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Mellisa Mollen Dupuis

Féministe autochtone engagée, Melissa Mollen Dupuis œuvre depuis longtemps à faire reconnaître la culture innue grâce à ses talents d’artiste et à ses engagements professionnels. Cofondatrice du mouvement Idle No More au Québec, présidente du conseil d’administration du Wapikoni mobile, lauréate du prix Ambassadeur de la conscience d’Amnistie internationale et, depuis mai 2018, responsable de la campagne Forêts à la Fondation David Suzuki, Melissa laisse sa marque par ses nombreuses actions sociales qui visent, entre autres, à défendre les droits des peuples autochtones et à décoloniser les esprits dans le but d’amorcer une réconciliation. Elle fait partie de cette nouvelle génération qui met au cœur de son engagement politique la justice sociale, la défense de l’environnement et… l’égalité!

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Une valeur sexiste que vous ne voulez surtout pas transmettre à vos enfants?

Je suis plutôt préoccupée par l’éducation genrée reçue en dehors des murs de la maison. Elle est subtile, et quand on veut la contester on est souvent ridiculisé·e. Je ne veux pas que mes enfants soient cantonné·e·s à un genre ou qu’ils ou elles considèrent que l’un est meilleur que l’autre. Déjà que l’identité bispirituelle [NDLR : identité sexuelle, spirituelle ou de genre des personnes autochtones qui possèdent un esprit féminin et un esprit masculin] est sous-représentée, il serait faux de penser que les identités de genre le sont bien, encore moins les identités décolonisées. Ouf! Disons que maman va devoir expliquer beaucoup de choses…


Trois mots qui décrivent pour vous le féminisme?

Les trois grandes faiblesses du féminisme contemporain : âgisme, racisme et capitalisme. Ne pas vouloir s’attaquer à ces enjeux au sein même de nos luttes, c’est perdre une force de mobilisation. Tandis qu’une minorité de femmes défoncent le plafond de verre, toutes les autres restent la tête sous l’eau.


Un geste égalitaire que vous avez posé dont vous êtes fière?

Travailler au rétablissement de nos rôles en tant que femmes autochtones. Cela permet aux femmes de choisir ce qui est approprié pour elles et de ne plus viser uniquement des identités polarisantes pour se sortir des oppressions. Par exemple, la mère au foyer vs la femme de carrière a été un exemple utilisé pour libérer les femmes, mais au détriment du rôle de mère, qui est pourtant puissant et important.


Quand j’entends [insérez ici un préjugé sur les femmes], les veines me sortent du cou!

L’hypersexualisation, c’est la libération de la femme…. Je peux juste pas.


Dans l’actualité, qu’est-ce qui vous fait le plus grincer des dents ces temps-ci en matière d’inégalité femmes-hommes?

La Charte des valeurs 2.0. C’est une bataille qui se fait notamment sur le dos des femmes : certaines sont instrumentalisées à des fins politiques, d’autres agissent comme outil d’oppression en présupposant qu’il faut impérativement libérer les croyantes du joug des religions.

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