégiés de notre approche. Le MSSS participe à de nombreux projets interministériels dont les actions s’inspirent systématiquement des déterminants sociaux et de l’environnement dans lequel évoluent les femmes. Mais aussi les hommes, les jeunes, les aînés. En ce qui concerne les habitudes de vie, par exemple, le plan d’action propose de sensibiliser les femmes afin qu’elles puissent exercer un jugement critique, notamment à propos des produits amaigrissants. »

Celle qui a coordonné le Plan d’action en santé et bien-être des femmes souligne que l’existence même de cette opération repose sur des préoccupations à l’égard de la santé et du bien-être des femmes, appuyées d’actions spécifiques. « Les mises en contexte de chaque section sont étoffées de données ventilées selon les sexes provenant du recensement , de l’Institut de la statistique du Québec et du MSSS, qui représentent la situation des femmes actualisée. En plus, des projets en ADS sont nommément inscrits dans ce plan. »

Mme Gagnon fait entre autres référence à la première orientation du plan. Celle-ci réaffirme l’importance de favoriser l’accès à des données ventilées selon les sexes comme préalable à la planification d’activités ministérielles en vue d’améliorer la santé et le bienêtre des femmes, tout en mobilisant le réseau pour une meilleure appropriation de cette forme d’analyse. Le plan prévoit notamment la création d’une section, à même le site Web du Ministère, qui présentera une centaine d’indicateurs nationaux, et leurs pendants régionaux, sur l’état de santé des Québécoises, lesquels tiendront compte des déterminants qui l’influencent.

Le Plan d’action en santé et bien-être des femmes est disponible sur le site web du ministère de la Santé et des Services sociaux, onglet Documentation, section Publications.

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