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Prix Agir pour l’égalité : miser sur le leadership… au féminin! – Partie 1

Alors qu’elles n’ont jamais été aussi diplômées et nombreuses sur le marché du travail, les Québécoises font encore face à des embûches au cours de leur carrière. Toutefois, des entreprises et institutions conçoivent des directives exemplaires, travaillent à mettre en place des environnements positifs et sécuritaires, bref, osent bouleverser les paradigmes en faveur des femmes! Quatre d’entre elles ont remporté le prix Agir pour l’égalité le dernier, nous vous les présentons!

Créé conjointement par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec et le Conseil du statut de la femme, le prix Agir pour l’égalité a récompensé pour la toute première fois des entreprises de la région de Québec ayant adopté des pratiques efficaces et innovantes qui favorisent de manière concrète l’égalité entre les femmes et les hommes. Formé de Mme Julie Bédard et de Me Louise Cordeau, présidentes des deux organismes, et de M. François Morin, directeur des opérations et affaires publiques chez BMO (Banque de Montréal), le jury a souhaité mettre en lumière des entreprises inspirantes, susceptibles d’inciter d’autres milieux de travail à suivre leurs pas.

Pour le Conseil et la Chambre de commerce, l’égalité dans la sphère professionnelle permet non seulement aux femmes d’accéder à des postes de direction, de se prévaloir de mesures de conciliation famille-travail avantageuses, de travailler en sécurité et d’accéder aux mêmes opportunités que les hommes, mais elle améliore aussi la compétitivité, la polyvalence et la réputation d’une entreprise.

Si les actions prises par les quatre entreprises lauréates sont différentes, leurs idées convergent vers le constat que les pratiques égalitaires sont le fruit d’efforts collectifs. Tour de piste de leurs valeurs et pratiques organisationnelles exemplaires.

Amiot Bergeron – Une parité spontanée

[Entreprise lauréate – Catégorie Petite et moyenne entreprise]

En , Louise Amiot et Suzanne Bergeron fondent la firme Amiot Bergeron, le premier bureau d’architectes de la province dirigé par des femmes. À l’époque, nombreux sont les préjugés qu’il leur faut affronter dans un domaine – le design – alors amplement masculin.

Aujourd’hui, 36 ans plus tard, Amiot Bergeron compte des centaines de conceptions institutionnelles, commerciales, résidentielles et urbanistes. Les fondatrices figurent dans la liste des Grands noms de l’École d’architecture de l’Université Laval. Elles ont d’ailleurs été les premières femmes à y concevoir un pavillon, le pavillon Charles-Eugène-Marchand en 1994. Plusieurs projets d’envergure ont été signés par la firme, notamment la boutique de l’hôtel Fairmont Le Château Frontenac et l’Institut des nutraceutiques et aliments fonctionnels (INAF).

« Il est important de porter des valeurs égalitaires afin de mieux représenter l’équilibre sociétal et de respecter les nuances comportementales. »

– Suzanne Bergeron, cofondatrice de Amiot Bergeron

Le duo qui s’estime « complémentaire » représente aujourd’hui un modèle pour la relève féminine en architecture. C’est une « équité par la force des choses » qui s’est instaurée dès le départ. Les architectes énoncent avoir toujours cherché à obtenir un équilibre femmes-hommes dans leur entreprise, en assignant les tâches en fonction des compétences des individus, indépendamment de leur genre, âge, orientation sexuelle ou handicap.

« La différence apporte la complémentarité », affirment-elles. Tous les postes sont d’égale importance au sein de l’entreprise, tant pour le personnel de soutien administratif que pour les architectes ou les technicien·ne·s, tandis que la grille salariale a été établie selon l’implication, l’appartenance à l’entreprise et la croissance des compétences.

Louise Amiot, cofondatrice de Amiot Bergeron

En ce sens, elles précisent que l’égalité est une valeur qui doit être partagée par toute l’équipe, être explicite, susciter la cohésion et contribuer à la réussite du groupe. Les architectes donnent l’exemple d’ajustements d’horaire en faveur d’une employée monoparentale pour lui permettre de concilier sa vie professionnelle et personnelle, ou encore de l’embauche de stagiaires en provenance de l’étranger pour nourrir la diversité de la firme. « La différence contribue à créer une entreprise d’architecture consciente des besoins distinctifs de chaque être humain », croient les fondatrices.

Celles et ceux qui n’ont pas adhéré à leurs valeurs ont quitté le bureau. Suzanne Bergeron admet qu’il n’est pas toujours évident de mettre en place des pratiques égalitaires, mais leur choix de demeurer une petite entreprise a facilité le partage des responsabilités et l’ouverture d’esprit au quotidien selon elles.

Deloitte – Briser le plafond de verre, ensemble

[Entreprise lauréate – Catégorie Grande entreprise]

Spécialisé en audit, fiscalité et conseils, le bureau de Québec de Deloitte a suivi à la lettre l’approche globale de la multinationale. Selon René Forgues, associé et leader, celle-ci préconise des pratiques tangibles en matière d’égalité afin de « passer des apparences aux résultats ».

Plusieurs recommandations ont en effet été émises par Deloitte Canada, dont celles de « ne pas laisser aux générations futures le fardeau des problèmes d’inclusion et d’égalité » et d’« incarner l’égalité entre les femmes et les hommes au bureau et en dehors du travail ». Parrainage, perfectionnement personnalisé ou encore réseautage sont organisés afin de promouvoir et de propulser le leadership des femmes du bureau de Québec.

« On prévoit des lunchs entre femmes à l’interne où on discute ensemble de plusieurs sujets. Le plus de partage il y a, le mieux c’est », relève Mélanie Leduc, associée en audit et certification, qui porte aussi le titre de leader de l’inclusion pour le bureau de Québec. Ces discussions permettent d’aborder les défis auxquels les femmes font face et elles permettraient entre autres de répondre aux craintes des plus jeunes employées quant à la conciliation famille-carrière.

« Les hommes veulent aussi le congé de paternité, ils veulent passer du temps avec leurs familles. Ce n’est plus juste à la mère de le prendre. La culture d’entreprise doit changer à ce propos et nous devons travailler ensemble, coude à coude. »

– Mélanie Leduc, associée en audit et certification chez Deloitte

Mélanie Leduc encourage également les femmes à s’investir au sein d’organismes extérieurs et à participer à des initiatives comme le Défi 100 jours de L’effet A, auquel huit employées ont pris part ces trois dernières années. « On donne également aux associé·e·s des cours sur l’inclusion et les biais inconscients, continue-t-elle. Plusieurs arrivent parfois sceptiques puis ressortent de la session avec de nouvelles pistes de réflexion pour agir plus équitablement. »

Deloitte exprime publiquement son désir d’atteindre l’égalité et invite ses employé·e·s à « bouleverser le statu quo ». En , la firme a publié le rapport Des apparences aux résultats : bâtir des organisations inclusives et, en avril dernier, le document Le concept de l’homme ordinaire. Ce nouveau rapport insiste sur la nécessité de transformer le rôle des hommes, une mutation en faveur de l’égalité que le bureau de Québec appuie sans hésiter.

Autant les constats dégagés localement que les pratiques des autres cabinets membres alimentent les réflexions à Québec. « Nous nous inspirons de toutes ces initiatives pour diffuser cette vision d’avenir dans notre communauté. »

– René Forgues, associé et leader chez Deloitte

« Les hommes veulent aussi le congé de paternité, ils veulent passer du temps avec leurs familles. Ce n’est plus juste à la mère de le prendre. La culture d’entreprise doit changer à ce propos et nous devons travailler ensemble, coude à coude », affirme Mélanie Leduc.

Autant les constats dégagés localement que les pratiques des autres cabinets membres alimentent les réflexions à Québec. « Nous nous inspirons de toutes ces initiatives pour diffuser cette vision d’avenir dans notre communauté », explique René Forgues, qui a été nommé ambassadeur du programme Leadership au féminin de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

Plusieurs autres employé·e·s s’engagent à édifier un espace de travail égalitaire au sein de l’entreprise. C’est le cas de Geneviève Noël et Christine Lavoie, impliquées au sein de l’Association des femmes en finance du Québec, et de Geneviève Provost, nouvelle associée directrice, un poste jusqu’alors occupé par un homme. « C’est encourageant de voir une femme dans sa jeune quarantaine occuper ce poste », s’enthousiasme Mélanie Leduc, qui souhaite que les jeunes femmes entrent et demeurent chez Deloitte pour prendre la relève.

Le bureau de Québec admet volontiers que les valeurs d’équité requièrent du temps pour devenir la norme. Toutefois, les nouvelles associées y sont chaque année plus nombreuses, et plusieurs outils – télétravail, horaire flexible, coaching, programmes spéciaux, réseautage et groupes de partage – sont mis à la disposition du personnel pour y parvenir. L’équipe souhaite désormais exercer une influence en matière de pratiques égalitaires auprès de ses clients, mais aussi de la communauté d’affaires d’ici et d’ailleurs.

Pour lire la partie 2.

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