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Les filles vous font sortir

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Entrée dans l’univers des communications et de l’édition par la porte de la révision linguistique, elle révise les articles de la Gazette des femmes depuis plus de 10 ans, en plus d'y écrire de temps à autre. On peut aussi la lire dans Elle Québec, quand elle n'est pas trop occupée à corriger des romans.

Sombre et froid, l’hiver qui s’éternise mine votre moral? Ce petit agenda féminin/féministe devrait ramener un peu de lumière dans votre cœur qui se languit du printemps. Promis, vous aurez envie de rompre votre relation fusionnelle avec votre divan!

Des chansons qui réchauffent

L’automne dernier, on a souligné de diverses manières les 20 ans du décès de la grande dame qu’était Pauline Julien. Parmi les spectacles ayant rendu hommage à cette chanteuse qui a fièrement interprété les textes d’auteurs·trices québécois·es et porté l’indépendance du Québec tout contre son cœur, on trouve La Renarde, sur les traces de Pauline Julien, présentement en tournée. Réunies sur scène : neuf interprètes féminines et deux musiciennes, dont Sophie Cadieux, Émilie Bibeau, Louise Latraverse et Ines Talbi, aussi metteuse en scène et idéatrice. Plusieurs dates sont à l’horaire, notamment le 21 février au Théâtre Outremont à Montréal, le 22 au Grand Théâtre de Québec, le 23 à Saint-Jérôme et le 24 à Trois-Rivières.

Dans son spectacle Elle était une fois, Debbie Lynch-White, qu’on connaît surtout comme comédienne (Unité 9, La Bolduc), nous transmet toute la passion qu’elle entretient pour diverses artistes féminines des 50 dernières années en interprétant des succès qu’elles ont écrits. Éclectique mais cohérent, le répertoire butine entre Adele, Clémence DesRochers, P!nk et Safia Nolin! Entre les pièces, l’actrice-chanteuse ouvre une porte sur son intériorité avec des monologues portant à réflexion. La grande rentrée a lieu le 22 février au Théâtre Maisonneuve, à Montréal, mais le spectacle visite différentes villes dès le 8 février.

De la grande – et rare – visite le 16 février au Corona à Montréal : l’auteure-compositrice crie Buffy Sainte Marie. Artiste engagée depuis ses débuts dans les années 1960, notamment pour la paix et les droits des autochtones, elle a cumulé tellement d’expériences et d’épreuves qu’on ne peut que s’incliner devant ce monument de la musique à l’activisme incessant. On a très hâte d’entendre sur scène ses hymnes puissants et toujours criants d’actualité.

Tout un éventail sur les planches

La scène théâtrale fourmille cet hiver de propositions bousculant les stéréotypes, redonnant leur place à des héroïnes de l’histoire ou présentant de légendaires figures féminines d’insoumission… Pardonnez le tour d’horizon rapide, mais on tenait à parler d’un maximum de pièces.

D’abord, à la Bordée à Québec, Rotterdam du Britannique Jon Brittain (jouée pour la première fois en français) nous amène à nous interroger sur l’identité sexuelle et de genre, mais plus encore, sur ce qui façonne notre identité tout court. Un couple de lesbiennes y est fortement ébranlé lorsque l’une d’elles annonce à sa partenaire qu’elle souhaite devenir un homme. L’amour survivra-t-il à ce séisme? Jusqu’au 9 février.

Tout près de là, à Premier Acte, la pièce Blackbird de l’Écossais David Harrower aborde la délicate question des émotions qui peuvent éclore au sein d’une relation abusive entre un homme de 40 ans et une jeune fille de 12 ans. Quinze ans plus tard, après que Ray eut fait de la prison et changé d’identité, Una le retrouve et essaie de comprendre ce qui s’est passé, dans sa tête à lui et dans son cœur à elle. Très humain, ce succès planétaire maintes fois primé montre que tout n’est pas toujours noir ou blanc. Du 12 au 23 février.

Juste en face, le Théâtre Périscope nous propulse au firmament avec Astronettes, la longue marche des étoiles. Parallèlement au récit d’anticipation qui met en vedette un équipage 100 % féminin s’envolant pour la première mission de colonisation sur Mars, en 2035, la pièce braque les projecteurs sur des femmes – réelles – qui ont joué un rôle considérable dans la conquête spatiale, ainsi que sur l’exploratrice française Alexandra David-Néel. Du 12 février au 2 mars.

En matière de tragédiennes insoumises et frondeuses, on sera servi·e·s avec deux pièces de Sophocle : Électre à Espace GO, à Montréal (jusqu’au 17 février) et Antigone au Trident, à Québec (du 5 au 30 mars). Dans le premier cas, la colère féminine brille de mille feux ravageurs, alors qu’on plonge dans les tourments de la protagoniste, décidée à venger son père en tuant sa mère et son amant. Dans le second, malgré qu’elle risque la mort, la rebelle Antigone contrevient à un décret royal de son oncle en offrant une cérémonie funéraire à son frère Polynice. Dans cette mouture, trois autrices (Pascale Renaud‑Hébert, Rébecca Déraspe et Annick Lefebvre) se sont réapproprié le texte du dramaturge grec et ont transposé l’action… à notre époque.

Finalement, du 5 au 23 mars au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui à Montréal, place à la Guérilla de l’ordinaire, spectacle militant qui s’attaque aux violences sexistes tapies dans le quotidien et dans le banal, parfois visibles, souvent pas. Au texte, les décapantes Marie‑Ève Milot et Marie‑Claude St‑Laurent, encensées pour Chienne(s) en 2018. Au cœur de l’intrigue : la disparition d’une femme et les hypothèses qui se tissent pour cerner son identité, le tout baigné d’humour, de poésie, mais de colère aussi.

Bonnes sorties!

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