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Photographie de Manal Drissi.

Après avoir mis au monde son blogue Montée de lait, en 2014, Manal Drissi était loin de se douter que ses réflexions franches, directes et teintées d’humour feraient des p’tits. Depuis, les projets foisonnent! On s’est régalé de sa plume acérée de « Mère indigne indignée » dans TPL moms et, depuis 2017, on peut lire ses savoureux récits sous la rubrique « Tête à chapeaux » dans Châtelaine, en plus de sa chronique « Angle mort » dans le journal Métro. Ses mots percutants retentissent aussi à la radio : à Gravel le matin et à Plus on est de fous, plus on lit! (ICI Radio-Canada Première). Cet été, c’est à la télé qu’on la retrouve, à l’émission Les échangistes sur ICI Radio-Canada Télé. Peu importe la tribune, Manal Drissi fait rarement dans la dentelle. Mais elle met toujours le doigt sur la formule juste pour dénoncer les diktats de beauté ainsi que les publicités sexistes et autres grossophobies.


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Avez-vous trouvé la recette de la conciliation travail-famille? C’est quoi, c’est quoi?! On veut savoir!

Photographie de Manal Drissi.

La recette de la conciliation travail-famille, c’est d’arrêter de croire aux licornes! Même en travaillant à temps partiel à son compte, il va arriver des moments où une gastro de garderie coïncide avec des tâches importantes à accomplir. Il n’y a pas de recette miracle : il faut que les deux parents soient prêts à faire des concessions professionnelles et à faire passer les enfants en premier (mes respects aux familles monos). Avoir un employeur ou des clients conciliants, ça aide énormément. Mais surtout, il faut se pardonner de ne pas pouvoir être efficient·e partout, tout le temps. On croit aux licornes et on pense qu’on est des robots, c’est surtout ça, le problème, je trouve.


Un geste égalitaire que vous avez posé ou une parole antisexiste que vous avez dite et dont vous êtes fière?

Je me souviendrai toujours d’un couple de voisins que j’avais : ils s’engueulaient souvent et on pouvait entendre les horreurs que l’homme disait à sa conjointe, c’était terriblement misogyne. Un jour, j’ai pris mon courage à deux mains, je suis allée voir la fille et je lui ai dit que j’étais là au besoin et qu’elle méritait tellement mieux. Le lendemain, elle l’a quitté. Je ne sais pas si ça y a contribué, mais cette sororité est importante. Au-delà de la lutte contre le patriarcat, il y a aussi une nécessité d’être là les unes pour les autres. J’essaie de cultiver cette sororité.


S’il y avait un Prix de la publicité la plus sexiste à attribuer, à qui, à quoi le décerneriez-vous?

Au monde de la pub en général? Les femmes font le ménage en talons ou promeuvent de la bière en bikini, un grand sourire aux lèvres; les hommes allument le barbecue, magasinent des outils, sont maladroits et savent juste commander de la pizza pour se nourrir. Sans compter qu’il y a peu de diversité ethnique, sexuelle, corporelle… Mais les dinosaures sont en train de disparaître et j’ai espoir que la relève saura réformer le milieu.


Dans l’actualité, qu’est-ce qui vous fait le plus grincer des dents ces temps-ci en matière d’inégalité femmes-hommes?

Le mardi 19 juin 2018, les États-Unis ont quitté le HUMAN Rights Council, traduit dans toute la francophonie comme le Conseil des droits de l’HOMME. Ça me fait friser le poil des bras. On dit que le changement prend du temps et qu’il est complexe. Eh bien, voilà un exemple de changement vraiment facile, mais qu’on ne fait tout simplement pas l’effort d’accomplir. J’ai dit toute la semaine à la blague que si Trump était francophone, il aurait cru que ça protégeait juste les hommes, et il serait resté membre.


Une valeur sexiste que vous ne voulez surtout pas transmettre à votre enfant?

Je ne veux pas qu’il juge les gens avec une grille d’analyse selon le genre. C’est ce qui mène à la normalisation du petit sexisme ordinaire. On juge plus sévèrement un geste selon qu’il est posé par un genre ou l’autre et on trouve ça normal, alors que c’est absurde. Je veux qu’il voie un humain d’abord, et que les caractéristiques de genre et d’orientation soient complémentaires.


Qu'en pensez-vous?

1 Réaction

  1. Sylviane Baylard

    Bravo pour cet excellent article sur les sages-femmes. Devenir sage-femme a toujours été une option séduisante pour moi, mais à l’époque j’avais une carrière et de jeunes enfants. Maintenant que je suis à la retraite, ça deviendrait possible. Je ne comprends pas pour quelle raison ce cours ne se donne pas à Montréal et partout dans le québec. Les femmes intéressées à accoucher « en équipe » avec une sage-femme seront de plus en plus nombreuses, j’en ai la certitude, avec le changement de vision de la nouvelle génération. Un changement de gouvernement aiderait peut-être aussi…mais personne n’en parle.
    Merci de nous tenir au courant!

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